‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 69 sur 175 · XIII. PEUPLES ET PRINCES · texte numérisé non relu

XIII. PEUPLES ET PRINCES

Le défaut dont les historiens accusent la multitude peut être imputé à tous les hommes pris séparément, surtout aux princes. En effet, quiconque n'est point retenu par l'autorité des lois commettrait les mêmes erreurs que la multitude sans frein. On s'en peut convaincre facilement : il a existé et il existe encore beaucoup de princes, mais il en est bien peu de bons et de sages. Je parle ici des princes qui pouvaient briser le frein capable de les retenir. Je n'y comprends point les rois qui naquirent en Egypte, dans ces temps très anciens où ce pays se gouvernait par les lois ; ni ceux qui naquirent à Sparte, ni ceux qui, de nos jours, naissent en France, dans ce royaume où les lois ont plus de puissance que dans aucun autre actuellement coi. nu.

Les rois qui naissent sous de telles constitutions ne sauraient être comptés parmi ceux dont on puisse examiner le caractère naturel, pour le comparer à celui de la multitude ; parce qu'on ne saurait leur opposer qu'une multitude également soumise aux lois, dont les qualités seront aussi grandes que les leurs et qui ne montrera ni orgueil dans la domination, ni bassesse dans la servitude. C'est ainsi que

... di quelle difetto di che accusano gli scrittori la moltitudine, se ne possono accusare tutti gli uomini particolarmente, e massime i principi ; perché ciascuno che non sia regolato dalle leggi, farebbe quelli medesimi errori che la moltitudine sciolta. È questo si puô conoscere facilmente, perché e' sono e sono stati assai principi, e de' buoni e de' savi ne sono stati pochi : io dico de' principi che hanno potuto rompere quel freno che gli puô correggere ; intra i quali non sono quegli re che nascevano in Kgitto, quando in quclla antichissima antichità si governava quella provincia con le leggi ; né quelli che nascevano in Sparta ; né quelli clic a' nostrl tempi nascono in Francia : il quale regno è moderato più dalle leggi, che alcuno altro regno di che ne' nostri tempi si abhi notizia. E questi re che nascono sotto tali constituzioni. non sono da metlere in quel numéro, donde si abbia a considerare la natura di ciascuno uomo per se. e vedere se egli è simile alla moltitudine : perché a rincontro loro si debbe porre una moltitudine medesimamente rcgolata dalle leggi corne sono loro : e si troverà in lei e&sere queUa medesima bontà che noi veggiamo essere in

fut le peuple romain, tant que la république y de-, meura incorrompue ; jamais il ne servit d'une manière vile, et jamais il ne commanda avec orgueil ; mais dans ses rapports avec les différents ordres et avec ses magistrats, il sut garder son rang avec honneur...

Ainsi l'on ne doit pas accuser le caractère de la multitude plus que celui des princes : tous sont sujets aux mêmes erreurs, quand rien ne les empêche d'errer. Je pourrais encore citer une foule d'exemples outre tous ceux que j'ai déjà rapportés. Combien d'empereurs romains, combien de tyrans et de rois ont montré plus d'insouciance et de mobilité dans le cours de leur vie, qu'on n'en vit jamais en aucun peuple 1

Ainsi je conclus contre cette générale opinion qui veut que les peuples, lorsqu'ils sont les maîtres, soient toujours mobiles, inconstants, ingrats, en soutenant que ces défauts ne leur sont pas plus naturels qu'aux princes. Si l'on accuse à la fois le peuple et les princes, on dit vérité ; mais si l'on excepte les princes, on se trompe. Car un peuple qui commande sous une bonne constitution sera aussi stable, aussi prudent, aussi reconnaissant qu'un prince, que

quelli; e vedrassi quella ne superbamente dominnre ne umilmente servira : corne era il Popolo romano, il qiiale mentre durô la Repubblica incorrotta. non servi mai umilmente ne mai domino superbamente ; anzi con li suoi ordini e magistrati tenne il grado suo onorevolmente...

... Perô non è più da incolpare la natura délia moltitudine che de' principi, perché tutti egualmente errano, quando tutti senza rispetto possono crrare. Di che, oltre a quello che ho detto, ci sono assai essempi, ed intra gh imperadori romani, ed intra gli altri tiranni e principi ; dove si vede tanta incostanza e tanta variazione di vita, quanta mai non si trovasse in alcuna moltitudine. Conchiudo. adiinque, contra alla comune opinione, la quai dice come i popoli, quando sono principi, sono varii, mutabili, ingrati ; affermando che in loro non sono altrimente questi peccati che si siano ne' principi particolari. Ed accusando alcuni i popoli ed i principi insieme, potrebbe dire il vero ; ma tracndone i principi, s'inganna : perché un popolo che comanda e sia bene ordinato. sarà stabile, prudente e grato non altrimenti che un principe, o

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