Chapitre XX
Machiavel à San Casciano, lettre adressée à son ami Francesco Vettori, ambassadeur florentin près la cour de Rome.
Depuis mes dernières mésaventures, je vis retiré dans ma villa et je n'ai pas été, tout compte fait, vingt jours à Florence. J'ai passé le mois de septembre à prendre les grives au gluau, mais le mois fini, ce passe-temps, tout dépiteux qu'il fût, a pris lin. Je me lève le matin avec le soleil et m'en vais en un mien bois taillis où je reste deux heures à contrôler la besogne de la veille et passe le temps avec les bûcherons qui ont toujours quelque noise entre eux ou avec les voisins. Sorti du bois, je vais à une fontaine, et de là vers un mien gluau, un livre sous le bras, ou Dante ou Pétrarque, ou l'un de ces poètes mineurs, comme qui dirait Tibulle, Ovide et autres : je lis leurs amoureuses passions, et à lire leurs amours.
Machicwelli in villa, Icltcra a Francesco Vcttori*. Lettre XXVI, datée du 10 décembre 1513.
Dopo i miei iiltimi casi, io me ne vivo ritirato in villa, e non sono stato, ad accozzarli tutti, venti di a Firenze. Ho passato il settembre uccellando ai tordi ; ma, finito il mese, questo badalucco, ancorchè dispettoso, è mancato. Mi levo la mattina col sole, e me ne vo in un bosco, dove resto due ore a rivedere l'opère dcl giorno innazi, ed a passar tempo con quel tagliatori, che hanno seinpre qualche sciagura aile mani o tra loro o coi vicini. Uscito dal bosco, vo ad una fonte, e di 11 ad un mio ucellarc, con un libro sotto, o Dante o Petrarca o uno di questi pocti minori, come dire Tibullo, Ovidio e simili. Lcggo quelle loro amorose passioni e quelli loro amori, ricordomi de' mia,