‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 65 sur 175 · XII. LE PEUPLE · texte numérisé non relu

XII. LE PEUPLE

Dans le parti qu'il s'agit de lui faire adopter, le peuple voit au premier coup d'œil gain ou perte, grandeur d'âme ou lâcheté. Si dans les projets qu'on lui soumet, il aperçoit un avantage, s'ils lui semblent magnanimes, il sera facile de les lui faire adopter, lors même qu'une perte, ou la ruine de l'état, fussent cachées derrière ces apparences. De même, il sera toujours difficile de lui persuader un parti qui ait l'apparence de la lâcheté ou du dommage quand même il cacherait un gain véritable ou le salut de l'état.

Discours, I, 53.

Le moyen le plus facile d'entraîner la ruine d'un état où le peuple détient l'autorité, c'est de le pousser à des entreprises hardies, car, partout où le peuple aura quelque influence, il s'y lancera tête baissée, et nul avis contraire d'homme sage ne pourra le retenir.

Mais s'il en sort la ruine de l'état plus souvent encore on en voit sortir la ruine particulière des hommes préposés à de telles entreprises. Car, essuyant des revers au lieu de la victoire sur laquelle il comptait, le peuple n'en accuse ni la fortune ni l'impuissance de son gouvernement, mais la lâcheté et l'ignorance de celui qui a mené l'entreprise. Et il

quel che tu hai a persuadere rappresenta in prima fronte guadapno. o perdita ; o veramente pare partito animoso, o vile : e quando nelle cose che si mettono innanzi al popolo. si vede puadafîno, ancora che vi sia nascosto sotto perdita ; e quando e' paia animoso. ancora che vi sia nascostt» sotto la rovina de!la repubhlica, sempre sarà facile persuaderlo alla moltitiidine : e cosi fia sempre difficile persuadere quelli partiti dove apparisce o viltà o perdita, anrorachè vi fusse nascosto sotto salute e guadajîno. Discorsi, I, 53.

Adunque, corne non è la p'ù facile via a fare rovinare una repiiblilica dove il popolo abbia autorità, che metterla in imprese gagliarde : psrrhô, dove il popolo sia di alcun momento. sempre fieno accettate ; ne vi sarà. chi sarà d' altra opinione. alcun rimcdio. ^,a se di questo nasce la rovina délia citti\, ne nasce ancora, e più spesso, la rovina particolare dei cittadini che sono pieposti a simili imprese : perché, avendosi il popolo presupposto la vittoria, come e' viene la perdita, non ne accusa ne la fortuna, ne la impotenza di chi ha gover-

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le fait le plus souvent mourir, ou l'exile, ou l'emprisonne, comme c'est arrivé à plusieurs généraux carthaginois et athéniens. Discours, I, 53.

Nulle chose n'est plus propre à refréner une multitude soulevée que le respect qu'elle porte à quelque homme de grande autorité, et qui se présente tout à coup devant elle. C'est avec raison que Virgile a dit :

Tu 77 pieiate gravem ac meritis si forte virum quem Conspexere, sileni, arredisque auribus adsiant^.

En conséquence, tout chef d'une armée, tout magistrat d'une cité où s'élève une sédition doit sur-lechamp se présenter au milieu du tumulte, avec le plus de pompe et de grandeur possible, et entouré de toutes les marques de sa dignité, afin d'en imposer le plus qu'il peut.

Florence, il y a peu d'années, était divisée en deux factions, nommées Frateschi et Arrabiati. On prit

nnto. ma la tristizia e la ignoranza sua; e quelle il più delle volte 0 ammazza o imprigiona, o confina : corne intervenne a inliniti capitani Cartaginesi, ed a molli Atcniesi.

Discorsi, I, 53.

... venina cosa è tanto atta a frenare una moltitudine concitata, quanto è la riverenza di qualche uomo grave e dl aiitorità, che se le faccia inconlro ; ne senza cagione dicc Virgilio :

Tu m pieiate gravem ac meritis si forte virum quem Conspcxere, sileni, arredisque auribus adstanl.

Per tanto, quello che è proposto a uno esercito, o quello che si trova in una città, dove nascesse tumulto. debhe rnppresentarsi in su quello con maggior grazia e piCi onorevolmente che puà. mettendosi intorno le insegne di quel grado che liene, per farsi più reverendo Era, pochi anni sono. Firenze diviso in duc fazioni, Fratesche cd Arabbiate, che cosl si chlama-

' Mais qu'en ce moment paraisse un homme respectable par sa piété et par les services rendus à sa p itrie, tout se tail ; la foule s'emp^-esse pour l'entendre, toutes les oreilles sont attentives. Virgile, Enéide, I, v. 151-152,

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