‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 29 sur 175 · VI. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

VI. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Nature vous a donné la main et la parole et en même temps l'ambition et l'avarice, qui annulent un pareil don.

A combien d'infirmités vous assujettit nature d'abord, et ensuite fortune, qui vous promet des biens qu'elle ne vous donne jamais!

Vous avez en partage l'ambition, la luxure, les larmes et l'avarice, comme une lèpre attachée à votre existence, que vous estimez tant.

Il n'est aucun autre animal dont la vie soit aussi fragile et qui ait plus envie de vivre, qui se laisse autant troubler par la crainte, et dont la rage soit aussi ardente.

Un pourceau ne fait pas souffrir un autre pourceau ; un cerf, l'autre cerf ; seul l'homme tue l'homme, le crucifie et le dépouille.

Ane d'or, VIII.

Le man vi diè Natura, e la favella,

E con quelle anco ambizion vi dette, Ed avarizia, che quel ben cancella.

A quante infermità vi sottomette

Natura prima, e poi Fortuna quanto Ben senz' alcuno effetto vi promette ?

Vostr* è r ambizion, lussuria, e '1 pianto, E l'avarizia, che gênera scabbia Nel viver vostro, che stimate tanto.

Nessun altro animal si trova, ch' abbia Più fragil vita, e di viver più voglia, Più confuso timoré, o maggior rabbia.

Non dà r un porco ail' altro porco doglia, L'un cervo ail' altro ; solamente 1' uomo L'altr' uomo ammazza, crocifigge, e spoglia.

Asino d'oro, VIIL

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