XIV. LE PRINCE
à son habileté, à sa force corporelle et à sa valeur, il devint un des premiers de l'armée. Mais comme il trouvait que ce fût chose servile d'être sous les ordres et à la solde d'autrui, il voulut, avec l'aide de quelques citoyens qui préféraient l'esclavage à la liberté de leur patrie, et soutenu par Vitellozzo, s'emparer de Fermo. Dans ce dessein, il écrivit à Giovan Fogliani qu'ayant été longtemps hors de sa maison, il voulait venir le voir ainsi que sa ville natale, et en quelque sorte reconnaître son patrimoine ; que, puisqu'il n'avait travaillé que pour acquérir honneur et gloire, et désirant que ses concitoyens pussent voir qu'il n'avait point perdu son temps, il se proposait de venir à eux en grande pompe, avec une escorte de cent cavaliers de ses amis, et de serviteurs, et qu'il le priait de bien vouloir faire en sorte que les habitants de Fermo lui fissent une réception honorable, d'autant que cela tournerait non seulement à sa propre gloire, mais encore à celle de son oncle, qui 1 avait élevé. Giovanni Fogliani ne manqua pas de faire tout ce qu'il put pour obliger son neveu ; il le fit recevoir avec honneur par les gens de Fermo et
per essere ingegnoso, e délia persona e dell' animo gagliardo, diventô de' ,>rimi iiomini della sua milizia. Ma parendoeli cosa servile lo stare con altri, pensô, con 1' aiuto a' alcuni cittadini di Fermo, a' quali era piCi cara la ser\itù che la libertà della loro patria, e con il favore vitellesco, d'occiipare Ferme ; scrisse a Giovan Fogliani, ce me, essendo stat > più anni fuore di casa, voleva venire a veder lui c la sua citt;^, e in qualche [)nrte riconL»scere il suo patrimonio. E perché non s' era affalicato per altro che per acquistar onore, acciocchè 1 suoi cittadini vedessino come non avcva speso il tempj invano, voleva venire onorevolmcnte, ed accompagnato da cento cavalli di suji amici e servidori, e fiegavalo che fusse contento ordinare che da' Firmani fusse ricevuto onoratamente ; il che non solamente tornava onore a lui, ma a se proprio. essendo suo allievo. Xon mancô, pcrtanto, Giovanni d' alcuno officio debito verso il nipote : e faltolo ricevere onoratamente da' Firmani, alloggiô nelle case sue : dove, passato alcun giorno, ed atteso a ordinar quello che alla sua futura scelleratczza era iiecessario, fece un convito solennissimo, dove invitù Giovan Fogliani, e tutti li primi uomini di P'crmo. Ed avuto che ebbero fi-
le logea dans sa maison. Là, Oliverotto passa quelques jours à faire les préparatifs nécessaires pour l'accomplissement de son forfait. Il donna un grand repas, auquel il pria Giovanni Fogliani et tous les notables de Fermo. Lorsqu'on en fut au dernier service et autres divertissements qui ont lieu en de pareilles fêtes, il mit artificiellement la conversation sur des sujets graves, parlant delà grandeur du pape Alexandre et de César, son fils, et de leurs entreprises. Giovanni et les autres donnaient à leur tour leur avis quand il se leva tout à coup, disant que c'étaient là sujets à traiter en lieu plus secret ; et il passa dans une autre chambre où les convives le suivirent. A peine s'y furent-ils assis que des soldats, sortant de leurs cachettes, massacrent Giovanni et tous les autres. Sitôt le crime exécuté, Oliverotto monte à cheval, parcourt la ville, assiège le palais du suprême magistrat ; en sorte que la peur contraignit tout le monde à lui obéir, et à former un gouvernement dont il se fit prince. Tous les mécontents qui lui pouvaient nuire, il les mit à mort ; il consolida son pouvoir par de nouvelles institutions civiles et militaires, à tel point que non seulement il était en sûreté dans la ville de Fermo, mais encore devint formidable à
ne le vivande, e tutti gli altri iniratteninienti che in simili conviti, si fanno, Oliverotto ad ai1e mosse certi ragionamenti gravi, parlando délia grandezza di papa Alessandro c di Cesare suo figlio, c deir imprese loro ; alli quali ragionamenti rispondendo (iiovanni e gli altri, egli a un tratto si rizzô, dicendo quelle essere cose da parlarne in più segreto luogo, e ritirossi in una caméra, dove Giovanni e tutti gli altri cittadini gli andarono dietro. Ne prima furon posti a sedere, che de' luoghi segreti (H quella useiron soldati, che ammazzarono Giovanni e tutti gli altri. Dopo il quale omicidio, montô OHverotto a cavallo. e corse la terra, ed assedio nel palazzo il supreino magistrato ; tanto che per paura furon costretti ubbidirlo, e fermare un governo, del quale si fece Principe. E morti tutti quelli che per essere malcontenti lo potevano offendere, si corroborô con nuovi ordmi civili e militari ; in modo che, in spazio d' uno anno che tenue il principato, non solamente lui era sicuro nella città di Fermo. ma era diventato formidabile a tutti li suoi