‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 151 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

mettre fin à tant de dépense. On conclut une trêve de deux ans, par laqut-lle chacun restait maître de ce qu'il possédait.

Castruccio, délivré de la guerre, afin de ne plus retomber dans les périls qu'il venait de courir, commença, sous divers prétextes et raisons, par faire mourir tous ceux qui dans Lucques auraient pu aspirer à la souveraineté. Il n'épargna personne, privant ceux qui étaient hors de sa portée de leurs biens, et de leur patrie, et ceux qui ton: baient entre ses mains, de leur vie ; affirmant que l'expérience l'avait instruit à ne compter sur la fidélité d'aucun d'eux. Pour plus de sécurité, il fit élever dans Lucques une citadelle, et se servit pour la construire des matériaux des tours de ceux qu'il avait chassés ou fait mourir.

Tandis que Castruccio posait les armes avec les Florentins et se fortifiait dans Lucques, il ne négligeait rien de ce qui pouvait, sans occasionner une guerre manifeste, contribuer à accroître sa grandeur. 11 désirait ardemment se rendre maître de Pistoia, lui étant avis que s'il parvenait à obtenir la possession de cette cité il aurait un pied dans Florence. Il se rendit par divers moyens toute la montagne amie ;

stracchi e desiderosi di fermare la spesa. Fecero, adunque, triegua per doi anni, e che ciascuno possedessi quello che possedeva. Liberato, pertanto, Castruccio dalla guerra, per no.i incorrere più ne' pericoli che era incorso, prima sotto varii colori e cagioni spense tutti quelli in Lucca, che potessero per ambizione aspirare al principato ; ne perdonô ad alcuno, privandoli délia patria, délia roba, e, quelli che poteva avère nelle mani, délia vita ; affermando di avère conosciuto per isperienza, niuno di quelli poterli essere fedele. E pe • più sua sicurtà, fonda una fortezza in Lucca, e si servi délia materia (lelle torre di coloro ch' egli aveva cacciati e morti.

Mentre che Castruccio nveva posate 1' armi con i Fiorentini r che si affortificava in Lucca, non mancava di fare quelle cose che poteva, senza manifesta guerra, operare per fare maggiore la sua grandczza : e avendo desiderio grande di occupare Pistoia, parendoli quando ottenessi la possessione di quella città, di avère un piede in Firinze, si fece in varii moci tutta la Montagna amica ; e con le parti di I istoia si govemava

et avec les factions de Pistoia il se conduisait de telle façon que chacune se confiait en lui. Cette cité était alors divisée, comme elle fut toujours, en Blancs et Noirs. Le chef des Blancs était Bastiano di Possente ; celui des Noirs, Jacopo da Gia : chacun des deux entretenait avec Castruccio d'étroites relations, et chacun désirait chasser l'autre ; si bien que l'un et l'autre, après mille soupçons, en vinrent aux armes. Jacopo se fortifia à la porte de Florence ; Bastiano à celle de Lucques ; mais tous deux comptant bien moins sur les Florentins que sur Castruccio, qu'ils jugeaient plus actif et plus prompt à entreprendre la guerre l'un et l'autre ils mandèrent vers lui, secrètement, pour obtenir son appui, et Castruccio le promit à l'un et à l'autre ; il dit à Jacopo qu'il viendrait en personne, et à Bastiano qu'il enverrait Pagolo Guinigi, son élève. Et, leur ayant fixé une heure, il envoya Pagolo par la route de Pescia, et se rendit lui-même directement à Pistoia ; et vers minuit, comme ils étaient convenus, Castruccio et Pagolo furent à Pistoia, où chacun d'eux fut reçu comme ami. Ainsi entrèrent-ils dans la ville ; lorsque le moment parut favorable à Castruccio, il fit un

in modo, che ciascuna confidava in lui. Era allora quella città divisa, corne fu sempre, in Bianchi e Neri. Capo de' Bianchi era Bastiano di Possente ; de' Neri, lacopo da Gia : de' quali ciascuno teneva con Castruccio strettissime pratiche. e qualunche di loro dcsiderava cacciare 1' altro ; tanto che 1' uno e 1' altro, dopo molti sospetti, vennono ail' arnii. lacopo si fece forte alla porta fiorentina, Bastiano alla lucchese : e confidando 1' uno e 1' altro più in Castruccio che ne' Fiorentini, giudicandolo più espedito e più presto in su la guerra, mandorono a lui segretamente 1' uno e 1' altro per aiuti, e Castruccio air uno e ail' altro li promesse ; dicendo a lacopo, che verrebbe in persona ; ed a Bastiano, clie mandcrebbe Pagolo Guinigi suo allievo. E dato loro il tempo appunto, mandô Pagolo per la via di Pescia, ed csso a dirittura se n' andô a Pistoia ; ed in su la mezza notte, chè cosi erano convenuti, Castruccio e Pagolo, ciascuno fu a Pistoia, e 1' uno e 1' altro fu ricevuto corne amico. Tanto che entrati drento, quando parve a Castruccio, fece il ctnno a Pagolo ; dopo il quale. 1' uno uccise

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