XI. LES GOUVERNEMENTS
fait leurs preuves. De là vient que tous ceux qui sont hostiles aux institutions nouvelles, toutes les fois qu'ils trouvent l'occasion de les attaquer, le font avec partialité, et que les autres les défendent mollement, en sorte qu'il ne fait point bon combattre avec eux.
Aussi, afin de bien raisonner sur ce sujet, faut-il examiner si les innovateurs sont puissants par euxmêmes ou s'ils dépendent d'autrui ; c'est-à-dire, si pour conduire leur entreprise, ils en sont réduits à solliciter ou s'ils ont les moyens de contraindre.
Dans le premier cas, il leur arrive toujours malheur, et ils ne viennent à bout de rien ; mais lorsqu'ils ne dépendent que d'eux-mêmes, et qu'ils sont en état d'exercer la contrainte, alors il est bien rare qu'on les voie succomber. C'est pour cela que tous les prophètes armés triomphèrent, et que les désarmés ont fini malheureusement. Or, outre to it ce que je viens de dire, les peuples sont d'un naturel inconstant, et s'il est aisé de leur persuader quelque chose, il est malaisé de les affermir dans cette persuasion. Il faut donc être en mesure, lorsqu'ils ne croient plus, de les faire croire par force.
Prince, VI.
non ne vefïfîono natc\ espenanzn ferma. Dnnde nasce che qnalunque voltn qiielli che sono nimici hanno occasione d'assaltare. !o fanno par/.ialmente : e quelli altri clifendono tcpidamente in modochè insiemc con loro si périclita. E nercssario pertanto. vnlendo discorrere bene questa parte, esaminare se qupsti innovatori stanno per lor medesimi. o se dependano da altri : cioè. se per condurre 1' opéra loro bisogna che preghino, ovvero possono forzare. Nel primo caso, capitan sempre maie, e non conducono cosa alcuna ; ma quando dependono da loro proprl. e posson forzare. allora è che rare volte periclitano. Di qui nacque che tutti li profeti armati vinsono. e li disannati rovinarono : perché, oltra le cose dette, la natura de' popoli è varia : ed è facile a pcrsuadere loro una cosa. ma è difficile fermarli in quella persuasione. E perô conviene essere ordinato in modo, che quando non credono più. si possa far loro credere per forza. Principe, VI.
Ce qui plus que toute autre chose renverse les royaumes de leurs sommets les plus élevés, c'est que les puissants ne sont jamais rassasiés de puissance.
De là vient que ceux qui ont perdu sont malcontents, et qu'il s'amasse des humeurs haineuses pour renverser ceux qui restent vainqueurs.
De là vient que l'un s'élève alors que l'autre succombe ; et que celui qui s'est élevé se détruit lui-même par de nouvelles ambitions ou par frayeur.
Cette disposition détruit les f'tats ; et l'on peut s'en étonner d'autant plus que tout le monde connaissant cette faute, nul ne l'évite.
Saint Marc, * impétueux et importun, et se flattant d'avoir toujours le vent en poupe, ne se fit nul souci de travailler à la ruine de tous.
Quel che rovina dal più alti colli
PIù che altro i Régnl, è questo, che 1 potenti Dl lor potenza non son mai satoUi.
Da questo nasce, che son mal contenti Quel ch' han perduto, e che si desta umore Per rovinar quel, clie restan vincenti.
Onde avvien. che 1* un sorge. e 1' altro muore ; E quel ch* è surto. sempremai si strugge Per nuova ambizione. o per timoré.
Questo appctito gli Stati distrupge ; F. tanto è più mirabil che ciascuno Conosce quest' error, nessun lo fugge.
San Marco impetuoso. ed importuno.
Credendosi aver seinpre il vento in poppa, Non si cura di rovinare ognuno ;
' Venise à qui Machiavel en veut d'avoir accru le désarroi de l'Italie.