‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 155 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

et rangés. Heurtés avec fougue, ils résistèrent à grand' peine ; et pourtant plusieurs d'entre eux tinrent tête. Mais la rumeur étant descendue dans le reste de l'armée florentine, tout y devint confusion. La cavalerie était bloquée par l'infanterie, écrasée à son tour par la cavalerie et les charrois ; les chefs ne pouvaient se porter à cause de l'étroitesse du défilé, ni en avant ni en arrière ; et, dans ce désordre, nul ne savait ni ce qu'il pouvait ni ce qu'il devait faire. Cependant, les cavaliers, aux prises avec les fantassins de l'ennemi, étaient assommés ; et cela, sans se pouvoir seulement défendre, parce que la mauvaiseté des lieux les en empêchait. Ils résistaient, plus par nécessité que par courage, car ayant à gauche et à droite les montagnes, derrière eux leur armée et devant eux l'ennemi, aucune issue ne leur était ouverte pour fuir. Cependant, Castruccio, ayant vu que ses troupes ne suffisaient pas pour obliger l'ennemi à battre en retraite, envoya mille hommes d'infanterie à leur secours par le chemin du château, et les ayant fait dévaler avec quatre cents cavaliers qu'il avait déjà envoyés en avant, ils tombèrent sur les flancs de l'ennemi avec une telle furie que les Florentins, incapables de soutenir leur choc,

rati ed ordinati, con grande animo gli spinseno, e quelli con fatica resisterono : pure, si fece testa per qualcuno di loro. Ma disceso il romore per il resto del campo de' Fiorentini, si riempiè di confusione ogni cosa. I cavagli erano oppressi dai fanti, i fanti dai cavagli e dai carriaggi ; i capi non potevano, per la strettezza del luogo, andare ne innanzi ne indrieto : dimodochè niuno sapeva in tanta confusione quello si potesse o dovesse fare. Intanto, i cavagli che erano aile mani con le fanterie nimiche, erano ammazzati ; e quelli senza potere difendersi, perché la malignità del sito non li lasciava : pure, più per forza che per virtù resistevono ; perché avendo dai fianchi i monti, di dietro li amici e dinanzi li nimici, non restava loro alcuna via aperta alla fuga. Intanto Castruccio, veduto che i suoi non bastavano a far voltare i nimici, mandô mille fanti per la via del castello ; e fattoli scendere con quattrocento cavagli che quello aveva mandati innanzi, li percossono per fiance con tanta furia, che le genti fiorentine non potendo

et vaincus bien plus encore par le lieu que par les ennemis, commencèrent à prendre la fuite. La fuite commença à l'arrière-garde, du côté de Pistoia ; les fuyards se débandèrent à travers la plaine, et chacun chercha son salut où bon lui semblait. La déroute fut grande et sanglante. Beaucoup de chefs furent pris, entre autres Bandino de' Rossi, FrancescoBrunelleschi et Giovanni délia Tosa, tous nobles Florentins ; ainsi qu'un grand nombre d'autres Toscans et de seigneurs napolitains que le roi Robert avait envoyés au secours des Guelfes et qui combattaient dans les rangs de l'armée florentine.

Les habitants de Pistoia, à la nouvelle de cette défaite, sans différer, chassèrent le parti qui soutenait les Guelfes, et se donnèrent de nouveau à Castruccio. Lequel, non content de ce succès, s'empara de Prato et de tous les châteaux-forts de la plaine, tant en-deçà qu'au-delà de l'Arno ; puis il s'arrêta avec ses troupes dans la plaine de Peretola, à deux mille- seulement de Florence, où il resta beaucoup de jours à partager le butin, fêtant sa victoire, battant monnaie par mépris des Florentins, et faisant courir le « palio » à chevaux, soldats et filles de joie. Il tenta même de corrompre quelques

sostenere V impeto di quelli, vinti più da il luogo che da' nimici, incominciorono a fuggire, e cominciô la fuga da quelli che erano di dietro verso Pistoia, i quali distendendosi per il piano ciascuno, dove ineglio li veniva, provvedeva alla sua salute. Fu questa rotta grande, e piena di sangue. Furono presi molti capi, intra quali furono Bandino de' Rossi, Francesco Brunelleschi e Giovanni délia Tosa, tutti nobili fiorentini ; con di molti altri Toscani e Regnicoli, i quali mandati da il re Ruberto in favore de' Guelfi, con i Fiorentini militavano. I Pistolesi, udita la rotta, senza differire, cacciata la parte arnica ai Guelfi, si dettono a Castruccio. Il quale, non contento di questo. occupé Prato e tutte le castella del piano, cosi di là corne di qua d' Arno ; e si pose con le genti nel piano di Peretola. propinquo a Firenze a due miglia ; dove stette molti giomi a dlvidere la preda, ed a fare festa délia vittoria avuta, facendo in dlspregio de' Fiorentini battere monete, correre palii a cavagli. a uomini ed a meritrici. Ne mancô di volere corrompere alcuno

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