‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 158 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

commencèrent à faire passer une partie de leur cavalerie ainsi qu'une division de dix mille fantassins. Castruccio, qui se tenait tout prêt, l'esprit concentré sur ce qu'il avait résolu de faire, avec cinq mille hommes d'infanterie et trois mille chevaux, les assaillit, et sans leur laisser le temps de sortir tous de l'eau, il était déjà aux mains avec eux. En même temps, il envoya mille hommes d'infanterie légère le long du fleuve, en amont et en aval. Les fantassins Florentins étaient alourdis sous le poids de l'eau et des armes, et tous n'avaient point encore atteint le bord du fleuve. Quant aux chevaux, les quelques-uns qui étaient passés, à force d'avoir piétiné le fond de l'Arno, rendirent le passage difficile à ceux qui suivaient, parce que, trouvant le gué défoncé, beaucoup se cabraient sous le cavalier et beaucoup d'autres s'empêtraient tellement dans la boue qu'ils ne s'en pouvaient plus tirer. Les chefs de l'armée florentine voyant la difficulté du passage en cet endroit, firent remonter le fleuve à la cavalerie, pour trouver un fond intact et un bord plus accessible ; mais ils rencontrèrent les fantassins que Castruccio avait envoyés le long de la rive ; lesquels, armés à la légère de rondaches et de becs de galères,

délia loro cavalleria, ed una battaglia di dieci mila fanti. Castruccio, che stava parato ed intento a quello ch' egli aveva in animo di fare, con una battaglia di cinque mila fanti e tre mila cavagli li assaltô, ne dette loro tempo ad uscire tutti fuora délie acque, che fu aile mani con loro : mille fanti spediti mandô su per la riva dalla parte di sotto d' Arno, e mille di sopra. Erano i fanti de' Fiorentini aggravât! dalle acque e dalle armi, ne avevano tutti superato là grotta del fiume. I cavagli, passati che furono alquanti, per avère rotto il fonde d' Arno, ferono il passo agli altri difficile ; perché trovando il passo sfondato, molti si rimboccavano addosso al padrone, molti si ficcavono talmente nel fango, che non si potevono ritirare. Onde veggendo i capitani fiorentini la difficultà del passare da quella parte, li feciono ritirare più alti su per il hume, per trovare il fondo non guasto, e la grotta più benigna che li ricevesse. Alli quali si opponevono quelli fanti che Castruccio aveva su per la grotta mandati, i quali armati alla

les recevaient à grands cris, et les frappaient à la tête et à la poitrine, de sorte que les chevaux, épouvantés par les cris et par les blessures, sans plus vouloir aller de l'avant, se renversaient les uns sur les autres. La bataille entre les hommes de Castruccio et ceux qui étaient passés fut âpre et terrible, et de part et d'autre, il en tombait un grand nombre ; et chacun se travaillait de toutes ses forces, à surpasser l'adversaire. Ceux de Castruccio voulaient rejeter ceux de Florence dans le fleuve ; ceux de Florence voulaient repousser ceux de Castruccio pour que le reste de leur armée pût sortir de l'eau et prendre part au combat. Ils étaient soutenus, dans leur obstination, par les encouragements de leurs chefs. Castruccio rappelait aux siens que c'étaient les mêmes ennemis qu'ils avaient vaincus, peu de temps auparavant, à Serravalle ; et les Florentins se reprochaient comme une honte de se laisser vaincre par une poignée d'ennemis. Cependant, Castruccio, voyant que la bat lille durait, que ses troupes et celles de l'ennemi étaient harassées, et que les morts et les blessés allaient croissant de part et d'autre, fit avancer une nouvelle division de cinq mille fantassins, puis, lorsqu'il les eut amenés jusque derrière

leggiera con rotelle e dardi di galea in mano, con grida grandi, nella fronte e nel petto li ferivano ; taie che i cavagli dalle ferite e dalle grida sbigottiti, non volendo passare avanti, addosso 1' uno ail' altro si rimboccavano. La zuffa intra quelli di Castruccio e quelli che erano passati, fu aspra e terribile ; e da ogni parte ne cadeva assai ; e ciascuno s' ingegnava con quanta più forza poteva di superare 1' altro. Quelli di Castruccio li volevono rituffare nel fiume ; i Fiorentini li volevono spignere, per dare luogo alli altri che usciti fuora dall' acqua potessero combattere : alla quale ostinazione si aggiugnevono i conforti de' capitani. Castruccio ricordava ai suoi, ch' egli erano quelli nimici medesimi che non niolto tempo innanzi avieno vinti a Serravalle ; cd i Fiorentini riniproveravono loro. che li assai si lasciassino vincere dai pochi. Ma, veduto Castruccio che la battagUa durava, e conie i suoi e li adversarii erano già stracchi, e corne d' ogni parte ne era niolti feriti e morti ; spinse innanzi un' altra banda di cinque niila fanti. e condotti che gli ebbe aile spalle de' suoi che combattevono,

Page 1