‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 159 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

ceux qui combattaient, il donna l'ordre à ceux-ci de s'ouvrir et de se reployer sur la droite et sur la gauche, comme s'ils battaient en retraite. Cette manœuvre ouvrit aux Florentins un espace où ils s'avancèrent et gagnèrent un peu de terrain. Mais leurs troupes fatiguées, venues aux mains avec des troupes fraîches, il ne se passa guère de temps qu'ils ne furent repoussés dans le fleuve. Quant à la cavalerie, il n'y avait encore d'avantage ni d'un côté ni de l'autre, parce que Castruccio, connaissant la sienne inférieure, avait enjoint aux condottieri qu'ils soutinssent seulement l'assaut des ennemis ; il espérait défaire les fantassins, puis, l'infanterie défaite, vaincre plus facilement les cavaliers ; ce qui eut lieu selon ses desseins. Car, ayant vu les fantassins ennemis se rejeter dans le fleuve, il envoya le reste de son infanterie contre les cavaliers qui, les frappant à grands coups de lances et de dards, la cavalerie de Castruccio fondit sur eux avec une plus grande furie et les mit en fuite. Les capitaines florentins, voyant la difficulté que leurs chevaux avaient à passer, tentèrent de faire passer leur infanterie dans la partie inférieure du fleuve, afin de prendre en flanc les troupes de Castruccio ; mais, comme les rives

■ ordinô che quelli davanti si aprissino, e corne se si mettesseno in volta, V una parte in sulla destra e 1' altra in sulla sinistra si ritirasse ; la quale cosa fatta, dette spazio a' Fiorentini di farsi innanzi, e guadagnare alquanto di terreno. Ma, venuti aile mani i freschi con li affaticati, non stettono molto che li spinsono nel fiume. Intra la cavalleria dcll' uno]^e dell' altro non vi era ancora vantaggio ; perché Castruccio, conosciuta la sua inferiore, avea comandato ai condottieri, che sostenessino solamente il nimico, corne quello che sperava superare i fanti ; e superati, potere poi più facilmente vincere i cavalli : il che li succedette seconde il disegno suo. Perché, vcduti i fanti nimici essersi ritirati nel fiume, mandô quel resto délia sua fanteria alla volta de' cavagli nimici ; i quali con lance e con dardi ferendoli, e la cavalleria ancora con maggiore furia premendo loro addosso, li missono in volta. I capitani fiorentini vedendo la difficultà che i loro cavagli avevano a passare, tentorono far passare le fanterie dalla parte di sotto del fiume, per combattere per fianco le genti di Castruccio. Ma, le grotte

étaient escarpées et que leurs ennemis en gardaient les abords, ils s'y efforcèrent en vain. Alors, Tarmée florentine se mit en déroute complète, à la grande gloire et honneur de Castruccio ; et d'une pareille multitude, le tiers à peine en réchappa. Nombre de chefs furent faits prisonniers. Et Charles, fils du roi Robert, ensemble avec Michel'Agnolo Falconi et Taddeo degli Albizzi, commissaires florentins, s'enfuit à Empoli. Le butin fut grand, le carnage plus grand encore, ainsi qu'on peut le conjecturer après un tel combat ; car vingt mille deux cent trente et un hommes furent tués du côté des Florentins, et Castruccio n'en perdit que mille cinq cents septante.

Mais la fortune, ennemie de sa gloire, lorsqu'il e.t fallu lui prêter vie, la lui ôta, et interrompit ces grands desseins qu'il se disposait à exécuter et auxquels la mort seule pouvait mettre empêchement. Castruccio s'était fatigué tout le jour dans la bataille. Lorsqu'elle eut cessé, il s'arrêta, plein de lassitude et tout couvert de sueur, sur la porte de Fucecchio, pour attendre le retour de ses troupes victorieuses, et, par sa présence, leur faire accueil et les remercier ; et en partie

alte e di sopra occupate dalle genti di quelle, si provorono in vano. Messesi, pertanto, il campo in rotta, con gloria grande ed onore di Castruccio ; e di tanta moltitudine non ne campô il terzo. Furno presi di molti capi ; e Carlo figliuolo del re Ruberto, insieme con Michel' Agnolo Falconi e Taddeo delli Albizzi, commissarii fiorentini, se ne fuggirono ad Empoli. Fu la preda grande, la uccisione grandissima, corne in uno taie e tanto conflitto si puô stimare : perché, dello esercito fiorentino ventimila dugento trentuno, e di quelli di Castruccio mille cinquecento settanta restaron morti.

Ma la fortuna. nimica alla sua gloria, quando era tempo'di darli vita, gliene toise, ed interroppe quelli disegni che quello molto tempo innanzi aveva pensato di mandare ad effctto, ne gliene poteva altro che la morte impedire. Erasi Castruccio nella battaglia tutto il giorno affaticato, quando venuto il fine di essa, tutto pieno di affanno c di sudore, si fermô sopra la porta di Fucecchio, per aspettare le genti che tornassino dalla vittoria, e quelle con la presenzia sua ricevere e ringraziare : e parte, se pure alcuna cosa nascesse da' nimici, che in

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