‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 62 sur 175 · XII. LE PEUPLE · texte numérisé non relu

XII. LE PEUPLE

car c'est en cela seulement que le peuple ne se trompe pas ; ou si du moins il se trompe quelquefois, c'est si rare, qu'un petit nombre d'hommes se tromperaient bien plus souvent si le soin de ces distributions leur était confié. DiscourSj I, 47.

Je vais vous dire une chose qui vous paraîtra insensée, je vais vous soumettre une idée qui vous semblera ou téméraire ou ridicule ; mais nos temps demandent des résolutions audacieuses, inusitées, surprenantes. Vous savez — et quiconque sait un peu raisonner sur les choses de ce monde le sait — combien les peuples sont changeants et déraisonnables. Et pourtant, si mauvais soient-ils, il arrive fort souvent que les choses se font comme elles se doivent faire. Lett. jam. 480.

Le peuple ne veut obéir qu'aux lois, et les grands prétendent commander aux lois mêmes. Il est donc impossible qu'ils s'accordent ensemble.

Histoire, II, 12.

La plèbe : sa nature est de se réjouir du mal.

Histoire, II, 34.

e (IpUc dignit.-^ : perche solo in questo il popolo non si inganna ; e se si inganna qualche volta, fia si raro. che s' inganneranno più volte i pochi uomini che avessino a fare simili distribuzioni. Discorsiy I, 47.

lo dico una cosa vi parrà pazza : metterô un disegno innanzi che vi parrà o temerariô o ridicolo ; nondimeno questi tempi richieggono deiiberazioni audaci, inusitate et strane. Voi sapete et salio ciascuno clie sa ragionare di questo mondo, corne i popoli sono vari et sciocclii : nondimeno. cosifatti corne sono, dicono moite volte che si fa quello che si doverrebbs fare. Lell. fam., 480.

... volendo il popolo vivere secondo le leggi, e i potenti comandare a quelle, non è possibile capino insieme.

SLorie., II, 12.

La plèbe, sua natura è rallegrarsi del maie.

Slorie, II, 34.

Les profondes et naturelles inimitiés qui existent entre les hommes du peuple et les nobles, venant de ce que ceux-ci veulent commander et que ceux-là ne veulent point obéir, sont cause de tous les malheurs qui naissent dans les états ; c'est de cette diversité de sentiments que se nourrissent tous les troubles qui déchirent les républiques.

Histoire, III, 1.

La multitude est toujours plus avide de s'emparer du bien d'autrui que de conserver le sien, et les hommes sont poussés, plus encore par l'espoir de gagner que par la crainte de perdre. Car on ne croit à la perte que lorsqu'on a perdu. Tandis que l'on espère toujours le gain, lors même qu'il est encore éloigné.

Histoire, IV, 18.

Il y a difficulté et péril à servir un peuple sans frein et un état divisé l'un parce qu'il accueille tous les bruits , l'autre parce qu'il punit les actions malheureuses, ne récompense point les bonnes, et accuse celles qui sont douteuses ; si bien que, vainqueur, personne ne vous loue ; et si vous vous trompez.

Le gravi e naturali nimicizie che sono intra gli uomini popolari e i nobili, causale dal volere questi comandare. e quelli non obbidire, sono cagione di tutti i mali che nascono nelle città ; percliè da questa diversità di uomini tutte le altre cose che perturbano le repubbliche prendono il nutrimento loro. Storic. III, 1.

... tanto ô più pronta la moltitudine a occupare quello d' altri, che a guardare il suo ; e tanto sono'^mossi più gli uomini dalla speranza dello acquistare, che dal timoré del perdcre : perché qucsto non è, se non da presso, creduto ; queir altro, ancora che discosto, si spera. Storie, IV, 18.

... difficolt.^ e pericolo era servire ad un popolo sciolto e ad una città divisa ; perché 1' un ogni romnre riempie. 1' altra le cattive opère perseguita, le buonc non premia, e le dubbie accusa ; tantochè vincendo niuno ti loda, errando ognuno

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