‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 163 sur 175 · XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

Poursuivi par un flatteur et lui ayant, par mépris, craché contre, ce flatteur lui dit : « Les pêcheurs, pour prendre un petit poisson, se laissent mouiller tout le corps par la mer ; je me laisserai bien mouiller par un crachat pour attraper une baleine. » Castruccio non seulement l'écouta sans se courroucer, mais encore le récompensa.

Quelqu'un l'ayant repris de vivre trop splendidement, Castruccio lui répondit : « Si c'était un péché, on ne ferait point repas si splendides aux fêtes de nos saints. »

Une fois qu'il passait dans la rue, il aperçut un jouvenceau qui sortait de chez une gourgandine, tout rouge d'avoir été aperçu de lui : « Ce n'est pas, lui dit-il, au sortir, mais à l'entrer que tu devais avoir vergogne. »

Un ami lui donnant à défaire un nœud fort artificieusement noué : « Fol que tu es, lui dit-il, de croire que je veuille délier une chose qui, liée, me donne déjà tant de mal I »

Castruccio disait à un qui faisait le métier de philosophe : « Vous autres êtes comme ces chiens qui rôdent sans cesse autour de ceux qui leur peuvent donner les meilleurs morceaux. » A quoi l'autre lui

quello : — Uno ducato mi vale molto meno. — Avendo intorno uno adulatore, e per dispregio avendoli sputato addosso, disse lo adulatore : — I pescatori per prendere uno piccol pesce si lasciono tutti bagnare da il mare : io mi lascierô bene bagnare da uno sputo per pigliare una balena — Il che Castrucci > non solo udi pazientemente, ma lo premiô. Dicendoli alcuno maie, che viveva troppo splendidamente, disse Castruccio : — Se questo fussi vizio, non si farebbe si splendidi conviti aile feste de' nostri Santi. — Fassando per una strada, e vedendo uno giovanetto che usciva di casa d' una meretrice tutto arrossito per essere stato veduto da lui, gli disse : — Non ti vergognare quando tu n' esci, ma quando tu v' entri. — Dandoli uno amico a sciogliere uno nodo accuratamente annodato, disse : — (3 sciocco, credi tu che io voglia sciorre una cosa che legata mi dia tanta briga ? — Dicendo Castruccio ad uno il quale faceva professione di filosofo : — Voi sete fatti corne i cani, che vanno sempre dattorno a chi puô meglio dar loro mangiare ;

répondit : « Nous sommes bien plutôt comme les médecins qui vont chez ceux qui en ont le plus besoin. »

Se rendant par eau de Pise à Livourne et survenant une grosse tempête dont Castruccio était fort troublé, un de ceux qui se trouvaient avec lui lui fit reproche de sa pusillanimité, disant n'avoir peur de rien : « Je ne m'en étonne guère, repartit Castruccio, chacun estime sa vie ce qu'elle vaut. »

Quelqu'un lui ayant demandé comment il s'y était pris pour s'acquérir tant d'estime, il lui répondit : « Fais en sorte, lorsque tu vas à un repas que ce ne soit point un morceau de })ois qui s'asseye sur un autre morceau de bois. ».

Comme un tel se glorifiait d'avoir beaucoup lu : « Mieux vaudrait, lui dit Castruccio, tirer gloire d'avoir beaucoup retenu. »

A un autre qui se vantait de beaucoup boire sans s'enivrer : « Un bœuf, dit-il, en fait bien autant. »

Castruccio avait chez lui une fille avec laquelle il s'entretenait privément ; un de ses amis l'en blâmait, lui reprochant surtout de s'être laissé prendre par une femme : « Tu fais erreur, lui dit Castruccio, c'est moi qui l'ai prise et non pas elle qui m'a pris. »

— gli rispose quelk) : — Anzi. siamo corne i medici, che andiamo a case coloro che di noi hanno maggior bisogno.

— Andando da Pisa a Livorno per acqua, e sopravvenendo uno temporale pericoloso, per il che turbandosi forte Castruccio, fu ripreso da uno di quelli che erano seco, di pusillanimità. dicendo di non avère paura di alcuna cosa : al quale disse Castruccio, che non se ne maravigliava, perché ciascuno stima r anima sua quel che la vale. Domandato da uno come egli avessi a fare a farsi stimare, gli disse : — Fa, quando tu vai ad uno convito, che non segga uno legno sopra un altro legno

— Gloriandosi uno di avère letto moite cose, disse Castruccio :

— E' sare' meglio gloriarsi di averne tenute a mente assai.

— Gloriandosi alcuno, che bevendo assai non s' inebriava. disse : — E' fa cotesto medesimo uno bue. — Aveva Castruccio una giovane, con la quale conversava dimesticamente ; di che sendo da uno amico biasimato, dicendo massime, che gli era maie si fusse lasciato pigliare da una donna : — Tu erri. disse Castruccio ; io ho preso lei, non ella me. — Biasimandolo

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