‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 51 sur 175 · XI. LES GOUVERNEMENTS · texte numérisé non relu

XI. LES GOUVERNEMENTS

peuvent monter vers la monarchie et descendre vers la république ; d'où résulte leur instabilité. Sur le moyen de réformer le gouvernement de Florence.

On ne peut appeler stable une monarchie où les choses se font par la volonté d'un seul, et se décident avec le consentement de plusieurs ; et Ton ne peut croire durable une république où l'on ne satisfait pas à ces désirs, sans la satisfaction desquels les républiques se perdent.

Sur le moyen de réformer le gouvernement de Florence.

Qui voudrait de notre temps créer un état trouverait plus de facilité à le faire parmi les hommes des montagnes, où la civilisation n'existe pas encore, que parmi ceux des villes, où la civilisation est déjà corrompue. Ainsi un sculpteur tirera plus facilement une belle statue d'un bloc informe que d'un marbre ébauché par une main malhabile.

Discours, I, 11.

Un des moyens pour faire durer un gouvernement nouveau, c'est de tenir les esprits en suspens et irrésolus, et pour cela, les tenir tellement dans l'attente

principato, e scendere verso la reppublica : donde nasce la ioro instabilità.

Sul modo di riformar lo stato di Firenze.

... non si puô chiamar quel principato stabile, dove le cose si fanno secondo che vuole uno, e si deliberano con il consenso di molti ; ne si puô credere, quella repubblica esser per durare, dove non si satisfà a quelli umori, a' quali non si satisfacendo, le repubbliche rovinano.

Sul modo di riformar lo stalo di Firenze.

E senza dubbio, chi volesse ne' présent! tempi fare una repubblica, più facilita troverebbe negli uomlni montanari, dove non è alcuna civiltà, che in quelli che sono usi a vivere nelle città, dove la civiltà è corrotta : ed uno scultore trarrà più facilmente una bella statua d' uno marmo rozzo, che d' uno maie abbozzato d' altrui. Discorsi, I, 11.

... uno de' modi con che li stati nuovi si tengono, et li animi dubii 0 si fermano o si tengono sospesi et irresoluti, è dare di

de ce qu'on va faire, que les hommes aient sans cesse l'esprit tendu et occupé à se demander quelles fins auraient les tentatives ou entreprises nouvelles.

LetL fam., 264-65.

Examinez, je vous prie, les choses humaines, comme le crédit et la puissance, principalement des républiques, et voyez comme elles s'accroissent. Vous constaterez alors qu'en premier lieu il suffit aux hommes de se pouvoir défendre eux-mêmes et n'être point dominés par d'autres ; et que de là on s'élève ensuite à attaquer les autres et à les vouloir dominer.

LeiL fam., 277.

Toute cité, tout état doit regarder comme ennemis tous ceux qui peuvent espérer de s'emparer de ce qui lui appartient, et contre lesquels il lui est impossible de se défendre. Jamais monarchie ni république sage n'a voulu que ses états fussent à la discrétion d'autrui ou n'a cru qu'en les y mettant, elle pourrait en garder la possession.

Discours à la Balia de Florence.

Toutes les cités qui, en n'importe quel temps, furent gouvernées, soit par un prince absolu, soit

se grande espettazione, tenendo sempre li uomini sollevati con r animo, nel considerare che fine habbino ad avère i partiti et le imprese nuove. Lett. fam., 264-65.

... vi prego che voi consideriate le cose degl' uomini corne d'esser creduto et le potenze del monde, et massime délie repubbliche, corne le creschino ; et vedrete come agi' uomini prima basta poter difendere se medesimi et non esser dominati da altri ; da questo si sale poi a offendere altri et a voler dominare altri. Lett. fam., 277.

... ogni città, ogni Stato debbe riputare inimici tutti colore che possono sperare si poterie occupare il suo, e da chi lei non si puô difendere. Ne fu mai ne signoria ne repubblica savia, che volessi tenere lo Stato suo a uiscrezione d'altrj o che, tenendolo, gliene paressi aver sicuro.

Discorso alla Balia di Firenze.

Tutte le città le quali mai per alcun tempo si sono governate per principe soluto, per ottimati o per popolo, come

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