‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 31 sur 175 · VII. LES FEMMES, l'aMOUR · texte numérisé non relu

VII. LES FEMMES, l'aMOUR

J'ai toujours ouï dire qu'il fallait fuir trois sortes d'hommes : les chanteurs, les vieillards et les amoureux. Si tu abordes un chanteur et que tu te mets à lui raconter quelqu'une de tes affaires, au moment où tu penses qu'il t'écoute, il te lâche un ut, ré, mi, fa, sol et fredonne un air entre ses dents. Es-tu avec un vieillard, il fourre le nez dans toutes les églises qu'il rencontre en chemin, et va, d'autel en autel, marmonner un Pater nosier. Mais le pire de tous est l'amoureux ; car il ne lui suffit pas, lorsque tu lui parles, de béer aux corneilles; il faut encore qu'il te rebatte les oreilles de ses lamentations et de ses chagrins, jusqu'à ce que tu sois forcé de te mouvoir à compassion. S'il aime une garce, ou elle le dépouille outre mesure, ou elle l'a chassé de chez elle ; il y a toujours quelque chose à dire. Aime-t-il une femme honnête, mille envies, mille jalousies, mille dépits le tourmentent ; il trouve sans cesse l'occasion de se plaindre. Clizia, I, 1.

lo ho sempre inteso, che tre sorte ai uomini si debbonouù fuggire ; cantori, vecchi et innamorati. Perché, se usi con nn cantore e narrigli un tuo fatto, quando tu credi che t'oda, ci ti spicca uno ut, re, mi, fa, sol, la, e gorgogliasi una canzonetta in gela. Se tu sei con uno vecchio, e' ficca il cape in quante chiesc e' trova, e va tutti gli altari a borbottare uno pater noster. Ma di questi due, lo innamorato è peggio ; perché non basta che se tu gli parli, ei pone una vigna, chè ei t' empie gli orecchi di rammarichi, c di tanti suoi affanni, che tu sei forzato a moverti a compassione. Perché s' egli usa con una cantoniera, o ella lo assasina troppo o ella 1' ha cacciato di casa ; sempre v' é qualcosa che dire. S' egli ama una donna da bene, mille invidie, mille gelosie, mille dispetti lo perturbano : mai non vi raanca cagione di dolersi.

Clizia, I, 1.

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