‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 5 sur 175 · II. LA DESTINÉE · texte numérisé non relu

II. LA DESTINÉE

sadeurs, et par leur conduite amena ceux-ci à porter la guerre contre Rome ; ensuite, il voulut que Rome, pour réprimer cette guerre, ne fît aucune chose digne du peuple romain, ordonnant tout d'abord que Camille, qui eût pu être le seul et unique réconfort en un si gi'and malheur, fût envoyé en exil à Ardée. Puis, lorsque les Gaulois s'avancèrent vers Rome, ceux-là même qui, pour arrêter l'invasion des Volsques et la haine des autres peuples voisins, avaient à tant de reprises créé un dictateur, n'en créèrent aucun à l'approche des Gaulois. De plus, lorsqu'il fallut lever des troupes, ils le firent mollement et sans aucune diligence particulière. Et ils furent si paresseux à prendre les armes qu'à peine purent-ils joindre les Gaulois sur les bords de l'Allia, qui n'est éloignée de Rome que de deux milles. C'est là que les tribuns posèrent leur camp, sans y apporter les précautions les plus ordinaires, n'examinant point d'abord le terrain, ne s'entourant ni de fossés ni de palissades, n'usant enfin d'aucune défense humaine ou divine. Dans les dispositions de la bataille, ils firent les rangs rares et faibles, de sorte que ni capitaines ni soldats ne firent nulle chose digne de la discipline romaine. On combattit sans que le

gli concitô a far guerra a Roma : dipoi ordinô, che per reprimere quella guerra, non si facesse in Roma cosa alcuna degna del Popolo romano ; avcndo prima ordinato che Camillo, il quale poteva essere solo unico rimedio a tanto maie, fusse mandate in esilio ad Ardea : dipoi venendo i Franciosi verso Roma. coloro che per rimediare allô impeto de' Volsci, ed altri finitimi loro inimici, avevano creato moite volte un Dittatore, venendo i Franciosi non lo crearono. Ancora nel fare la elezione de' soldati, la feciono debole. e senza alcuna istraordinaria diligenza ; c furono tanto pigri a pigliare 1' arme che a fatica furono a tempo a scontrnre i Franciosi sopra il fiume d' Allia, discosto a Roma dieci miglia. Qui i Tribuni posero il loro campo, senza alcuna consueta diligenza ; non provvedendo il luogo prima, non si circondando con fossa e con steccato, non usando alcuno rimedio umano o divino ; e nello ordinare la zuffa, fecero gli ordini rari e deboli : in modo che ne i soldati ne i capitani fecero cosa degna délia

sang coulât, car, avant même d'avoir été assaillie, l'armée entière prit la fuite; la majeure partie s'en fut à Véies, les autres se replièrent sur Rome, lesquels, sans même entrer en leurs demeures, se réfugièrent au Capitole ; de sorte que le Sénat, sans songer à défendre Rome, n'en fit pas seulement fermer les portes ; une partie des sénateurs s'enfuit, et les autres se réfugièrent eux aussi au Capitole. Néanmoins, pour la défense de cette citadelle, prirent-ils quelques précautions et mesures qui se sentaient moins du désordre général ; en effet, ils refusèrent d'y admettre des troupes inutiles, et y recueillirent tous les vivres qu'ils purent trouver, afin de pouvoir supporter un siège. Quant à la foule embarrassante des vieillards, des femmes et des enfants, le plus grand nombre chercha un asile dans les cités environnantes et le reste demeura dans Rome où il devint la proie des Gaulois. Aussi quiconque ayant lu les grandes actions accomplies par ce peuple pendant tant d'années auparavant, et qui lirait ensuite l'histoire de ces temps, ne pourrait croire en aucune manière, qu'il s'agît d'un seul et même peuple. »

Après avoir achevé le tableau de tous ces désordres, Tite-Live conclut en disant : « Adeo obcaecai

romana disciplina. Gombattéssi poi senza alcuno sangue ; perché e' fuggirono prima che fussino assaltati, e la maggior parte se ne andô a Veio, 1' altra si ritirô a Roma ; i quali senza entrare allrimenti nelle case loro, se ne entrarono in Campidoglio, in modo che il Senato, senza pensaie di difender Roma, non chiuse, non che altro, le porte ; c parte se ne fuggi. parte con gli altri se ne entrarono in Campidoglio. Pure, nel difender quello usarono qualche ordine non tumultuario : perché e' non lo aggravaronô di genti inutili ; messonvi tutti i frumenti che pctcrono, acciocchè prtessino sopportare r ossidione ; e délia turba inutile de" vecchi e délie donne e de' fanciulli, la maggior parte se ne fuggi nclla terre circunvicine, il rimanente restô in Roma in preda de Franciosi. Talchè, chi avesse letto le cosc fatte da quel popolo tanti anni innanzi, e leggesse dipoi quelli tempi, non potrebbe a nessun modo credere che fusse stato un medesimo popolo. E detto che Tito Livio ha tutti i sopraddetti disordini, conchiude dicendo : Adeo obcaecai animos fortuna, ciim vim suam ingruenlem re-

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