‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 28 sur 175 · VI. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

VI. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Vous ne vous contentez pas d'un seul aliment, comme nous ; mais pour satisfaire votre honteuse gourmandise, vous allez en chercher jusque dans les royaumes d'Orient.

Ce qui se recueille sur terre ne vous suffit point ; vous vous plongez au sein de l'océan, pour vous rassasier ensuite de ses dépouilles.

Mon discours n'en finirait pas si je voulais démontrer combien plus malheureux vous êtes qu'aucun animal terrestre.

Nature est pour nous une meilleure amie, et il semble qu'elle nous dispense une plus grande partie de ses dons, alors qu'elle vous réduit à mendier le moindre de ses biens.

Si tu veux t'en convaincre, examine nos sens et tu seras aisément persuadé du contraire de ce que tu penses peut-être en ce moment.

Ne vi contenta un sol cibo, quai noi ;

Ma per me' soddisfar 1' ingorde voglie, Gite per quelli infin ne' Regni Eoi.

Non basta quel, che in terra si ricoglie, Che voi entra te ail' Oceano in seno, Per potervi saziar délie sue spoglie.

11 mio parlar mai non verrebbe meno, S'io volessi mostrar, come infelici Voi siete più ch' ogni animal terreno.

Noi a Natura siam maggiori amici,

E par, che in noi più sua virtù dispensi, Facenao voi d' ogni suo ben mendici.

Se vuoi questo veder, pon mano a' sensi, R sarai facilmente persuaso Li quel, che forse or pel contrario pensi.

L'œil de l'aigle, l'oreille et le nez du chien, et encore notre goût, se montrent supérieurs aux vôtres, si le toucher vous est resté en partage plus particulièrement,

Lequel vous a été donné, non point pour vous faire honneur, mais seulement pour que Vénus vous causât plus de peines et de tourments.

Parmi nous, chaque animal naît vêtu, donc il est protégé contre l'humidité et le froid, sous n'importe quel ciel et sur n'importe quel rivage.

L'homme seul naît dénué de toute défense : il n'a cuir ni piquants, ni plume, ni laine, ni soie, ni écaille qui lui fassent bouclier.

Sa vie commence aux pleurs, il naît en se plaignant d'une voix faible et douloureuse ; de sorte qu'il est pitoyable à voir.

Puis il avance en âge, et sa vie est bien courte en comparaison de celle que peut vivre un cerf, une corneille, une oie.

L'Aquila l'occhio, il Can 1' orecchio e '1 naso, E'I gusto ancor possiam migloir mostrarvi. Se il tatto a voi più prov rio s'è rimaso ;

Il quai v'è aato non per onorar\i.

Ma sol perché di Vener 1' appetito Dovesse maggoir briga, e noja darvi.

Ogni animal tra noi nasce vestito.

Che'l difende dal freddo tempo, e crudo, Sotto ogni Cielo, per qualunque lito.

Sol nasce l'uom d'ogni difesa ignudo, F non ha cuojo, spine, o piume, o velio, Setole, o scaglie, che gli faccian scudo.

Dal pianto il viver suc comincia quello Gon tuon di voce dolorosa. e roca ; Talch' egli è miserabile a vedello.

Da poi crescendo la sua vita è poca

Senz'alcun dubbio a paragon di quella, Che vive un ccrvo, una cornacchia, un' oca.

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