‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 162 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

recommanda Pagolo Guinigi, leur fit jurer obéissance, et mourut, laissant de lui la plus belle mémoire à tous ceux qui avaient ouï prononcer son nom ; et à ceux qui furent ses amis un aussi grand regret de lui qu'aucun prince en aucun temps. Ses funérailles furent célébrées avec beaucoup d'honneur, et il fut enseveli à Lucques en l'église Saint François.

La valeur et la fortune furent assurément moins amies de Pagolo Guinigi que de Castruccio, car, peu de temps après, il perdit Pistoia et ensuite Pise, et à grand' peine il garda la souveraineté de Lucques, qui resta dans sa maison jusqu'à Pagolo son arrièreneveu.

On peut juger, par ce que je viens de rapporter, que Castruccio fut un homme rare, non seulement pour son temps, mais même pour les temps anciens. 11 était d'une taille au-dessus de l'ordinaire, tous les membres bien proportionnés ; et il avait tant de grâce dans le maintien, et tant de courtoisie dans l'accueil que nul jamais ne lui parla et ne s'en est séparé mécontent. Ses cheveux tiraient sur le roux ; il les portait coupés sur les oreilles ; et toujours, quelque temps qu'il fît, par la pluie ou par la neige, il allait

di Pisa e di Pistoia militavono seco, e raccomandato a quelli Pagolo Guinigi, e fattili giurare ubbidienza, si morî : lasciando a tutti quelli che lo avevono sentito ricordare, di se una felice memoria, «d a quelli che gli erano stati amici tanto desiderio di lui, quanto alcuno altro principe che mai in qualunque altro tempo morissi. Furono le esequie sue celebrate onoratissimamcnte, ed e' fu sepolto in San Francesco di Lucca. Ma non furono già la virtù e la fortuna tanto amiche a Pagolo Guinigi, quanto a Castruccio : perché non molto dipoi perde Pistoia, ed appresso Pisa ; e con fatica si mantenne il dominio di Lucca, il quale perseverô nella sua casa infino a Pagolo suo pronepote.

Fu adunque Gastruccio, per quanto si è dimostro, uno uomo non solamente raro ne' tempi suoi, ma in molti di quelli che innanzi erano passati. Fu di persona più che 1' ordinario di altezza, ed ogni membro era ail' altro respondente ; ed era di tanta grazia nello aspetto, e con tanta umanità raccog lieva li uomini, che non mai li parlô alcuno, che si partissi da quello malcontento. I capelli suoi pendevano in rosso, e portavaU

nu-tête. Il était dévoué à ses amis, terrible pour ses ennemis ; juste envers ses sujets, sans foi envers ceux du dehors ; et jamais il ne tenta de vaincre par la force, lorsqu'il put vaincre par la ruse, parce que, disait-il, c'est la victoire et non la manière de vaincre qui procure la gloire.

Nul ne se jeta dans les périls avec plus d'audace et ne s'en sortit avec plus de prudence ; et il avait coutume de dire que les hommes doivent tout oser et ne s'effrayer de rien, et que Dieu aime ceux qui ont du courage, ce qu'on voit en effet, puisqu'il se sert toujours des forts pour châtier les faii)les. Il était, de plus, admirable dans ses propos, soit pour mordre soit pour se défendre, tour à tour courtois ou caustique. Et, comme il n'épargnait personne, il ne se courrouçait point lorsqu'on s'attaquait à lui. On cite encore de lui foule de mots dits plaisamment ou patiemment écoutés. En voici quelques-uns :

Il avait fait acheter une perdrix moyennant un ducat ; un ami lui en ayant fait reproche, Castruccio lui dit : « Ne Tachèterais-tu pour plus d'un sou ? » A quoi l'autre ayant répondu qu'il disait vrai : « Eh bien, fit Castruccio, un ducat est beaucoup moins pour moi. »

tonduti sopra li orecchi ; e sempre, e d' ogni tempo,[^come che piovessi o nevicasse, andava con il capo scoperto. Era'grato alli amici, alli nemici terribile, giusto con i sudditi, infedele con li esterni ; ne mai potette vincere per fraude, che cercasse di vincere per forza : perché diceva, che la vittoria, non il modo délia vittoria, ti arrecava gloria. Niuno fu mai più audace ad entrare ne' pericoli, ne più cauto ad uscirne : ed usava di dire, che li uomini debbono tentare ogni cosa, ne di alcuna sbigottirsi ; e che Dio è amatore delli uomini forti, perché si vede che sempre castiga li impotcnti con i potenti. Era ancora mirabile nel rispondere o mordoré, o acutamente o urbanamente ; e come non pcrdonava in questo modo di parlare ad alcuno, cosî non si adirava quando non era perdonato a lui. Donde si trovono moite cose dette da lui acutamente, e moite udite pazientemente : come sono queste. Avendo egli fatto comperare una storna uno ducato, e riprendendolo uno amico. disse Castruccio : — Tu non la compreresti per più che uno soldo. — E dicendoli lo amico, che diceva il vero, risposc

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