IX. IMITATION DE L'ANTIQUITÉ
qui veut être agile et prompt à toute violence, ni ne peut garder les mœurs et usages civils celui qui juge les mœurs efféminées et ces usages le devoir gêner dans ses opérations. Celui qui veut épouvanter les autres hommes avec sa barbe et ses jurements estime qu'il ne lui sied point de conserver le maintien et langage ordinaires. C'est pourquoi de nos jours, cette opinion se justifie pleinement.
Mais si l'on considérait les antiques institutions, l'on ne trouverait choses plus unies, plus conformes et qui par nécessité ne se dussent tant aimer l'une l'autre que ces deux. En effet tous les arts institués dans une civilisation en vue du bien de la communauté, toutes les institutions, fondées pour vivre dans la crainte des lois et de Dieu, seraient inutiles s'ils n'avaient pris soin d'assurer leurs propres défenses ; et celles-ci, bien ordonnées, soutiennent ceux-là, fussent-ils mal ordonnés. Au contraire, les bonnes institutions, sans l'aide militaire, se désagrègent ni plus ni moins que feraient les demeures d'un palais superbe et royal, bien qu'ornées d'or et de gemmes, à ciel ouvert, sans rien qui les défendît de la pluie. Et si dans toutes les classes
e pronto ad ogni violenza : ne i civili costumi ed usanze puote avère quello il quale giudica e quelli costumi essere effeminati, e quelle usanze non favorevoli aile sue operazioni : ne pare conveniente mantenere la presenza e le parole ordinarie a quello che con la barba e con le bestemmie vuole fare paura agli altri uomini ; il che fa in questi tempi taie opinione essere verissima. Ma se si considerassono gli antichi ordini, non si troverebbono cose più unité, più conformi, e che di nécessita tanto r una amasse V altra, quanto queste : perché tutte 1' arti, che si ordinano in una civiltà per cagione del bene comune degli uomini, tutti gli ordini fatti in quella per vivere con timoré délie leggi e d' Iddio, sarebbono \ani, se non fussono preparate le difese loro, le quali bene ordinate, mantengono quegli, ancora che non bene ordinati. E cosî, per il contrario, i buoni ordini, senza il militare aiuto, non altrlmento si disordinano che le abitazioni d' uno superbo e regale palazzo, ancora che ornate di gemme e d' oro, quando senza essere coperte
des cités et royaumes l'on était d'une extrême diligence pour maintenir les hommes loyaux, pacifiques, remplis de la crainte de Dieu, dans la milice on redoublait de soin. En effet, de quel homme la patrie doit-elle exiger plus de loyauté, sinon de celui qui promet de mourir pour elle ? Lequel doit aimer la paix d'un plus grand amour, sinon celui que la guerre seule peut faire souffrir ? Lequel doit avoir plus la crainte de Dieu, sinon celui qui, s'exposant tous les jours à mille dangers, a le plus besoin des secours du ciel ? Cette nécessité reconnue et de ceux qui donnaient les lois aux empires et de ceux qui étaient préposés aux exercices militaires, rendait la manière de vivre des soldats digne de louange aux yeux des autres hommes, qui s'efforçaient de la suivre et de l'imiter. Mais les institutions militaires s'étant entièrement, corrompues, et si fort éloignées des antiques traditions, il en est résulté ces mauvaises opinions qui font détester la milice et fuir la conversation de ceux qui s'y exercent. Et, jugeant, d'après ce que j'ai lu et observé, qu'il n'est pas impossible de la ramener aux antiques traditions ni de lui rendre quelque apparence de
non avessono cosa che dalla pioggia le difendesse. E se in qualunque altro ordine délie cittadi e de' regni si usava ogni diligenza per mantenere gli uomini fedeli, pacifici e pieni del timoré d' Iddio, nella milizia si raddoppiava : perché, in quale uomo debbe ricercare la patria maggiore fede, che in colui che le ha a promettere di morire per lei ? In quale debbe essere più amore di pace, che in quello che solo dalla guerra puote essere offcso ? In quale debbe essere più timoré d' Iddio, che in colui che ogni di, sottomettendosi ad infiniti pericoli, ha più bisogno degli aiuti suoi ? Questa nécessita considerata benc, e da coloro che davano le leggi agi' imperi, e da quelli che agli esercizi militari erano preposti, faceva che la vita de' soldati dagli altri uomini era lodata, e con ogni studio seguitata ed imitata. Ma per essere gh ordini militari al tutto corrotti, e di gran lunga dagli antichi modi separati, ne sono nate questc sinistre opinioni. che fanno odiare la milizia, e luggire la conversazione di coloro che la esercitano. E giudicando io, per quello che io ho veduto e letto, ch' e' non sia impossibile ridurre quella negli antichi modi, e renderle qualche
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sa valeur passée, j'ai décidé, pour ne pas rester oisif, d'écrire à l'usage des amateurs des actions antiques, ce que j'entends de l'Art de la Guerre.
Art de la Guerre. Dédicace.
forma délia passata virtù, délibérai, per^non passare|questi miel oziosi tempi senza operare alcuna cosa, di scrivere, a soddisfazione di quelli che délie antiche azioni sono amatori. délia arte délia guerra quelle che io ne intenda.
Arte délia Guerra, Dedica.