‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 64 sur 175 · XII. LE PEUPLE · texte numérisé non relu

XII. LE PEUPLE

qu'un animal qui, bien que de nature sauvage et né dans les bois, aurait été nourri de tout temps en prison et dans l'esclavage, et qui, abandonné à luimême en pleine campagne, par hasard, ne sachant trouver sa pâture, ni une retraite où se réfugier, devient la proie du premier qui cherche à l'enchaîner de nouveau.

Il en arrive ainsi à un peuple qui, s'étant accoutumé à vivre sous le gouvernement d'autrui. ne sachant ni pourvoir à sa défense, ni sauvegarder la chose publique, ne connaissant pas plus les princes qu'il n'est connu d'eux, retombe au bout de peu de temps sous un joug souvent plus lourd que celui dont il venait de se délivrer. Discours, I, 16.

Celui qui entreprend de gouverner la multitude, sous forme de république ou de monarchie, s'il ne s'assure point de ceux qui sont ennemis du nouvel ordre de choses, établit un gouvernement de courte durée. Certes, je considère comme vraiment malheureux les princes qui, ayant la multitude pour ennemis, sont obligés pour affermir leur puissance, d'employer des moyens extraordinaires. En effet, celui qui n'a pour ennemis que le petit nombre s'en assure faci-

il qiiale, ancora che di féroce natura e silvestre. sia stata nucirito sempre in carcere ed in servitù. che dipoi lasciato a sorte in una campngna lil ero, non essendo uso a pascersl, ne sapriendo le lalebre dove si abbia a rifuggire. diventa preda del primo clie cerca rincatenarlo. Questo medesimo interviene ad uno popolo, il quale sendo uso a vivere sotto i governi d' altri non sappiendo ragionare ne délie difese o offese piibliliche, non cognoscendo i principî ne essendo conosti ito da loro, ritorna j^resto sotto un giogo, il quale il più d lie volte è più grave che quello che |>er poco irmnnzi si aveva levato d' in su'l collo. Discorsi. I, 16.

E chi prende a governare una moltitudine, o per via di libert;\ o per via di principato. e non si assicura di coloro che a quell'ordine nuovo sono netniri. fa uno stato di poca vita. Vero è ch' io giiidico infelici quelli principi. che per assicurare lo stato loro hanno a tenere vie straordinarie, avendo per nemici la moltitudine : perché quello che ha per nemici i

lement et sans beaucoup de scandale. Mais celui qui a tout le monde contre lui n'est jamais sûr de rien ni de personne, et plus il se montre cruel, plus il affaiblit sa propre puissance. La meilleur remède est donc de chercher à gagner l'affection du peuple.

Discours, I, 16.

Une multitude sans chef n'est d'aucune utilité.

Discours, I, 44.

Le peuple, abusé par la fausse image d'un bien, désire souvent sa propre ruine ; et si quelqu'un jouissant de sa confiance ne l'éclairé sur ce qui lui est bon ou mauvais, l'état s'engage dans une infinité de périls et de malheurs. Et si le sort voulait que le peuple ne se fiât à personne, comme il advient quelquefois, pour avoir été trompé par les hommes ou par les événements, l'état ne peut éviter sa ruine. C'est à ce propos que Dante, dans son traité De Monarchia, dit que souvent le peuple crie : Vive ma mort et périsse ma vie ! Discours, I, 53.

En examinant ce qu'il est facile ou difficile de persuader à un peuple, on peut faire une distinction.

pochi. facilmente, e senza molti scandali. si assicura ; ma chi ha per nemico l'universale, non si assicura mai ; e quanta più crudelt:\ usa, tanto diventa più debole il suo principato. Talchè il magjîior rimedio che si abbia, è cercare di farsi il popolo amico. Discorsi,' I, 16.

Una moltitudine senza capo è inutile. Discorsi, I, 44.

Tl popnlo moite volte, ingannato da una falsa immagine di bene. desidera la rovina sua ; e se non gli è fatto cn(;ace, corne quello sia maie, e quale sia il bene. da alcune in chi csso abbia Jtc'de. si pone in le repubblichc infiiiiti peric(ill e danni. E quando la sorte fa che il popolo non abbi fede in alcuno. come qualche volta occorre, sendo stato ingannato per lo addietro o délie cose o dagli uomini ; si viene alla rovina di nécessita. E Dante dice a questo proposito nel discorso suo che fa De Monnrrhia, che il popolo moite volte grida viva la sua morte, e mimin la sua vitn. Discorsi, l, 53.

Considerando quello che è facile o quello che è diticile persuadere ad un popolo, si puù fare questa distinzione : o

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