Chapitre IX IMITATION DE L'ANTIQUITÉ
Là où les hommes sont faibles, la fortune se plaît à faire éclater son pouvoir ; et comme elle est changeante, les républiques changent, et les royaumes aussi, et ils changeront/ toujours, jusqu'à ce que s'élève un homme tellement épris des institutions de l'antiquité qu'il sache, en les imitant, soumettre et diriger la fortune, en sorte qu'elle ne puisse plus montrer, à chaque tour de soleil, toute l'étendue de son pouvoir. Discours, II, 30.
J'en reviendrai toujours à l'exemple de mes Romains. Si l'on examine leur genre de vie et l'ordre de leur république, on y découvrira une foule d'usages qu'il serait possible d'introduire dans une société où il resterait encore quelque chose de bon. — Et quels sont les usages de l'antiquité que vous prétendriez faire revivre ? — Honorer et récompenser la vertu, ne pas mépriser la pauvreté, estimer les
Dove gli uomini hanno poca virtù, la fortuna dimostra assai la potenza sua ; e perché la è varia, variano le repubbliche e gli stati spesso ; e varieranno sempre, infino che non surga qualcuno che sia dell' antichità tanto amatore, che la regoli in modo, che la non abbi cagione di dimostrare ad ogni girare di sole quanto ella puote. Discorsi, II, 30.
lo non mi partirô mai con esempio di qualunque cosa da' miei Romani. Se si considérasse la vita di quelli, e 1' ordine di quella Repubblica, si vederebbero moite cose in essa non impossibili ad introdurre in una civiltà, dove fusse qualche cosa ancora del buono. Quali cose sono quelle, che voi vorreste introdurre simili air antiche ? Onorare e premiare le virtù, non
règles de la discipline militaire et ses ordres, contraindre les citoyens à s'aimer l'un l'autre, à vivre sans factions, à préférer l'intérêt public au particulier, et une foule d'autres choses qu'il serait aisé de remettre en vigueur, même de notre temps. Ces principes ne sont point difficiles à persuader, pourvu qu'on y réfléchisse mûrement, et qu'on les introduise par les moyens convenables ; parce que la vérité éclate en eux d'un tel jour, que les esprits les plus médiocres sont capables de les comprendre. Celui qui établit de telles institutions plante des arbres sous l'ombrage desquels on vit plus heureux qu'à l'ombre de ceux-ci. Art de la Guerre, I.
Bien des gens ont soutenu et soutiennent qu'il n'est choses qui se conviennent moins l'une à l'autre ni si dissemblables que la vie militaire et la civile. De là, fort souvent, si quelqu'un se propose d'entrer dans la carrière des armes, le voit-on tout soudain changer non seulement d'habit, mais dans ses mœurs, dans ses façons d'être, dans sa voix et dans son maintien, s'écarter de tout civil usage ; car il ne pense pouvoir porter un habit civil, celui
dispregiare la povertà, stimare i modi e gli ordini délia disciplina militare, costringere i cittadini ad amare V uno 1' altro, a vivere senza sette, a stimare meno il privato che il pubblico, ed altre simili cose, che facilmente si potrebbono con questi tempi accompagnare. I quali modi non sono difficili a persuadere, quando vi si pensa assai, ed entrasi per li debiti mezzi perché in essi appare tanto la verità, che ogni comunale ingegno ne puote essere capace. La quale cosa chi ordina, planta arbori, sotto 1' ombra de' quali si dimora più felice e più lieto, che sotto qiiesta. Arte délia Guerra, I.
Hanno molti tenuto e tengono questa opinione, che e' non sia cosa alcuna che minore convenienza abbia con un altra, ne che sia tanto dissimile, quanto la \ita civile dalla militare. Donde si vede spesso, se alcuno disegna nello esercizio del prevalersi, che subito non solamente cangia abito, ma ancora ne' costumi, nelle usanze, nella voce, e nella presenza da ogni civile uso si disforma : perché non crede potere vestire uno abito civile colui che vuole essere espedito