XIV. LE PRINCE
de Cyrus, écrite par Xénophon, trouvera dans celle de Scipion combien cette imitation contribua à sa gloire, et combien, quant à la chasteté, affabilité, humanité, libéralité, il se conformait à tout ce qui avait été dit de Cyrus par Xénophon.
Voilà ce que doit faire un prince sage, et comment, durant la paix, au lieu de rester oisif, il peut se prémunir contre les accidents de la fortune, en sorte que, si l'adversité survenait, il se trouvât en mesure de résister à ses coups. Prince, XIV.
Des choses pour lesquelles les hommes et principalement les princes sont loués ou vitupérés.
Il s'agit maintenant de voir comment un prince se doit conduire envers ses sujets et envers ses amis. Or, n'étant point sans savoir que plusieurs écrivains en ont déjà parlé, je crains fort, si j'en parle à mon tour, de passer pour présomptueux, d'autant plus, qu'en cette matière principalement, je me sépare de leur opinion. Mais mon dessein étant d'écrire choses utiles à qui les peut entendre, il m'a paru qu'il valait
E qualunque lefîge la vita di Ciro sopradetto scritta da Senofonte, riconosce dipoi nella vita di Scipione, quanto quella imitazione gli fu di gloria, e quanto nella castità, affal)ilità, umanità e liberalità, Scipione si conformassi con quelle cose che di Ciro sono da Senofonte scritte. Questi simili modi deve osserv'are un principe savio, ne mai ne' tempi pacifici stare ozioso ; ma con industria farne capitale, per potersene valerne nelle avversità, acciocchè quando si muta la fortuna, lo trovi parato a resistere alli suoi colpi.
Principe^ XIV.
Délie cose mediante le quali gli uomini, e massimamente i principi, sono laudati o Diluperaii.
Resta ora a vedere quali devono essere l modi e govemi d' un principe con li sudditi e con li amici. E perché lo so che molti di questo hanno scritto, dubito, scrivendone ancor, io, non esser tenuto presuntuoso, partendomi, massime nel dis-
f)utare questa materia, dagli ordini degli altri. Ma essendo 'intento mio scriver cosa utile a chi 1' intende, m'è parso più conveniente andar dietro alla verità effettuale délia cosa, che
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mieux suivre la vérité, plutôt que de vaines imaginations.
Bien des gens se sont imaginé des républiques et principautés telles qu'on n'en a jamais vu ni connu. Car il y a si loin de la manière dont on vit à celle dont on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui se devrait faire apprend à se ruiner plutôt qu'à se préserver ; et celui qui veut en tout et partout se montrer homme de bien ne manquera pas de trouver sa perte parmi tant de méchants. C'est pourquoi un prince qui se veut maintenir doit apprendre à n'être pas toujours bon, mais à en user bien ou mal suivant la nécessité.
Laissant donc de côté tout ce qu'on a pu et pourrait imaginer à propos d'un prince, et m'en tenant à ce qui est vrai, je dis : qu'on attribue à tous les hommes, quand on en parle, et surtout aux princes, qui sont plus en vue, quelqu'une des complexions suivantes qui leur vaut louange ou blâme. Ainsi, l'un est réputé libéral, et un autre pingre — pour me servir d'une expression toscane — car, dans notre langue, l'avare est celui qui par rapine désire acquérir, et nous appelons pingre celui qui s'abstient trop d'user de son bien ; l'un bienfaisant et un autre
air immaginazione di essa : e molti si sono immaginati repubbliche e principati che non si sono mai visti n' è conosciuti essere in vero ; perché egli è tanto discosto da corne si vive a corne si doverria vivere, che colui che lascia quello che si fa per quelle che si doverria fare, impara piutosto la rovina che la preservazione sua : perché un uomo che voglia fare in tutte le parti professione di buono, conviene che rovini infra tanti che non sono buoni. Onde è necessario ad un principe, volendosi mantenere, imparare a potere esser non buono, ed usarlo e non usarlo secondo la nécessita. Lascigndo adunque indietro le cosecircaun principe immaginate,ediscorrendo quelle che son vere, dico che tutti gU uomini, quando se ne parla, e masslme i principi per esser posti più alto, son notati di alcuna di queste qualità che arrecano loro o biasimo o laude : e questo è che alcuno è tenuto libérale, alcuno misero, usando un termine toscano (perché avaro in nostra lingua é ancor colui che per rapina desidera d' avère ; misero chiamiamo quello che troppo si astlene dall' usare il suo) ; alcuno è tenuto donatore.