‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 156 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

citoyens nobles pour qu'ils lui ouvrissent nuitamment les portes de Florence ; mais le complot fut découvert et les conjurés pris et décapités, parmi lesquels se trouvaient Tommaso Lupacci et Lambertuccio Frescobaldi.

Les Florentins, effrayés des suites de leur déroute, ne savaient plus comment sauver leur liberté. Et, pour être plus sûrs d'être secondés, ils envoyèrent des ambassadeurs au roi Robert pour lui donner la cité de Florence et son territoire. Ce qui fut accepté par ledit roi, non point tant à cause de l'honneur que lui faisaient les Florentins que parce qu'il savait combien il importait pour son propre gouvernement que le parti guelfe conservât la haute main en Toscane. Il convint avec lés Florentins qu'ils lui serviraient par an deux cent mille florins, et leur envoya son fils Charles avec quatre mille chevaux.

Cependant, les Florentins s'étaient quelque peu délivrés des troupes de Castruccio, qui avait été forcé d'évacuer leurs terres afin d'aller à Pise réprimer une conjuration ourdie contre lui par Benedetto Lanfranchi, un des premiers citoyens de la ville, lequel, ne pouvant supporter de voir sa patrie serve d'un Lucquois, conspira contre lui, et forma le dessein

nobile cittadino, perché li aprisse la notte le porte di Firenze : ma scoperta la congiura, furono presi e decapitati ; fra i quali fu Tommaso Lupacci e Lambertuccio Frescobaldi. Sbigottiti, adunche, i Fiorentini per la rotta, non vedevano rimedio a salvare la loro libertà ; e per essere più certi delli aiuti, mandorono oratori a Ruberto re di Napoli a darli la città ed il dominio di quella. Il che da quel re fu accettato, non tanto per lo onore fattogli da' Fiorentini, quanto perché sapeva di quale momento era allô stato suo, che la parte guelfa mantenessi lo stato di Toscana. E convenuto con i Fiorentini di avère dugentomila fiorini 1' anno, mandô a Firenze Carlo suo figliuolo, con quattromila cavalli.

Infanto, i Fiorentini si erano alquanto sollevati dalle genti di Castruccio, perché gli era stato necessario partirsi di sopra i loro terreni, ed andare a Pisa per reprimere una congiura fatta contro di lui da Benedetto Lanfranchi, uno de' primi di Pisa ; il quale non potendo sopportare che la sua patria fussi serva d' uno Lucchese, li congiura contro, dise-

d'occuper la citadelle, d'en chasser la garnison et de massacrer les partisans de Castruccio. Mais si, dans de semblables entreprises, le petit nombre suffit au secret, il ne suffit point pour l'exécution ; aussi, pendant que Lanfranchi cherchait à gagner de plus nombreux conjurés, il en trouva un qui décela tout le projet à Castruccio ; Bonifacio Cerchi et Giovanni Guidi, Florentins, qui se trouvaient en exil à Pise, furent honteusement compromis dans cette révélation. C'est pourquoi, ayant mis la main sur Benedetto, Castruccio le tua, il envoya en exil tout le reste de sa famille, et décapita beaucoup d'autres nobles citoyens. Lui étant avis qu'il ne se pouvait confier en la fidélité de Pistoia et de Pise, il chercha à s'en assurer par la ruse et par la force ; ce qui donna aux Florentins le temps de reprendre des forces et d'attendre l'arrivée de Charles. A peine fut-il arrivé, ils résolurent de ne point perdre un moment ; ils réunirent autant d'hommes qu'ils purent, appelant à leur aide presque tous les Guelfes d'Italie, et parvinrent de la sorte à former une armée formidable de plus de trente mille fantassins et de dix mille cavaliers. Après avoir délibéré s'ils attaqueraient en premier lieu Pistoia, ils se décidèrent pour

gnando occupare la cittadella, e cacciare la guardia, e ammazzare i partigiani di Castruccio. Ma perché in queste cose se il poco numéro è sufficiente al segreto, non basta alla esecuzione, mentre che cercava di ridurre più uomini a suo proposito, trovô chi questo suo disegno scoperse a Castruccio ; ne passô questa revelazione senza infamia di Bonifacio Cerchi e Giovanni Guidi fiorentini, i quali si trovavano confinati a Pisa : onde, posto le mani addosso a Benedetto, lo ammazzô. e tutto il restante di quella famiglia mandô in esilio, e molti altri nobili cittadini décapita. E parendoli avère Pistoia e Pisa poco fedeli, con industria e forza attendeva ad assicurarsene : il che dette tempo a' Fiorentini di ripigliare le forze, e potere aspettare la venuta di Carlo. Il quale venuto, deliberorono di non perdere tempo, e ragunorono insieme grande gente, perché convocorono in loro aiuto quasi tutti i Guelfi d' Italia ; e feciono uno grossissimo esercito di più che trenta mila fanti, e dieci mila cavagli. E consultato quale dovessino assahre prima, o Pistoia o Pisa, si risolverono fussi meglio combattere

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