‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 8 sur 175 · II. LA DESTINÉE · texte numérisé non relu

II. LA DESTINÉE

tourne ses assauts là où elle sait qu'on n'a point fait de digues et de chaussées pour la contenir.

Et si vous considérez l'Italie, qui est le théâtre de ces variations en même temps qu'elle en est la cause, vous trouverez que c'est une vaste campagne, sans digue ni rempart d'aucune sorte. Eût-elle été protégée en temps voulu de valeur suffisante, comme l'Allemagne, l'Espagne et la France, cette inondation n'eût point amené les grandes variations auxquelles elle est en proie, ou même cette inondation n'y fût point venue. Mais il me semble en avoir dit assez sur les moyens généraux de s'opposer à la fortune, et pour en venir à des observations plus particulières, je dirai qu'il n'est point rare de voir un prince prospérer aujourd'hui et déchoir demain, sans l'avoir vu changer ni de caractère ni de conduite en aucune façon. Cela tient, je pense, à des causes dont nous avons discouru assez au long, à savoir qu'un prince qui s'appuie uniquement sur la fortune tomb3 lorsqu'elle change. De plus, il me semble qu'un prince est heureux lorsque sa manière de procéder se rencontre avec la qualité des temps, et malheureux lorsque les temps sont en désaccord avec elle. En

potenza dove non è ordinata virtù a resistere, e quivi volta i su( i impeti dove la sa che non son fatti gli argini ne i ripari a tenerla. E se voi considererete l'Italia. che è la sede di queste variazioni, e quella che ha dato loro il moto, vedrete esser una campagna senza arjîini e senza alcun riparo. Che se la fussi riparata da conveniente virtù, corne è la Magna, la Spagna e la Francia, questa inondazione non avrebbe fatto le variazioni grandi che 1' ha, o la non ci sarebbe venuta. E questo voglio basti aver detto quanto ail' opporsi alla fortunn in universale. Ma restringendomi più al particulare, dico corne si vede oggi questo Principe felicitare, e domani rovinare, senza vederli aver mutato natura o qualità alcuna. Il che credo nasca, prima, dalle cagioiû che si sono lungamente per lo addietro trascorse ; cioè che quel Principe che s'appoggia tutto in su la fortuna, rovina corne quella varia. Credo ancora che sia felice quello, il modo de) cui procedere si riscontra con la qualità de 'tempi ; e similinente sia infelice quello, dal cui procédera si discordano i temjii. Perché si vede

effet, pour parvenir tous au même but, qui est gloire et richesse, on voit les hommes s'y acheminer par des voies différentes : l'un avec circonspection, l'autre avec impétuosité ; celui-ci par violence, celuilà par ruse ; tel emploie la patience, tel autre la précipitation ; et chacun, par ces moyens divers, peut réussir. Et l'on voit aussi de deux circonspects, l'un parvenir à ses fins, et l'autre non, semblablement,deux hommes prospérer par des moyens opposés, étant l'un circonspect et l'autre impétueux ; ce qui ne provient d'autre chose que de la qualité des temps qui se conforment ou non à leur manière d'agir. C'est pour cela que deux hommes, en suivant des voies différentes, arrivent au même but, et que, suivant la même voie, l'un arrive à ses fins et l'autre non. De là aussi les variations de ce qui est bien ou mal. Ainsi, par exemple, un prince gouverne-t-il avec circonspection et patience ? Si la nature des choses et les circonstances des temps sont telles que cette manière de gouverner soit bonne, il prospérera ; mais si les temps et les choses changeant, il ne change lui-même de conduite, alors il tombera.

Nul homme, pour prévoyant qu'il soit, ne sait changer ainsi à propos, soit parce qu'on ne peut

gli ucmini, nclle cose che il conducono al fine, quale ciascuno ha innanzi, cioè gloria e ricchezze, procèdent variamente ; l'uno con respetti, Taltro con impcto ; 1' uno per violenza, r altro per arte ; 1' uno con piizien7.a, 1' alLro col suo contrario : e ciascuno con questi divers! modi vi put» pervenire. E vedesi ancora duoi rispetti\i, l'uno pervenire al suo disegno, 1' altro no ; e similmente duoi egualmente felicitare con diversi studi, essendo 1' uno respettivo, 1' altro impetuoso : il che non nasce da altro se non da qualité di tempi, che si conformino o no col procedere loro. Di qui nasce quello ho detto, che duoi diversanicnte operando, sortiscano il niedesimo effetto ; e duoi egualmente operando, 1' uno si conduce al suo fine, 1' altro no. Da questo ancora dipende la variazione del bene : perché, se a uno che si governa con rispetto e pazienza, i tempi e le cose girano in modo che il governo suo sia buono. esso vlene felicitando ; ma se li tempi e le cose si mutano, egli rovina, perché non muta modo di procedere. Ne si trova uomo si prudente

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