XIX. MACHIAVEL HISTORIEN
La famille de Poggio était puissante en cette cité, pour avoir, non seulement contribué à l'élévation de Castruccio, mais pour l'avoir fait nommer prince ; mais, comme il lui semblait n'être pas rémunérée selon ses mérites, elle complota avec d'autres familles de Lucques de soulever la cité, et chasser Castruccio. Et, prenant occasion de son absence, un matin ils coururent armés devers le lieutenant qui rendait la justice au nom de Castruccio et le massacrèrent. Et comme ensuite ils s'apprêtaient à soulever le peuple, Stefano di Poggio, vieillard pacifique, lequel n'était pas entré dans la conjuration, s'avança au devant de ses parents et les contraignit par son autorité à mettre bas les armes, s' offrant pour médiateur entre eux et Castruccio, pour leur faire obtenir ce qu'ils désiraient. A ces paroles, ils déposèrent les armes aussi imprudemment qu'ils les avaient prises, car, aussitôt que Castruccio eut ouï c qui se passait à Lucques, sans perdre de temps, avec une partie de son armée, le reste laissé au commandement de Pagolo Guinigi, il s'en revint à Lucques. Il trouva contre son attente l'émeute apaisée ; cependant il vit là une nouvelle occasion d'affermir son pouvoir et plaça ses partisans armés dans tous
Era in quella città la famiglia di Poggio potente, per avère fatto non solamente grande Castruccio ma principe ; e non le parendo essere reinunerata secondo i suoi meriti, convenne con altre famiglie di Lucca di rebellare la città e cacciare Castruccio. E presa una mattina occasione, corsono armati al luogotenente che Castruccio sopra la giustizia ivi teneva, e la ammazzorono : e volendo seguire di levare il popolo a romore, Stefano di Poggio, antico pacifico uomo, il quale nella congiura non era intervenuto, si fe innanzi, e costrinse con l'autorità sua gli suoi a posare 1' arme, offerendosi di essere mediatore intra loro e Castruccio a fare ottenere a quelli i desiderii loro. Posorono pertanto coloro l'armi, non con maggiore prude nza che le avessero prese. Per che Castruccio, sentita la novità seguita a Lucca, senza mettere tempo in mezzo, con parte délie sue genti, lasciato Pagolo Guinigi capo del resto, se ne venne in Lucca. E trovato, fuora di sua opinione, posato il romore, parendoli avère più facilita di assicurarsi, dispose i suoi parti-
les lieux opportuns. Stefano di Poggio, pensant que Castruccio lui saurait gré de ce qu'il avait fait, l'alla trouver, et ne pria point pour lui, parce qu'il jugeait n'en point avoir besoin, mais pour le reste de sa maison : il lui dit qu'il fallait pardonner beaucoup de choses à la jeunesse et beaucoup à l'ancienne amitié qui existait entre eux et lui, ainsi qu'aux obligations qu'il avait à leur maison. Castruccio lui répondit de bonne grâce, l'encouragea à ne rien craindre et lui dit qu'il ressentait plus de plaisir de voir le tumulte apaisé qu'il n'avait éprouvé de chagrin en apprenant leur rébellion. Il engagea Stefano à faire venir tous ' es parents devers lui, disant qu'il rendait grâces à Dieu de lui avoir donné l'occasion de montrer sa cl mence et libéralité. Venus donc, sur la foi de Stefano et de Castruccio, ils furent, avec Stefano, emprisonnés et mis à mort.
Les Florentins, grâce à ce contretemps avaient recouvré San Miniato ; Castruccio crut devoir terminer la guerre, dans la pensée que tant qu'il ne serait pas affermi dans Lucques, il ne pourrait point s'éloigner de chez lui. Il fit donc pressentir les Florentins au sujet d'une trêve et les y trouva tout disposés, car ils étaient recrus et désireux de
giani armati per tutti i luoghi opportuni. Stefano di Poggio, parendoli che Castruccio dovessi avère obbligo seco, 1' andô a trovare, e non pregô per se, perché giudicava non avère di bisogno, ma per li altri di casa, pregandolo che condonasse moite cose alla giovanezza, moite alla antica amicizia ed obbligo che quello aveva con la loro casa : al quale Castruccio rispose gratamente, e lo confortô a stare di buono animo, mostrandogli avère più caro avère trovato posati i tumulti, che non aveva avuto per maie la mossa di quelli ; e confortô Stefano a farli venire tutti a lui, dicendo che ringraziava Dio di avère avuto occasione di dimostrare la sua clemenza e liberaUtà. Venuti, a lunque, sotto la fede di Stefano e di Castruccio, furono insieme con Stefano imprigionati e morti. Avevano in questo mezzo i Fiorentini recuperato San Miniato ; onde che a Castruccio parve di fermare quella guerra parendoli infino che non si assicurava di Lucca, di non si potere discostare da casa. E fatto tentare i Fiorentini di triegua, facilmente li trovô disposti, per essere ancora quelli