‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 164 sur 175 · I XIX. MACHIAVEL HISTORIEN · texte numérisé non relu

I XIX. MACHIAVEL HISTORIEN

" Un autre encore le blâmant d'user de mets trop délicats, il lui dit : « Tu ne dépenserais point pour cela autant que j'y dépense ? — Non, certes I répartit l'autre. — Adonc, reprit Castruccio, tu es encore plus avare que je ne suis gourmand. »

Invité à souper par Taddeo Bernardi, de Lucques, liomme fort riche et fort magnifique, arrivé qu'il fut en sa maison, comme Taddeo lui montrait une chambre toute tendue de draperies, et dont le pavement, incrusté de pierres colorées, représentait des fleurs, des feuillages et autres semblables délicatesses, Castruccio ayant amassé en sa bouche de la salive en grande quantité, la lui cracha en plein visage. De qu( i Taddeo s'étant fort courroucé, Castruccio lui \ dit : « Je n'ai vu que cet endroit où je pusse cracher sans te faire tort. »

Quelqu'un lui ayant demandé comment César était mort : « Plût à Dieu, dit-il, que je puisse mourir comme lui ! »

Une nuit qu'il se trouvait en la maison d'un de ses gentilshommes, où des dames en grand nombre avaient été conviées à une fête, comme il ballait et prenait soûlas plus qu'il n'eût convenu à sa dignité, un de ses amis l'en tança. Et lui de répondre : « Qui

ancora uno, che egli usava cibi troppo delicati, disse : — Tu non spenderesti in essi quanto spendo io. — E dicendoli quelle, che diceva il vero, gli soggiunse : — Adunque tu sei più avaro, che io non sono ghiotto. — Sendo invitato a cena da Taddeo Rernardi lucchese. uomo ricchissimo e splendidissimo, ed arrivato in casa, mostrandoli Taddeo una caméra parata tutta (li drappi, e che aveva il pavimento composto di piètre fine, le quali di diversi colori diversamente tessute, fiori e f route e simili verzure rappresentavono, ragunatosi Castruccio assai umore in bocca, Io sputô tutto in sul volto a Taddeo. Di che turbandosi quello, disse Castruccio : — Io non sapevo dove mi sputare, chè io ti offendesse meno. — Domandato corne mori Cesare, disse : — Dio volessi che io morisse comc lui. — Essendo una notte in casa uno de' suoi gentil' uomini, dove erano convitate assai donne a festeggiare, e hallando e sollazzando quello più che aile qualità sue non conveniva, di che sendo ripreso da uno amico, disse : — Chi è tenuto savio di dl, non

de jour est tenu pour sage, de nuit ne sera jamais tenu pour fol. »

Quelqu'un étant venu lui demander une grâce et Castruccio faisant mine de ne point l'entendre, celui-ci mit genou en terre ; de quoi, Castruccio l'ayant réprimandé : « Tu en es cause, répartit le solliciteur, puisque tu as les oreilles aux pieds. » Castruccio lui accorda une grâce double de celle qu'il demandait.

Il avait coutume de dire que la route pour aller en enfer est aisée, puisqu'elle descend toujours, et qu'on y va les yeux clos.

Quelqu'un lui demandant une grâce en beaucoup de paroles et superflues, Castruccio lui dit : « Quand tu voudras, à l'avenir, chose de moi, envoie-moi quelqu'un à ta place. »

Un autre bavard l'ayant fatigué d'un long discours, et l'ayant terminé par ces mots : « Peut-être vous ai-je fatigué en vous parlant aussi longuement ? — N'aie crainte, lui dit-il, je n'ai rien entendu de ce que tu m'as dit. »

Il avait coutume de dire de quelqu'un qui avait été un bel enfant et qui ensuite avait été un bel homme qu'il était par trop outrageant ; car il enlevait d'abord les maris à leurs femmes et mainte-

sarà mai tenuto pazzo di notte. — Venendo uno a domandarli una grazia, e facendo Castruccio vista di non udire, colui se gli gittô ginocchioni in terra ; di che riprendendolo Castruccio, disse quelle : — Tu ne sei cagione, che liai gli orecchi ne' piedi : — donde che conseguitô doppia più grazia che non domandava. Usava di dire, che la via dello andare allô infcrno era facile, poichè si andava allô ingiù, ed a cliiusi occhi. Domandandoli uno una grazia con assai parole e superflue, gli disse Castruccio : — Quando tu vuoi più cosa alcuna da me, manda un altro. — Avendolo uno uomo simile con una lunga orazione infastidito, e dicendoli nel fine : — lo vi ho forse troppo parlando stracco : — Non liai, disse, perché io non ho udito cosa che tu abbi detto. — Usava dire d' uno che era stato un bello fanciuUo, e dipoi era un bell' uomo, corne egli era troppo ingiurioso, avcndo prima tolti i mariti aile moglie, ed ora togliendo le moglie a' mariti. Ad uno individioso che rideva.

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