‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 4 sur 175 · LA DESTINÉE · texte numérisé non relu

LA DESTINÉE

La fortune aveugle les hommes lorsqu'elle ne veut pas qu'ils s'opposent à ses desseins.

Si l'on considère attentivement la marche des choses humaines, on verra surgir une foule d'accidents auxquels le ciel n'a pas voulu que l'on pourvût. Et si ce que j'avance advint à Rome où il y avait tant de valeur, tant de religion et tant de discipline, faut-il s'émerveiller de le voir advenir bien plus souvent encore en une cité ou province où manquent les dites vertus?

Et comme ce fait prouve avec évidence le pouvoir du ciel sur les choses humaines, Tite-Live le démontre abondamment et avec paroles très efficaces.

« Le ciel, dit-il, voulant à quelque fin faire connaître sa puissance aux Romains, frappa d'abord d'aveuglement les Fabius envoyés aux Gaulois comme ambas-

La foriuna arcieca gli animi deqli uomini, qiiando la non vuole che qiielli si opponghino a' disegni suoi.

Se e' si considerrà bene corne proredono le cose umane, si vedrà moite volte nascere cose e venire nccidenti a' quali i cieli ni tutto non hanno voluto che si provvegga. E qunndo questo cW io dico intervenne a Roma. dove era tanta virtù, tanta relif^ione e tanto ordinc ; non è meravialia che gli intervenga molto più spesso in una citt;"» o in una provincia che manchi délie cose sopradette. E perché qiiesfo luogo è notabile assai a dimostrare la potenza del cielo sopra le cose umane, Tito I ivio largamente e con parole cfficacissime lo dimostra ; dicendo comc, volendo il cielo a qualchc fine, che i Romani conoscessono la potenza sua, fece prima errare quelli Fabi che andarono oralori a' Franciosi, c medianle 1' opéra loro

Page 1