‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 86 sur 175 · XIV. LE PRINCE · texte numérisé non relu

XIV. LE PRINCE

thaginoise en Sicile, il assembla un matin le peuple et le Sénat de Syracuse, comme pour délibérer sur les affaires publiques. A un signal donné, il fit massacrer par ses soldats tous les sénateurs et les plus riches parmi le peuple ; et, ceux-ci morts, il s'empara de la souveraineté, qu'il conserva sans contestation aucune de la part des citoyens. Dans la suite, battu à deux reprises par les Carthaginois, et enfin assiégé par eux dans Syracuse, non seulement il la put défendre, mais encore, laissant une partie de son armée pour soutenir le siège, il fut avec l'autre porter la guerre en Afrique ; de sorte qu'en peu de temps il força les Carthaginois à lever le siège, et les réduisit à l'extrémité ; et ceux-ci, contraints à faire la paix avec lui, se durent contenter de la possession de l'Afrique et laisser la Sicile à Agathocle.

Quiconque réfléchira sur les actions et qualités de ce prince, n'y verra rien ou quasi rien qu'on puisse attribuer à la fortune, attendu que, comme il a été dit ci-dessus, ce n'est par la faveur de personne, mais en passant par tous les grades militaires, gagnés à force de travaux et de périls, qu'il parvint au pouvoir suprême, et s'y maintint par des résolutions aussi dangereuses que hardies.

cartaginese, il quale con gli eserciti militava in Sicilia ; congregô una mattina il popolo e il senato di Siracusa corne se egli avessi avuto a deliberare cose pertinenti alla repubblica, e, ad un cenno ordinato, fece da' suoi soldati uccidere tutti il senatori e li più ricchi del popolo : li quali morti, occupô e tenue il principato di quella città, senza alcuna controversia civile. V. benchè dai Cartaginesi fusse due voltc ro'to, e ultimamente assediato, non solamente potè difendere la sua città, ma lasciata parte délia sua gente alla difesa di quella, con r altre assaltô 1' Affrica, e in brève tempo liberô Siracusa dair assedio, e condusse i Cartaginesi in estrema nécessita i quali furono necessitati ad accordarsi con quello, a essere contenti délia possessione dell" Affrica, e ad Agatocle lasciar la Sicilia Chi considérasse, adunque, le azioni e virtù di costui, non vedria cose, o poche, le quali possa attribuire alla fortuna : conciossiachè, come di sopra è detto, non per favore d' alcuno, ma per li gradi délia milizia, quali con mille disagi e pcricoli si aveva guadagnato, pervenissc al principato, e quello dipoi

Certes il n'y a nulle valeur à massacrer ses concitoyens, à trahir ses amis, à être sans foi, sans pitié, sans religion ; de tels moyens peuvent faire acquérir la souveraineté, mais non la gloire. Toutefois, si l'on considère avec quel courage Agathocle se précipita dans les dangers et en sortit, avec quelle grandeur d'âme il sut souffrir et surmonter l'adversité, on ne voit pas pourquoi il devrait être réputé inférieur à n'importe quel excellent capitaine. Néanmoins, sa cruauté farouche, son inhumanité, ses innombrables scélératesses ne permettent point qu'il soit compté au nombre des grands hommes. On ne peut donc attribuer ni à la fortune ni à la valeur l'élévation qu'il obtint sans l'une et sans l'autre.

De notre temps, sous le règne d'Alexandre VI, Oliver otto da Fermo étant resté en bas âge sans père ni mère, fut élevé par un sien oncle maternel, qui se nommait Giovanni Fogliani, et placé dès sa première jeunesse auprès de Pavolo Vitelli, pour apprendre le métier des armes ; afin que, formé à si bonne école, il pût parvenir un jour à un haut rang militaire. Puis Pavolo étant mort, il servit sous Vitellozzo, son frère, et en très peu de temps, grâce

con tanti animosi partit! e pericolosi mantcnesse. Non si puô chiamare ancora virtù ammazzare li suoi cittadini, tradir gli amici, essere senza fede, senza pietà, senza religione : li quali modi possono fare acquistare imperio, ma non gloria. Perche, se si considérasse la virtù di Agatocle nell' cntrare e nell' uscire de' pericoli, e la grandezza dell' aninio suo nel sopportare e superare le cose av verse, non si vede perché egli ahbi ad esser tenuto inferiore a quai si sia eccellentissimo capitan. Nondimanco, la sua efferata crudeltà ed inumanità, con infinité scelleratezze, non consentono che sia Ira li eccellentissinii uomini celebrato. Non si puô, adunque, attribuire alla fortuna 0 alla virtù qucllo che senza 1' una e 1' altra fu da lui conseguito. Ne' tempi nostri, régnante Alcssandro VI, Olivcrotto da Ferinu, esscndo più anni addietro riniaso jjiccolo, fu da un suo zio materno, chiamato Cicvanni Fogliani, allevato, e ne' primi tempi délia sua giovcntù «^'ato à militar sotto Pa\olo Vitelli, acciocclîè ripieno di quella disciplina pervenisse a qualche grado eccellente di milizia. Morto dipoi Pavolo, militA sotto Vitellozzo suo fratello ; ed in brcvissimo tempo.

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