‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 154 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

vingt hommes côte à côte l'occuperaient aisément. C'est là que Castruccio avait projeté d'attaquer l'ennemi, tant pour suppléer par la force du lieu à la faiblesse de son armée, que pour ne lui laisser apercevoir l'ennemi qu'au moment d'en venir aux prises ; car il craignait que les siens, à voir la multitude des adversaires, ne prissent peur. Le seigneur du château de Serravalle était messer Manfred, natif d'Allemagne, lequel, avant que Castruccio se fût emparé de Pistoia, avait et mis en réserve dans le château, comme dans une place commune à ceux de Lucques et à ceux de Pistoia ; depuis, aucun parti ne l'avait offensé, et il avait promis de son côté de rester neutre et de ne favoriser aucune des deux villes. Cette conduite, jointe à la force de la position, l'avait maintenu dans ce poste. Mais, dans l'occurrence, Castruccio désira occuper Serravalle et, se servant de l'amitié étroite qu'il y avait entre lui et un des habitants du château, il s'entendit avec lui pour que, la nuit qui précéderait le combat, il laissât entrer quatre cents hommes des siens, et massacrât le seigneur. I Ces mesures prises, Castruccio ne remua pas sa troupe de Monte-Carlo, afin d'encourager les Floren-

(love r acque si dividono, che venti uomini accanto 1' uno air altro lo occuperebbono. In questo luogo aveva disegnato Castruccio affrontarsi con li nimici, si perché le sue poche genti avessero vanta ggio, si per non scoprire e' nimici prima che in sulla zuffa, dubïtando che i suoi, veggendo la moltitudine di quelli, non si sbigottissono. Era signore del castello di Serravalle messer Manfredi, di nazione tedesca, il quale prima che Castruccio fussi signore di Pistoia, cra stato riserbato in quello castello, come in luogo comune ai Lucchesi ed a' Pistolesi ; ne dipoi ad alcuno era accaduto offenderlo, promettendo quello a tutti stare neutrale, ne si obbligare ad alcuno di loro : si che per questo, e per essere in luogo forte, era stato mantenuto. Ma venuto questo accidente, divenne Castruccio desideroso di occupare quel luogo ; ed avendo stretta amicizia con uno terrazzano, ordinô in modo con quello, che la notte davanti iche si avessi a venire alla zuffa, ricevessi quattrocento uomini de' suoi, ed ammazzasse il signore,

E stando cosi preparato, non mosse 1' esercito da Monte Carlo, per dare più animo a' Fiorentini a passare ; i quali,

tins à tenter le passage ; et comme ceux-ci désiraient avant toute chose éloigner la guerre de Pistoia et la porter dans le Val-di-Nievole, ils vinrent camper au-dessous de Serravalle, dans l'intention de passer le col le lendemain. Mais Castruccio, s'étant emparé sans bruit du château durant la nuit, partit vers minuit de Monte-Carlo et arriva en silence avec sa troupe aux pieds de Serravalle, où il fut à la pointe du jour ; de manière que les Florentins et lui commencèrent à gravir le col en même temps. Castruccio avait dirigé son infanterie par la route ordinaire, et il avait détaché seulement un corps de quatre cents chevaux à main gauche, vers le château. Les Florentins, de leur côté, avaient également envoyé en avant quatre cents cavaliers, et leur infanterie venait derrière ; ils ne s'attendaient point à trouver Castruccio sur le col, car ils ignoraient qu'il se fût emparé du château ; en sorte que, la côt ' gravie, inopinément les cavaliers Florentins aperçurent l'infanterie de Castruccio, et s'en trouvèrent si proche qu'à peine eurent-ils le temps d'attacher leurs heaumes. Ainsi donc ceux qui n'étaient point prêts furent assaillis par ceux qui étaient préparés

perché desideravono discostare la guerra da Pistoia e ridurla in Val di Nievole, si accamparono sotto Serravalle, con animo di passare il di dipoi il colle. Ma Castruccio, avendo senza tumulto preso la notte il castello, si parti in sulla mezza notte da Monte Carlo, e tacito con le sue genti arriva la mattina a piè di Serravalle ; in modo che ad un tratto i Fiorentini ed esso, ciascuno dalla sua parte, incominciô a salire la Costa. Aveva Castruccio le sue fanterie diritte per la via ordinaria, ed una banda di quattrocento cavagli aveva mandata in su la mano manca verso il castello. I Fiorentini, dair altra banda, avevono mandati innanzi quattrocento cavalli, e dipoi avevono mosse le fanterie dietro a quelle genti d' arme ; ne credevano trovare Castruccio in sul colle, perché non sapevano che si fusse insignorito del castello : in modo che, insperatamente, i cavagli de' Fiorentini, salita la costa. scopersono le fanterie di Castruccio, e trovoronsi tanto propiiiqui a lorO: che con fatica ebbono tempo ad allacciarsi le celate. Sendo, pertanto, li impreparati assaltati dai prepa-

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