XIV. LE PRINCE
Sforza, par des moyens légitimes et par grande valeur, devint de simple particulier duc de Milan ; et ce qui lui avait coûté mille fatigues à conquérir, il le conserva sans peine.
César Borgia, appelé communément le duc de Valentinois, devenu prince par la fortune de son père, perdit sa principauté dès que son père n'exista plus et cela nonobstant qu'il eût employé tous les moyens et fait toutes choses qu'un homme habile et valeureux devait faire pour s'enraciner dans les états qu'il tenait des armes et fortune d'autrui. En effet, comme je l'ai dit plus haut, un prince nouveau qui n'aurait point jeté tout d'abord les fondements de sa puissance, pourrait, avec du génie, les jeter ensuite ; mais ce serait avec peine pour l'architecte et danger pour l'édifice. Si donc on examine toute la progression du duc, on verra combien il avait fait pour donner des fondements à sa future grandeur ; de quoi il ne me semble point superflu de discourir, vu que je ne saurais donner à un prince nouveau de meilleurs préceptes que l'exemple de ses actions. Et si toutes ses mesures ne lui ont point réussi, ce ne fut pas sa faute, mais bien l'effet d'une extraordinaire et obstinée malignité de fortune.
inezzi e con una gran virtù, di privato diventô duca di Milano ; e quelle che con mille affanni aveva acquistato, con poca fatica mantenne. Dali' altra parte, Cesare Borgia, chiamato dal vulgo duca Valentino, acquistô lo Stato con la fortuna del padre, e con quella lo perdette ; nonostante che per lui s' usasse ogni opéra, e facessinsi tutte quelle cose che per un prudente e virtuoso uomo si dovevan fare, per metter le radici sue in quelli Stati che 1' armi e fortuna d' altri gli aveva concessi. Perché, corne di sopra si disse, chi non fa i fondamenti prima, gli potrebbe con una gran virtù fare dipoi ancorchè si faccino non disagio dell' architettore e pericolo (lello edifizio. Se adunque si considerrà tutti i progressi del duca, si vedrà quanto lui avesse fatto gran fondamenti alla futura potenza ; li quali non giudico superfluo discorrere, perché io non saprei quali precetti mi dar migliori a un principe nuovo, che lo esempio délie azioni sue : e se gli ordini suof non gli giovarono, non fu sua colpa, perché nncque da
Alexandre VI, en voulant agrandir le duc son fils, y trouva pour le présent et pour l'avenir de grandes difficultés. D'abord, il ne voyait aucun moyen de le faire prince d'aucun ttat qui ne fût état d'Eglise, et il savait que le duc de Milan non plus que Venise n'y consentiraient, Faenza et Rimini étant déjà sous la protection de Venise. En outre, il voyait les armées d'Italie, et spécialement celles dont il aurait pu se servir, être aux mains de ceux qui redoutaient l'agrandissement du pape ; de sorte qu'il ne pouvait y compter, puisqu'elles étaient au pouvoir des Orsini, des Colonna et de leurs partisans. Il était donc nécessaire de brouiller toutes choses et de désorganiser les états d'Italie pour pouvoir s'assurer la souveraineté d'une partie. Ce lui fut facile, les Vénitiens s'étant déterminés, pour d'autres raisons, à rappeler les Français en Italie. Le pape, non seulement ne s'y opposa point, mais au contraire s'y prêta par la dissolution de l'ancien mariage de Louis XII. Le roi passe donc en Italie avec l'aide des Vénitiens et le consentement d'Alexandre. A peine est-il à Milan que le pape obtient de lui des troupes pour s'emparer
una straordinaria ed estrema malignità di fortuna. Aveva Alessandro VI nel voler far grande il duca suo figlio assai difficultà présent! e future. Prima, non vedeva via di poterlo far signore d' alcuno Stato clie non fu Stato di Chiesa ; e volgendosi a tôr quel délia Chiesa, sapeva che il duca di Milanc e i Viniziani non gliel conscntirebbono, perché Faenza Rimino eran già sotto la protezione de' Viniziani. Vedeva. oltre a questo, 1' armi d'italia, e quelle in spezie di chi si fusse possuto servire, esser nelle mani di coloro che dovevan temere la grandezza del papa : e pero non se ne poteva fidare, essendc tutte negli Orsini e Colonnesi e loro seguaci. Era dunque neces sario che si turbassero quelli ordini, e disordinare gU Stat d' Italia, per potersi insignorire securamente di parte di quelli il che gll fu facile, perché trovô i Viniziani che mossi da altrt cagioni s' eran vôlti a far ripassare i Francesi in Italia ; il che non solainente non contradisse. ma fece più facile con h resoluzione del matrimonio antico del re Luigi. Passù adun que il re in Italia con lo aiuto de' Viniziani e consenso d Alessandro ; né prima fu in Milano, che il papa ebbe d: lui gente per 1' inipresa di Romagna, la quale li fu consen