‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 25 sur 175 · VI. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

VI. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les hommes supérieurs sont toujours les mêmes, quelle que soit leur fortune : si elle change, soit en les exaltant, soit en les opprimant, eux seuls ne changent point ; mais ils conservent toujours une âme également ferme, et tellement unie avec leur manière ordinaire de vivre, que chacun s'aperçoit sans peine que la fortune n'a pas de prise sur eux.

Les hommes faibles se conduisent tout autrement ; dans la bonne fortune, ils s'enflent et s'enivrent d'orgueil, attribuant leur prospérité à des vertus qu'ils n'eurent jamais. Aussi deviennent-ils bientôt insupportables et odieux à tous ceux qui les entourent, de là ces changements de fortune ; à peine ont-ils vu l'adversité en face, ils tombent dans l'excès contraire, les voilà soudain devenus vils et abjects. Discours sur Tiie-Live, Livre, III, chap. XXXI.

Il n'y a point de vergogne pour les vainqueurs, de quelque manière qu'ils aient vaincu... Si vous examinez les actions des hommes, vous verrez que tous ceux qui parviennent à une grande richesse et grande autorité y sont parvenus ou par fraude ou par force, et qu'ensuite tout ce qu'ils avaient usurpé par four-

Gli uomini grandi sono sempre in ogni fortuna quelli medesimi ; e se la varia, ora con esaltargli ora con op^rimergli, quelli non variano, ma tengono sempre 1' animo fermo, ed in tal modo congiunto con il modo del vivere loro, che facilraente si conosce per ciascuno, la fortuna non aver potenza sopra di loro. Altrimenti si governano gli uomini deboli ; perché invaniscono ed inebriano nella buona fortuna, attribuendo tutto il bene che gli hanno a quelle virtù che non conobbero mai. D'onde nasce che diventano insopportabili ed odiosi a tutti coloro che gli hanno intorno. Da che poi dipende la subita variazione délia sorte ; la quale come veggono in viso, caggiono subito nell' altro difetto, e diventano vili ed abietti. Discorsi, III, 31.

Coloro che vincono, in qualunque modo vincano, mai non ne riportano vergogna... Ma se voi no'erete il modo del procedere degli uomini, vedrete tutti quelli che a ricchezze grandi ed a gran potenza pervengono, o con frode o con forze esservi pervenuU : e quelle cosc dipoi, che eglino hanno o

berie ou par violence, ils le recouvrent honnêtement du faux titre de gain, pour cacher la vilenie de l'acquisition. Ceux qui, par trop peu de prudence ou par trop de stupidité évitent ces moyens, s'enfoncent toujours dans la servitude et pauvreté ; car les serviteurs fidèles restent toujours serfs et les hommes de bien sont toujours pauvres. Et nuls ne sortent de servitude sinon les infidèles et les audacieux, et de pauvreté, sinon les rapaces et les fourbes. Dieu et nature ont mis la fortune des hommes en leur pouvoir, laquelle est plutôt le partage de la rapine que de l'industrie, d'un métier infâme que d'un travail honnête. C'est pour cela que les hommes s'entredévorent et que le sort du faible empire chaque jour.

Histoire, III, 13.

Les hommes habitués à une manière de vivre n'en veulent point changer, surtout lorsqu'ils ne voient point le mal en face et qu'on ne peut le leur montrer que par conjectures. Discours, I, 18.

... Je m'en étonnerais si ma destinée ne m'eût fait voir tant de choses et si diverses que j'en suis réduit

con inganno o con violenza usurpate, per celare la bruttezza deir acquisto, quello so'^to falso titolo di guadagno adonestano. E queJli i qiiali !» per poca prudenza o per troppa sciocchezza fuggono questi modi, nella servitù sempre e nella povertà affogano ; perché i fedeli servi sempre sono servi, e gli uomini buoni sempre sono poveri ; ne mai escono di servitù se non gl' infedeli ed audaci, e di povertà se non i rapaci e fraudolenti : perché Dio e la natura ha poste tutte le fortune degli uomini loro in mezzo, le quali più aile rapine che ail' industria, ed aile cattive che aile buone arti sono esposte. Di qui nasce che gli uomini mangiano l'uno 1' altro, e vanne sempre col peggio chi puô meno. Slorie, III, 13.

Gli uomini usi a vivere in un modo, non lo vogliona variare ; e tanto più non veggendo il maie in viso, ma avendo ad essere loro mostro per conietture. Discorsi, I, 18.

Di che io mi meraviglierei, se la mia sorte non mi havesse mostro tante cose e cosi varie, che io son costretto a maravi-

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