‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 72 sur 175 · XIV. LE PRINCE · texte numérisé non relu

XIV. LE PRINCE

ancêtres, et de temporiser avec les événements. Aussi, ne fût-il que d'une médiocre capacité, il se maintiendra toujours sur le trône, à moins qu'une force irrésistible et surprenante ne l'en renverse ; mais, alors même qu'il l'aura perdu, le moindre revers éprouvé par l'usurpateur le lui fera recouvrer.

Prince, II.

Les princes sages doivent non seulement avoir l'œil aux maux présents, mais aux maux à venir, et mettre tous leurs soins à enrayer ceux-ci. En les prévoyant de loin, on y remédie aisément ; mais si l'on attend qu'ils soient devenus actuels, il n'est plus temps, et le mal est devenu incurable. Il advient alors ce que les médecins disent de l'étisie qui, dans le commencement est facile à guérir et difficile à connaître; mais avec le cours du temps, quand on ne l'a ni discernée ni traitée dans le principe, elle devient facile à connaître et difficile à guérir. La même chose arrive dans les affaires de l'Etat ; en les prévoyant de loin, ce qui n'est donné qu'à un homme habile, les maux qui se produisent dans l'Etat se guérissent promptement ; mais si, pour ne

dipoi temporeggiare con gli accidenti ; in modo che se tal principe è di ordinaria industria, sempre si manterrà nel suo Stato, se non è una strasordinaria ed eccessiva forza che ne lo priva ; e privato che ne sia, quantunque di sinistro aggia i'occupatore, lo racquisterà. Principe, II.

Tutti i principi savi non solamente hanno aver riguardo alli scandoH presenti, ma alU futuri, ed a quelli con ogni industria riparare ; perché prevedendosi discosto, facilmente vi si puo rimediare ; ma aspettando che ti s'appressino, la medicina non è più a tempo, perché la malattia è divenuta incurabile : ed interviene di questa corne dicono i medici délia etica, che nel principio suo ô facile a curare, e difficile a conoscere ; ma nel corso del tempo, non l'avendo nel principio conosciuta ne medicata, diventa facile a conoscere, difficile a curare. Cosi interviene nelle cosc dello stato : perché conoscendo discosto »il che non è dato se non a un prudente) i mali che nascono in (jucllo. si gunriscon presto ; ma quando. per non gli aver

les avoir prévus, on les laisse croître au point que tout le monde les aperçoit il n'y a plus de remède.

Prince, III.

Qui se rend maître d'une cité accoutumée à vivre libre et ne la détruit pas, qu'il s'attende à être détruit par elle ; car elle garde toujours pour refuge dans la rébellion le cri de: liberté! et ses anciennes traditions qui ne peuvent s'oublier ni par longueur de temps ni par bienfaits. Quoi qu'on fasse quelque précaution qu'on prenne, si on ne divise les habitants et qu'on ne les disperse, ce nom de liberté et ces traditions ne sortent point de leur mémoire, mais ils y recourent tous aussitôt à la première occasion ; c'est ce que Pise a fait après qu'elle eut passé de longues années sous la domination de Florence.

Mais quand les cités ou provinces conquises sont accoutumées à vivre sous un prince et que la race de celui-ci est éteinte, les habitants déjà façonnés à l'obéissance, privés de leur ancien souverain, incapables de s'accorder pour s'en donner un nouveau, et ne sachant point vivre libres, sont plus lents à prendre les armes en sorte que le conquérant peut

conosciuti, si lascino crescere in modo che ognuno li conosce, non vi è più rimedio. Principe, III.

E chi diviene padrone di una città consueta a vivere libéra, e non la disfaccia, aspetti di essere disfatto da quella ; perché sempie ha per refugio nella ribellione il nome délia libertà, e gli ordini antichi suoi, li quali ne per lunghezza di tempo ne per beneficii mai si scordano : e per cosa si faccia o si provvegga, se non si disuniscono o dissipano gli abitatori, non si dimentica quel nome ne quelli ordini, ma subito in ogni accidente \i si ricorre ; come fe Pisa dopo tanti anni che ella era stata posta in servitù da Fiorentini. Ma quando le città o le provincie sono use a vivere sotto un Principe, e quel sangue sia spento ; essendo'da una parte use ad ubbidire, dall' altra non avendo il Principe vecchio, farne uno infra loro non s" accordano ; vivere liberi non sanno ; dimodochô sono più tardi a pigliar r anni. o con più facilita se 11 puô un Principe guadagnare, e

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