XIV. LE PRINCE
avait offensés, et qui. devenus pontifes, auraient eu h le redouter ; car les hommes nous offensent ou par haine ou par crainte. Ceux qu'il avait offensés étaient entre autres Saint Pierre-ès-Liens, Colonna, Saint Georges et Ascanio ; tous les autres venant à être élus avaient à le craindre, excepté le cardinal de Rouen et les Espagnols, ceux-ci à cause de certaines alliances et obligations, et Rouen, parce qu'il avait pour lui la France. Le duc devait par conséquent, avant toute chose, faire élire un Espagnol ; et s'il ne le pouvait, consentir à l'élection de Rouen, et non point à celle de Saint Pierre-ès-Liens. Et qui croit que, chez les grands personnages, les bienfaits nouveaux fassent oublier les anciennes offenses, il se trompe. Le duc commit donc une faute en cette élection, et fut lui-même la cause de sa ruine définitive. Prince, VIL
De ceux qui sont devenus princes par des scélératesses.
Comme il existe encore deux manières de devenir prince qui ne procèdent entièrement ni de la fortune ni de la valeur, je ne les puis laisser de côté
avessino ad aver paura di lui. Perché gli uomini offendono 0 per paura o per odio. Quelli che lui aveva offesi, erano, tra gli altri, San Pietro ad Vincula, Colonna, San Giorgio,^ Ascanio. Tutti gli altri, assunti al pontificato, avevan da temerlo, eccetto Ronno e gli Spagnuoli : questi per congiunzione e obbligr> ; quello per potenza, avendo congiunto seco, il regno di Francia. Pertanto il duca, innanzi ad ogni cosa, doveva creare papa uno spagnuolo ; e non potendo, dovea consentire che fusse Roano, e non San Pietro ad Vincula. E chi crede che ne' personaggi grandi i beneficii làuovi faccino dimenticare l'ingiurie vecchie, s'inganna. Errô adunque il duca in questa elezione, e fu cagione dell' ultima rovina sua.
Principe f VII.
Di quelli che per scelleratezze sono perven uli al principaio.
Ma perché di privato si diventa ancora in duoi modi Principe (il che non si puô al tutto o alla fortuna o alla virtù attribuirc), non mi pare da lasciarli indietro : ancora che dell' uno si possa
Même en est-il une dont on pourrait parler plus longuement, si l'on traitait ici des républiques.
De ces deux voies on suit la première lorsqu'on s'élève à la souveraineté par quelque scélératesse ou forfait, et la seconde quand, de simple particulier, on est porté par ses concitoyens au rang de prince de sa patrie.
Pour faire connaître la première, que je ne jugerai pas au point de vue du bien et du mal, j'avancerai deux exemples, l'un ancien, l'autre moderne,^ car il me semble qu'ils peuvent suffire à qui se trouverait dans le cas de les devoir imiter.
Agathocle, Sicilien, de condition non seulement privée, mais infime et abjecte, devint roi de Syracuse. Fils d'un potier, il mena, dans tous les degrés de sa fortune, scélérate vie ; toutefois, il joignit à ses scélératesses tant de force d'âme et de corps que, s'étant engagé dans la milice, il s'éleva de grade en grade jusqu'à la dignité de préteur de Syracuse. Une fois élevé à ce rang, ayant résolu de vouloir devenir prince, et de conserver par violence et sans plus dépendre de personne ce pouvoir qui lui avait été accordé par consentement, et s'étant ouvert de ce dessein à Amilcar, qui commandait l'armée car-
più diffusamentc ragionare do\e si traitasse délie repubbliche. Questi sono, quando o per qualche \ia scellerata e^nefaria s' ascende al prinripato ; o quando uno privato cittadino con il favore degli altri suoi cittadini diventa Principe délia sua patria. E parlando del primo modo, si mostrerà con duoi esempi, l'uno antico, Taltro moderno, senza entrare altrimenti ne' meriti di questa parte, perché giudico che bastinu a chi fusse necessitato imitargli. Agatocle Siciliano, non solo di privata ma d'mfima ed abietta fortuna, divenne re di Siracusa. Costui nato di un orciolaio, tenue sempre. per i gradi délia sua fortuna, \ita scellerata. Nondimanco.'accompagnô le sue scelleratezze con tanta virtii d' animo e di corpo, che \oltosi alla milizia, per i gradi di quella pervenne ad esser pretore di Siracusa. Nel quai grado essendo costituito, ed avendo deliberato volere diventar Principe, e tenere con violenza e senza obbligo d' altri quello che d' accordo gli era stato conccsso ; ed avuto di questo suo discgno intclliiicnza con Aniilcare