‹ La pensée de Nicholas MachiavelliChapitre 89 sur 175 · XIV. LE PRINCE · texte numérisé non relu

XIV. LE PRINCE

marais, et y apporter, comme il sied, une grande attention. Cette connaissance lui sera utile de deux façons : d'abord, il apprendra à mieux connaître son pays, partant, à le mieux défendre. Ensuite, la connaissance d'un endroit rend beaucoup plus facile celle d'un autre, qu'il peut être nécessaire d'étudier. Par exemple, les montagnes, les vallées, les plaines et les rivières de la Toscane ont certaine ressemblance avec celles des autres contrées, si bien que de la connaissance d'un pays, on en arrive facilement à celle d'un autre pays.

Le prince qui n'a point cette expérience des lieux manque d'une des premières qualités que doit avoir un capitaine ; parce qu'elle enseigne à découvrir l'ennemi, prendre ses logements, diriger la marche de ses troupes, prendre ses dispositions pour une bataille, assiéger les places avec avantage.

Parmi les louanges qu'on a décernées à Philopœmen, chef des Achéens, les historiens le louent surtout de ce qu'en temps de paix il ne pensait qu'à l'art de la guerre ; et, lorsqu'il parcourait la campagne avec ses amis, il s'arrêtait souvent pour leur proposer des questions telles que celles-ci : « Si l'ennemi était sur cette colline et nous ici, qui de nous aurait

paludi ; ed in questo porre grandissima cura. La quai cognizione è utile in duoi modi. Prima, s' impara a conoscere il suo paese, e puô meglio intendere le difese di esso. Dipoi, mediante la cognizione e pratica di quelli siti, con facilita comprende un altro sito che di nuovo gli sia necessario speculare : perché li poggi, le valli, e piani c fiumi e paludi che sono, per modo di dire, in Toscana, hanno con quelli dell' altre provincie certa similitudine ; talchè dalla cognizione del sito d'una provincia si puù facilmente venire alla cognizione dell' altre. E quel principe che manca di questa perizia, manca délia prima parte che vuol avère un capitano ; perché questa insegna trovare il nimico, pigliare gU allo^giamenti, condurre gh eserciti, ordinar le giornate, campeggiar le terre con tuo vantaggio. F"ilopomene, principe degli Achei, intra 1' altre laudi che dagli scrittori gli sono date, è che nei tempi délia pace non pensava mai se non a' modi délia guerra ; e quando era in campagna con gli amici, spesso si fermava e ragionava con quelli : — Se gli nimici fussero in su quel colle, e noi ci trovas-

l'avantage ? Comment pourrions-nous aller à lui en conservant les rangs ? Si nous avions à battre en retraite, comment nous y prendrions-nous ? S'il se retirait lui-même, comment pourrions-nous le poursuivre ? )> C'est ainsi que, tout en allant, il devisait avec eux des divers accidents de guerre qui pouvaient arriver ; il recueillait leur opinion, exposait la sienne, et la corroborait par divers raisonnements : si bien que, grâce à cette continuelle préoccupation, il ne pouvait survenir aucun accident auquel il ne sût remédier sur-le-champ.

Quant à l'exercice de l'esprit, le prince doit lire les histoires, y considérer les actions des hommes illustres ; voir comment ils se sont conduits dans la guerre, examiner les causes de leurs victoires et celles de leurs défaites, pour pouvoir imiter les unes, éviter les autres. Sur toute chose, il doit faire ce qu'ont fait plusieurs grands hommes qui, prenant pour modèle quelque ancien héros glorieux, avaient sans cesse devant leurs yeux ses actions et toute sa conduite, et les prenaient pour règles ; ainsi, dit-on, Alexandre le Grand imitait Achille ; César, Alexandre, et Scipion, Cyrus. En effet, quiconque aura lu la vie

simo qui col nostro esercito, chi di noi avrebbe vantaggio ? corne sicuramente si potrebbe ire a trovargli, servando gli ordini ? se noi volessimo ritirarci, corne areinmo a fare ? se loro si ritirassero, corne aremmo a seguirli ? E proponeva loro, andando tutti i casi chc in un esercito possono occorrere : intendeva 1' opinion loro, diceva la sua, corroboravala con le ragioni : talcliè per queste continue cogitazioni non poteva mai, guidando gli eserciti, nascere accidente alcuno. che egli non vi avesse il rimedio. Ma quanto ail' esercizio délia mente, deye il principe leggere le istorie ed in quelle considcrare le azioni degli uomini eccellenti ; vedere corne si sono governati nelle guerre ; esaminare le cagioni délie \ittorie e perdite loro, per potere queste fuggire, quelle imitare ; c sopra tutto, fare come ha fatto per 1' addietro qualche uomo eccellente, che ha preso ad imitare se alcuno è stato innanzi a lui lodato e glorioso, e di quello ha tenuto sempro i gesti ed azioni appresso di se : come si dice che Alessandro Magno imitava Achille, Cesnrc Alessandro, Scipione Ciro.

Page 1