VI. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
à ne m'étonner guère, et à confesser que, soit à les lire, soit à les pratiquer, je n'ai nullement apprécié les actions des hommes ni leurs façons de se conduire.
Leti. fam., 220.
ÉLOGES DES ANIMAUX Un pourceau parle.
Votre amour-propre vous abuse en vous faisant croire qu'il n'existe nul bien fors l'espèce humaine et la valeur.
Mais si tu daignes tourner un peu vers moi ton attention, je parviendrai avant que tu t'éloignes de moi, à te faire abandonner cette erreur.
Je commencerai d'abord par la prudence, excellente vertu, par laquelle les hommes augmentent leur propre excellence.
Mais ceux-là savent bien mieux en user qui sans autre règle suivent leur bien et fuient leur dam.
gliarmi poco o confessare non haver gustato ne leggendo ne praticando le azioni delli uomini e i modi del procedere loro.
Lett. fam. y 220.
...Tutto v' inganna il proprio vostro amore., Che altro ben non credete, che sia, Fuor deir umana essenza, e del valore.
Ma se rivolgi a me la fantasia,
Pria che tu parta dalla mia presenza, Farô, che in taie error mai più non stia.
lo mi vo' cominciar dalla prudenza, Eccellente virtCi, ;>er la quai fanno Gli uomin maggiore la loro eccellenza.
Questa san meglio usar color, che sanno] Senz' altra disciplina per se stesso Seguir lor bene, ed evitar lor danno.
Sans aucun doute, j'affirme et confesse qu'en cela notre part est supérieure à la vôtre ; et toi-même tu vas être forcé d'en convenir.
Quel maître nous enseigne l'herbe qui nous est bonne ou mauvaise ? Ce n'est nulle étude, ce n'est votre ignorance.
Nous changeons de contrée, de rivage en rivage, et changer de logis ne nous afflige point, pourvu que nous vivions en liesse.
L'un fuit la froidure, l'autre fuit le soleil ; chacun vit de la façon qu'il aime, comme le veut nature, qui nous l'enseigne.
Vous autres, bien plus mal fortunés que je ne puis dire, vous errez de pays en pays, non pour trouver un air ou plus froid ou plus chaud,
Mais parce que le vil désir d'acquérir vous empêche d'être contents de ce que vous avez et de vivre de peu, d'une manière civile et modeste.
Senza alcun dubbio îo afiermo, e confesso Esser superior la parte nostra, Ed ancor tu nol negherai appresso.
Quai è quel precettor, che ci dimostra L'erba quai sia, o lenigna, o cattiva ? Non studio alcun, non ignoranza vostra.
Noi cangiam région di riva in riva, E lasciare un albergo non ci duole, *' Purchè contento, e felice si viva.
f.'un fugge il ghiaccio, e l'altro fugge il Sole, Seguendo ii tempo al viver nostro amico ; Corne Natura, che n' insegna, vuole.
Voi infelici più che lo non dico, dite cercando quel paese, e questo, Non per aère trovar freddo, o aprico ;
Ma perché 1' appeti^o disonesto
Dell' aver non vi tien 1' animo fermo, Nô'I viver parce, civile, e modesto :