‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 49 sur 175 · XI. LES GOUVERNEMENTS · texte numérisé non relu

XI. LES GOUVERNEMENTS

se réunirent, et, afin de se mieux défendre, ils commencèrent à respecter celui d'entre eux qui était le plus robuste et le plus courageux. Ils en firent leur chef et lui obéirent. De là résulta la connaissance de ce qui est honnête et utile, en opposition avec ce qui est pernicieux et coupable. En effet, on s'aperçut que celui qui nuisait à son bienfaiteur suscitait parmi les hommes la haine et la compassion. Ils détestèrent les ingrats, honorèrent ceux qui se montraient reconnaissants et, craignant d'éprouver à leur tour les mêmes injures qui avaient été faites à d'autres, pour se protéger contre tel malheur, ils s'avisèrent d'établir des lois, et d'infliger des punitions à ceux qui les transgresseraient. Telles furent les premières notions de la justice.

Alors, quand il fut question d'élire un prince, on cessa d'aller à la recherche du plus courageux, on choisit le plus sage et le plus juste. Mais le prince venant ensuite à régner par droit de succesion, et non plus par élection, bientôt les héritiers dégénérèrent de leurs ancêtres ; négligeant les œuvres louables et valeureuses, il leur sembla qu'ils n'avaient autre chose à faire que surpasser les autres en luxe,

meglio difendere, cominciorno a riguardare fra loro quello che fusse più robusto e di maggiore cuore, e fecionlo corne capo, e lo obedivano. Da questo nacque la cognizione délie cose oneste et buone, differenti dalle pernizlose : perché, veggendo che se uno noceva al suo benefattore, ne veniva odlo e compassione intra gli uomini, biasimando li ingrati ed onorando quelli che fossero grati, e pensando ancora che quelle medesime ingiurie potevano esser fatte a loro ; per fuggire simiie maie, si riducevano a fare leggi, ordinare punizloni a chi contra facesst : donde venue la cognizione délia giustizia. La quai cosa faceva che avendo dipoi ad eleggerc un principe, non andavano dietro al più gagliardo, ma a quello che fossi più prudente e più giusto. Ma corne dipoi si cominciô a far il principe per successione, e non per elezione, suLito cominciorno li eredi a degenerare dai loro antichi ; e lasciando r opère virtuose, pensavano che i principi non avesser( a fare altro che superare li altri di sontuosità e ci lascivia e d' ogni

en mollesse et en tout genre de voluptés. Dès lors le prince commença à exciter la haine ; la haine l'environna de terreur, puis, passant de la crainte à Toffense, la tyrannie ne tarda pas à surgir.

Telles furent les causes de la chute des princes ; alors s'ourdirent contre eux les conjurations et complots, non point d'hommes faibles et timides, mais conduits par ceux qui surpassaient tous les autres en générosité, grandeur d'âme, richesse et naissance, et qui ne pouvaient supporter la vie déshonnête d'un tel prince.

La multitude, entraînée par l'exemple et l'autorité des grands, s'armait contre le prince et celui-ci, détruit, leur obéissait comme à ses libérateurs. Et ceux-ci, haïssant jusqu'au nom du chef unique, organisaient entre eux un gouvernement ; à l'origine, retenus par le souvenir de la précédente tyrannie, ils conformaient leur conduite aux lois qu'ils avaient données ; préférant le bien public à leur propre avantage, ils gouvernaient diligemment les intérêts généraux et particuliers, et veillaient avec le plus grand soin à leur conservation. Lorsque cette administration passa aux mains de leurs fils, lesquels ne connaissaient point les changements de fortune et

altra qualità deliziosa : in modo che, cominciando il principe ad essere odiato, e per taie odio a tem^re, e passando tcsto dal timoré ail' offese, ne nasceva presto una tirannide. Da questo nacquero appresso i principi délie rovine, e délie conspirazioni e congiure contro i principi ; non fatte da coloro che fussero o timidi o deboli. ma da coloro che per generosità. grandezza d' animo, ricchezza e nobiltà, avanzavano gli altri ; i quali non potevano sopportare la inonesta vita di quel principe. La moltitudine, adunque, seguendo 1' autorità di questi potenti, si armava contra al principe, e quello spento, ubbidiva loro corne a suoi Uberatori. E quelli, avendo in odio il nome d' uno solo capo, const«tuivano di loro medes'imi un governo ; e nel principio, avendo rispetto alla passata tirannide si governavano secondo le leggi ordinate da loro, posponendo ogni loro comodo alla comune utilità ; e le cose private e le pubbliche con somma diligenzia governavano e conservavano. Venuta dipoi questa amministrazione ai loro figliuoli, i quaU, non conoscendo la variazione délia fortuna, non avendo mai

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