II. LA DESTINÉE
fortune, mais non s'y opposer ; elle leur permet de travailler à ourdir ses trames, mais non de les rompre. Aussi ne doivent-ils désespérer jamais ; car ne pouvant savoir quelle fin elle se propose, et la fortune cheminant toujours par des voies secrètes et mystérieuses, ils ont toujours lieu d'espérer, et, en espérant, de ne point s'abandonner en quelque fortune et tourment qu'ils se trouvent.
Discours f II, 29.
Regarde combien la fortune, dans une même circonstance, donne aux hommes des fins différentes.
Leit. fam., 193.
Combien la fortune influe sur les choses de ce monde et en quelle mesure on lui peut résister.
Je n'ignore point que plusieurs ont pensé et pensent que les choses humaines sont gouvernées par le hasard et la Providence de Dieu, en telle guise que les hommes, avec toute leur prévoyance, n'y puissent porter aucun changement ni remède. D'où l'on pourrait conclure qu'il est vain de tant
possono tessere gli orditi sxiA, e non rompergli. Debbono bene non si abhandonare mai ; perché non sappiendo il fine suo, ed andando quella per vie traverse ed incognite, hanno sempre a sperare, e sperando non si abhandonare, in qualunque fortuna ed in qualunque travaglio si trovino.
Discorsi, II, 29.
Guarda quanto la fortuna in una medesima faccenda dà agli uomini divers! fini.
Lr.tt. fam., 193.
Quanio possa nelle umane cose la fortuna, e in che modo se gli possa ostare.
Non mi è incognito come molti hanno avuto ed hanno opinione, che le cose del mondo sieno in modo governate dalla fortuna e da Hio, che gli uomini con la prudenza loro non possino corrcggerie, anzi non vi abbino rimedio alcuno ; e per quesLo potreobono giudicare che non fusse da insudare molto nelle cose, ma lasciarsi governare dalla sorte. Questa
se tourmenter sur les choses et qu'il les faut laisser gouverner par le sort. Cette opinion a rencontré plus de créance en notre temps, à cause des grandes variations qui se sont vues et voient chaque jour dans les choses, hors de toute humaine conjecture. Et lorsqu'il m'arrive parfois de penser à cela, je me trouve quelque penchant pour cette opinion.
Néanmoins, comme le libre arbitre n'est pas éteint en nous, j'imagine qu'il peut être vrai que la fortune régisse la moitié de nos actions, mais qu'elle laisse en notre gouverne l'autre moitié ou peu s'en faut. Et je la compare à un fleuve impétueux qui, lorsqu'il se courrouce inonde les plaines, renverse les arbres et les édifices, enlève le terrain de ce côté pour l'emporter vers cet autre. Chacun fuit devant lui, tout cède à sa fureur, rien n'y peut mettre obstacle. Bien qu'il en soit ainsi, il n'en reste pas moins que les hommes, lorsqu'il coule en paix, peuvent se 'prémunir et par digues et par chaussées, en sorte que, venant plus tard à croître, il fût enfermé en un canal, et que, moins libre en ses emportements, il fût aussi moins dommageable.
Ainsi va de la fortune : elle montre sa puissance là où nulle valeur ne s'est préparée à lui résister, et
opinione è suta più creduta ne' nostri tempi, per la variazion grande délie cos.' che si son viste e \eggonsi ogni di. fuor d'ogni umana coniettura. Al che pensando io qualche volta, sono in qualche parte inchinato nella opinione loro. Nondimanco, perché il nostro libero arbitrio non sia spento giudico potere esser vero che la fortuna sia arbitra deila meta dellc azioni nostre, ma che ancora ella ne lasci governare 1' altra meti^, o poco meno, a noi. Ed assomiglio quella ad un fiume rovinoso, che quando e' s' adira, allaga i piani, rovina gli arbori e gli edifici, lieva da questa parte terreno ponendolo a queU'altra ; ciascuno gli fugge davanti, ognuno cède al suo furore, senza potervi ostare ; e benchè sia cosi fatto, non resta perô chp gli uomini. quando sono tempi quieti, non vi possino fare provvedimenti e con ripari e con argini, in modochô crescendo poi, o egli anderebbe per un canale, o r inipeto suo non sarebbe si licenzioso nà si dannoso. Similmente interviene délia fortuna ; la quale dimostra la sua