‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 52 sur 175 · XI. LES GOUVERNEMENTS · texte numérisé non relu

XI. LES GOUVERNEMENTS

par des grands, soit par le peuple, comme l'est la nôtre, ont employé pour se défendre la force unie à la prudence. La seconde ne suffit point lorsqu'elle est seule, et la première non plus ne peut amener les choses à leur point ou, si elle les y amène, elle ne saurait les y maintenir.

La force et la prudence sont donc le nerf de toutes les dominations qui furent ou qui seront jamais dans le monde ; et quiconque a observé les révolutions des royaumes, la ruine des pays et des cités, ne les a jamais vues provenir d'autres causes que du manque d'armes ou de sagesse.

Discours à la Balia de Florence.

Dans les changements qu'ils traversent, les pays, le plus souvent, passent de l'ordre au désordre, et puis repassent du désordre à l'ordre ; car les choses de ce monde n'ayant pas le loisir de s'arrêter jamais, à peine arrivées à leur plus haut degré de perfection, comme elles ne peuvent plus s'élever, il leur faut nécessairement descendre. De même lorsqu'elles déclinent et que les désordres les ont amenées à leur dernier degré d'abaissement, ne pouvant descendre plus bas, il faut nécessairement qu'elles se relèvent.

si governa questa. hanno avuto per difensione loro le forze mescolate colla prudenza ; perché questa non basta sola ; e quelle o non conducono le cose, o condotte, non le mantengono. Sono, dunque, queste due cose il neno di tutte le signorie che furno o che saranno mai al mondo : e chi ha osserv'ato le mutazioni de' regni, le ruine délie provincie e délie città, non le ha vedute causare da altro, che dal mancamente délie armi o dcl senno.

Discorso alla Balia di Firenze.

Sogliono le provincie, il più délie volte, nel variare che le fann.>, dall' ordine venire al disordine, e di nuovo dij^oi dal disordine ail' ordine trapassare ; perché non essendo dalla natura conceduto aile mondane cose il fermarsi, corne elle arrivano alla loro ultima perfezione, non avendo più da salire, con\iene che scendino ; e similmente scese che le sonu, e per gli disordini ail' ultima bass'zza pervenute. di nécessita, non potendo più scendere. conviene che salghino : e cosi sempre

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Ainsi l'on descend toujours du bien dans le mal, et l'on remonte du mal au bien. La valeur, en effet, enfante le repos ; le repos, l'oisiveté ; l'oisiveté, le désordre, et le désordre la ruine ; semblablement, de la ruine naît l'ordre, de l'ordre la vertu, et de celle-ci, gloire et prospérité. Les hommes sages ont aussi remarqué que les lettres viennent à la suite des armes, et que dans tous les pays et toutes les cités les capitaines naissent avant les philosophes. Lorsque le courage et la bonne discipline d'une armée ont produit la victoire, et la victoire la paix, la force de ces âmes belliqueuses ne se peut laisser amollir par une oisiveté plus honorable que celle des lettres, et l'oisiveté ne se peut glisser dans les cités bien ordonnées par un plus insidieux artifice. Caton l'avait fort justement discerné, lorsque vinrent à Rome les philosophes Diogène et Carnéade que les Athéniens avaient envoyés au Sénat comme ambassadeurs ; alors, s'apercevant que la jeunesse de Rome commençait à les suivre avec admiration, et prévoyant tout le mal que cette honorable oisiveté préparait à sa patrie, il fit défendre qu'à l'avenir aucun philosophe pût être reçu dans Rome. C'est donc à de telles causes qu'il faut imputer la

dal bene si scenf^e al maie, e dal maie si sale al bene. Perché la virtù partorisce quiète, la qiiiete ozio, 1' ozio disordinc, il disordine rovina ; e similmente dalla rovina nasce 1' ordine, dair ordine virtù, da questa, gloria e buona fortuna. Onde si è da' prudenti osservato, corne le lettere vengono dietro air armi ; e che nelle provincie e nelle città prima i capitani che i filosofi nascono. Perché avendo le buone ed ordinate armi partorito vittorie, e le vitttrie quiète, noii si puô la fortezza degli armali ammi con più onest j ozio, che non qucllo délie lettere, corrompere ; ne puô 1' ozio con mnggiore e più pericoloso inganno, che con questo. nelle città bene instituite entrare. Il che fuda Catone, quando in Roma Diogene e Carnéade, filosofi mandati da Atene oratori al Senato, vennero, otlimamente conosciuto ; il quale vcggendo corne la gioventù romana cominciava con ammirazione a seguitargli, e conoscendo il maie che da quello onesto ozio alla sua patria ne poteva risultare, provvide che niuno filosofo potesse cssere in Roma ricevuto. Vengono pertanto le provincie per questi

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