XI. LES GOUVERNEMENTS
qu'aucun malheur n'avait éprouvés, ils ne voulurent point se contenter de l'égalité civile, mais, s'abandonnant à l'avarice et à l'ambition, ravissant les femmes à leurs époux, ils changèrent le gouvernement qui jusqu'alors avait été aristocratique, en une oligarchie qui ne respecta plus aucun droit. Si bien qu'en peu de temps ils éprouvèrent le même sort que le tyran : car la multitude, fatiguée de leur domination, se fit ministre de quiconque voulait nuire à ceux qui la gouvernaient ; et il ne tarda pas à s'élever un homme qui, avec l'aide du peuple, parvint à les exterminer. La mémoire du prince et de ses outrages vivant encore, et l'oligarchie venant à peine d'être détruite, comme on ne voulait à aucun prix rétablir le pouvoir d'un seul, on se tourna vers le gouvernement populaire, et on l'organisa de telle façon que ni le petit nombre des grands, ni aucun prince n'y eussent aucune autorité. Comme tous les gouvernements ont quelque prestige à l'origine, le gouvernement populaire se maintint d'abord, mais peu de temps, surtout lorsque la génération qui l'avait établi fut éteinte. Car on en arriva bientôt à l'anarchie, où Ton ne craignit plus ni les simples citoyens ni les magistrats, de sorte que
provato il maie, e non volendo stare content! alla civile equalità, ma rivoltisi alla avarizia, alla ambizione, alla usurpazione délie donne, feciono che d' uno governo d' ottimati diventassi un governo di pochi, senza avère rispetto ad alcuna civiltà : tal che in brève tempo intervenne loro corne al tiranno ; perché infastidita da' loro govemi la moltitudine, si fe ministra di qualunque disegnassi in alcun modo offendere quelli governatori ; e cosi si levô presto alcuno che, con 1' aiuto délia moltitudine, li spense. Ed essendo ancora fresca la memoria del principe e délie ingiurie ricevute da quello, avendo disfatto lo stato de' pochi e non volendo rifare quel del principe si volsero allô stato popolare ; e quello ordinarono in modo, che ne i pochi potenti, ne uno principe vi avesse alcuna autorité. E perché tutti gli stati nel principio hanno qualche reverenza, si mantenne questo stato popolare un poco, ma non molto, massime spenta che fu quella generazione che 1' aveva ordinato ; perché subito si venne alla licenzia, dove non si temevano ne li uomini privati né i pubblici ; di qualité che vivendo
chacun vivant à son caprice, il se produisait chaque jour mille vexations, tant que, contraints par la nécessité, ou éclairés par les conseils d'un homme sage ou encore pour sortir de cette anarchie, on en revint à l'empire d'un seul, d'où l'on retomba, de chute en chute, de la même manière et par les mêmes causes, dans l'anarchie.
Tel est le cercle dans lequel tournent tous les états qui ont existé ou existent encore. Mais il est rare qu'on revienne à la même forme de gouvernement, parce que nul état n'a assez de vitalité pour pouvoir passer plusieurs fois par les mêmes bouleversements et rester debout.
Discours, I, 2.
Nul état ne peut être fondé quelque peu stable s'il n'est ou franche monarchie ou franche république. Toute forme intermédiaire de gouvernement est défectueuse. La raison en est des plus évidentes : la monarchie n'a qu'une route à suivre pour marcher à sa destruction, qui est de descendre vers la république; de même la république ne peut marcher à sa destruction qu'en montant vers la monarchie. Les états intermédiaires ont deux routes, puisqu'ils
ciascuno a suo modo, si facevano ogni di mille ingiurie : talchè I costretti per nécessita, o per suggestione d' alcuno buoiio uomo, o per fuggire taie licenzia, si ritorna di nuovo al prin-i cipato ; e da quello, di grado in grado, si riviene verso la licenzia ne' modi e per le cagioni dette. E questo è il cerchio nel quale girando tutte le repubbliche si sono governate e si governano : ma rade volte ritornano ne' governi medesimi ; perché quasi nessuna repubblica puô essere di tanta vita, che possa passare moite per queste mutazioni. e rimanere in piede.
Discorsi, I, 2.
... nessuno Stato si puô ordinare che sia stabile, se non è o vero principato o vera repubblica ; perché tutti i governi posti in tra questi dua sono defettlvi. La ragione è chiarissima perché il principato ha solo una via alla sua resoluzione, la quale è scendere verso la repubblica ; e cosi la repubblica ha solo una via da resolversl, la quale è salire verso il principato. i Gli Stati di mezzo hanno due vie, potendo salire verso il