‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 6 sur 175 · II. LA DESTINÉE · texte numérisé non relu

II. LA DESTINÉE

animos fortuna cum vim suam ingruentem rejringi non viilt » ; et rien n'est plus vrai que cette conclusion. Il s'ensuit de là que les hommes dont la vie se passe dans les grandes adversités ou prospérités, méritent généralement moins de louange et moins de blâme. En effet, la plupart du temps on pourra prouver qu'il sont arrivés à une telle ruine ou grandeur par une voie que le ciel leur a rendue facile, en leur donnant ou ôtant l'occasion de pouvoir opérer valeureusement. Quand la fortune choisit un homme pour lui faire exécuter de grandes choses, elle le prend d'un génie assez vaste et d'une valeur assez grande pour qu'il connaisse les occasions qu'elle lui offre. Semblablement, lorsqu'elle veut accomplir de grandes ruines, elle y prépose des insensés qui aident eux-mêmes à telle ruine. Et s'il se rencontre un homme capable de mettre obstacle à ses desseins, ou bien elle le tue, ou bien elle lui enlève la faculté de pouvoir opérer le moindre bien.

On voit avec évidence par le texte que j'ai cité que la fortune, pour affermir la puissance de Rome et la conduire à la grandeur où elle est parvenue, jugea nécessaire de la châtier (comme je le développerai au long dans le commencement du suivant

fringi non vuU. Ne puô essere più vera questa conclusione : onde gli uomini che vivono ordinariamente nelle grandi avversità o prosperità, meritano manco lande o manco biasimo. Perché il più délie volte si vedrà quelli ad una rovina e ad una grandezza esser stati condotti da una comodità grande che gli hanno fatto i cieli, dandogli occasione, o togliendoli di potere operare virtuosamente. Fa bene la fortuna questo, che la elegge uno uomo, quando la voglia condurre cose grandi, di tanto spirito e di tanta virtù, che e' conosca quelle occasioni che la gli porge. Cosi medesimamente, quando la voglia condurre grandi rovine, la vi prepone uomini che aiutino quella rovina. E se alcuno fusse che vi potesse ostare, o la lo ammazza, o la lo priva di tutte le facultà da potere operare alcun bene. Conoscesi questo benissimo per questo testo, coniv la fortuna per far maggiore Roma, e condurla a quella grandezza venne, giudicô fusse necessario batterla (corne a lungo nel principio del seguente libre discorreremo), ma non

livre), mais ne voulut pas la ruiner entièrement. Aussi la voit-on, dans cette circonstance, exiler Camille, mais épargner sa vie, faire prendre Rome mais non le Capitole ; obliger les Romains à oublier toutes les mesures nécessaires pour fortifier la ville mais, pour préserver le Capitole, à n'en négliger aucune. Elle fit en sorte, pour que Rome fût prise, que la plus grande partie des soldats fussent mis en déroute au bord de l'Allia, et que les autres se réfugiassent à Véies. Et ainsi elle ferma toutes les voies à ce que Rome fût défendue. Et en décidant tout cela, elle prépara toute chose pour que Rome fût relevée ; en conduisant une armée romaine entière à Véies et Camille à Ardée, de manière à ce qu'elle pût ensuite se réunir sous le commandement d'un chef que nulle défaite n'eût déshonoré et dont la réputation fût intacte, pour reconquérir la patrie. Je pourrais appuyer ce qui vient d'hêtre dit par quelques exemples modernes, mais comme je ne les juge point nécessaires, celui que j'ai cité pouvant suffire à chacun, je les laisserai de côté. Se lement, j'affirme de nouveau, selon ce qui se voit dans toutes les histoires, que les hommes peuvent bien seconder la

vollej^ià in tutto rovinarla. E per questo si vede che la fece esulare, e non morire, Cammillo ; fece pigliare Roma, e non il Campldof^lio ; ordinô che i Romani, per riparare Roma, non pensassino alcuna cosa biiona : per difendere il Campido.alio, non mancarono di aicuno buono ordine. Fece, percliè Roma fusse presa, clie la maggior parte de' soldati che furono rotti ad Allia, se n'andarono a Veio ; e cosi, per la difesa délia città di Roma, tagliù tutte le vie. E nell' ordinar questo, préparé ogni cosa alla sua ricuperazione ; avendo condotto uno esercito romano intero a Veio, e Cammillo ad Ardea, da peter fare grossa testa, sotto un capitano non maculato d'alcuna ignominia per la perdita, ed intero nella sua riputazione, per la ricuperazione délia patria sua. Sarebheri da addurre in confirmazione délie cose dette qualche essempio moderno; ma per non gli giudicare necessari, potendo questo a qualunque satisfare, gli lascerô indietro. Afiermo hene di nuovo, questo essere verissimo, secondo che per tutte l'istorie si vede, che gli uomini possono secoudare la fortuna e non opporsegli ;

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