‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 73 sur 175 · XIV. LE PRINCE · texte numérisé non relu

XIV. LE PRINCE

sans difficulté les gagner et s'assurer d'eux. Au contraire, dans les républiques il y a plus de vie, plus de haine, plus de désir de vengeance ; le souvenir de l'antique liberté ne les laisse ni ne peut les laisser en repos ; tellement que le plus sûr moyen est de les détruire ou d'y venir résider.

Prince, V.

Des principautés nouvelles quon acquiert par les forces d'autrui et par la fortune.

Ceux qui, de simples particuliers, deviennent princes par la fortune seulement, le deviennent avec peu de peine, mais ils en ont beaucoup à se maintenir. Tant qu'ils sont en marche, ils ne rencontrent aucune difficulté, mais lorsqu'ils sont arrivés, alors elles surgissent. Tels sont ceux à qui un état est concédé, ou moyennant deniers ou par le bon plaisir du concédant. C'est ce qui advint dans les cités de l'Ionie et de l'Hellespont, où plusieurs furent créés princes par Darius, afin qu'ils gouvernassent ces ctats pour sa sûreté et gloire personnelles ; c'était aussi le cas de ces empereurs qui parvenaient à l'empire en corrompant des soldats.

assicurarsi di loro. Ma nelle repubbliche è maggior vita, maggior odio, più desiderio di vendetta ; ne gli lascia ne puo lasciare riposare la memoria dell' antica libertà ; talchè la più sicura via è spegnerle, o abitarvi. Principe, V.

De' principali nuovi, che con forze d' altri e per fortiinu s' acquistano.

Coloro i quali solamente per fortuna diventano, di privati, principi, con poca fatica diventano, ma con assai si mantengono : e non hanno difficultà alcuna tra via, perché vi volano ; ma tutte le difficultà nascono da poi vi son posti. K questi tall sono quelli a chi ô concesso alcuno Stato o per danari o per grazia di chi lo concède : come intervenne a molti in Grecia, nelle città di Jonia e dell' Ellesponto, dove furon fatti principi da Dario, acciô le tenessero per sua sicurtà e gloria ; come erano ancora fatti quelli imperadori, che di privati, per corruzione de' soldat), pers'enivano allô

Ceux-ci ne subsistent que par la volonté et fortune de qui les a faits grands : deux choses également mobiles et instables ; et ils ne savent ni ne peuvent conserver ce rang. Ils ne le savent parce que, à moins d'être homme d'un grand génie et courage, il n'est pas possible qu'ayant vécu jusqu'ici simple particulier, un tel prince sache commander. Ils ne le peuvent parce qu'ils n'ont point de troupes qui leur soient dévouées et fidèles. D'ailleurs, les états de prompte venue, comme toutes choses de la nature qui naissent et croissent vite, ne peuvent avoir assez de racines ni d'attachements pour qu'à la première tempête ils ne tombent ; à moins, comme il a été dit, que les princes nouveaux n'aient des dons si supérieurs qu'ils trouvent de prime abord les moyens de conserver ce que la fortune leur a jeté entre les bras, et qu'après être devenus princes ils établissent les bases qui auraient dû l'être auparavant.

Relativement à ces deux manières de devenir prince, à savoir par valeur et par fortune, je veux citer deux exemples qui sont encore dans la mémoire des hommes de nos jours : ceux de Francesco Sforza et de César Borgia.

imperio. Questi stanno semplicemente in su la voluntà e fortuna di chi gli ha fatti grandi, ciie sono due cose volubilissime ed instabili ; e non sanno e non posson tenere quel grade : non sanno, perché se non è uomo di grande ingegno e virtù, non è ragionevole che, essendo sempre vissuto in privata fortuna, sappia comandare ; non possono. perche non hanno forze che gli possino essere aniiche e fedeli Dipoi, gli Stati che vengono subito, corne tutte le altre cost délia natura che nascono e crescon presto, non possonc avère le radici e corrispondenze loro, in modo che i primo tempo avverso non le spenga ; se gii\ quelli tali, conu ô detto, che si in un subito son diventati principi, non sonc di tanta virtù, che quello che la fortuna ha messo loro ii grembo sappino subito prepararsi a conservare ; e quell iondamenti che gli altri hanno fatti avanti che diventinc principi, gli faccino poi. lo voglio ail' uno e 1* altro di quest modi, circa il diventar principe per virtù o per fortuna, addurn duoi esempi stati ne' di délia memoria nostra : questi sonc V^rancesco Sforza c Cesare Borgia. Francesco, per il débit

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