LA GLOIRE
La hiérarchie de Machiavel.
Parmi tous les hommes qui ont mérité des louanges, il faut louer d'abord les chefs et fondateurs des religions ; après eux, viennent les fondateurs de républiques ou de royaumes ; on célèbre ensuite ceux qui, à la tête des armées, ont étendu la domination de leur royaume ou de leur patrie. Joignons-leur les lettrés, et, comme il en est de plusieurs espèces d'entendement, chacun obtient la gloire réservée au rang qu'il occupe. A tant d'autres hommes dont le nombre est infini, il faut attribuer la portion de louange que rapporte à chacun son art ou son métier.
Infâmes au contraire et détestables les détracteurs des religions, les désorganisateurs des royaumes et républiques, les ennemis du pouvoir des lettres et de tout art qui rend service et honneur au genre humain. Tels sont les impies et les violents, les ignares, les oisifs, les caractères vils et les hommes de peu.
Fra tutti gli uomini laudati, sono laudatissimi quelli che sono statl capi e ordinatori délie religioni. Appresso aipoi quelli che hanno fondato o repubblicbe o regni. Dopo costoro sono celebri quelli che preposti agli eserciti hanno ampliato o il regno loro o quello délia patria. A questi si aggiungono li uomini litterati : e perché questi sono ci più ragionî, sono celel rati ciascuno d' essi secondo il grado suo. A qualunque altro uomo, il numéro dei quali è infinito, si attribuisce qualche parte di laude, la quale gli arreca 1' arte e 1' esercizio suo. Sono, per lo contrario, infami e detestabili gli uomini detrattori délie religioni, dissipatori de' regni e délie repub-
N'importe qui, sage ou fou, bon ou mauvais, si vous lui faites choisir entre ces deux espèces d'hommes, louera ceux qui sont dignes de louange et blâmera ceux qui méritent le blâme. Et pourtant presque tous, leurrés par un faux bien et une fausse gloire, volontairement ou à leur insu, se laissent entraîner dans les rangs de ceux qui méritent plus de blâme que de louange.
Discours, I, 10.
bliche, inimici dellc virtù délie lettere, e d'ogni altra arte che arrechi utilità e onore alla umana generazione, corne sono gli empli e violenti, gl' ignorant!, gli oziosi, i vili e i da poco. E nessuno sarâ mai si pazzo o si savio, o si tristo o si buono, che propostagli la elezione délie qualità d'uomini, non laudi quella che è da laudare, e biasimi quella che è da biasimare. Nienledimeno dipoi quasi tutti, ingannati da un falso bene o da una falsa gloria, si lasciano andare, o volontariamente o ignorantemente, ne' gradi di coloro che meritano i,iù biasimo che laude,
Discorsi, I. 10.