‹ La pensée directrice des exercicesChapitre 15 sur 52 · LE BAPTÊME DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LE BAPTÊME DE JÉSUS

fallait qu’il prouvât, lui aussi, sa qualilé de prophète, de Messie, de Fils de Dieu. Cette attestation, cette preuve furent données par le Père céleste d’une manière particulièrement solennelle, en rapport avec la dignité de l’envoyé ; et, conformément à la volonté du Père céleste, ce fut par le baptême de Jésus.

Il pourrait, au premier abord, sembler étrange que Jésus dût recevoir le baptême de Jean. Il était la pureté même et la sainteté ; rien en lui n’avait besoin d’être purifié par le baptême. Et cependant, il était de toute convenance que Jésus fût baptisé. Il était l’Agneau de Dieu qui devait ôter les péchés du monde. Il devait donc prendre sur lui les péchés de tous les hommes. De même qu’il a souffert et qu’il est mort pour les pécheurs, ainsi devait-il maintenant recevoir le baptême puisqu’il était chargé de tous les péchés. Nous voyons dès lors pourquoi l’attestation de sa mission de Messie devait être donnée par le Ciel lors du baptême. Il fallait que d’une manière solennelle et incontestable, il fût prouvé qu’il était le Messie Rédempteur qui expierait la dette du péché. En se soumettant au baptême, il se montrait devant le Père céleste chargé des péchés du monde entier et prêt à satisfaire pour ces péchés. Le Père accepte la mission de son Fils et il en louait le témoignage devant Jean et tout le peuple. Tel est le sens de ces paroles : « Voici mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances. » Ainsi le Père accréditait Jésus en sa qualité de Fils, il déclarait accepter la satisfaction que, par substitution, Jésus offrirait pour les péchés des hommes. — En même temps, l’Esprit-

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Saint descendit d’une manière visible sous la forme d’une colombe et reposa sur Jésus. Depuis que la colombe, que Noé laissa sortir de l’arche, revint avee un rameau d’olivier, symbole de la paix, elle était regardée comme le signe de la réconciliation. L’Esprit-Saint, sous la forme d’une colombe, descendit donc sur Jésus, pour montrer que l’heure était proche où l’humanité se réconcilierait avec Dieu, où le ciel s’ouvrirait de nouveau. Ainsi, par le baptême, Jésus se consacrait à satisfaire pour les péchés de tous les hommes. Cette consécration était ratifiée par le Père, et Jésus était solennellement oint par l’Esprit-Saint en qualité de Médiateur et de Pontife suprême de l’humanité.

Jésus vint à Jean, écouta sa prédication et se joignit à ceux qui voulaient recevoir le baptême, attendant patiemment son tour. Comme le nombre était grand, il fallut peut-être quelque temps avant que Jésus se présentât au Précurseur. Rien ne le distinguait des autres, mais une voix intérieure dit à Jean que e’était le Messie. Nous pouvons nous représenter sa joie, mais aussi son étonnement et sa crainte. Il savait que le Messie devait être baptisé par lui ; mais lorsqu’il le vit soudain devant lui, lorsqu’il l’entendit demander le baptême, il fut troublé et dit : « Comment venezvous à moi, lorsque c’est moi qui devrais aller à vous ! » En nous rappelant les réflexions faites plus haut, nous comprenons la réponse de Jésus : « Laissez-moi faire pour cette heure, car c’est ainsi que nous devons accomplir tous deux notre devoir. » A ces paroles précises de Jésus, Jean reconnut la volonté de quelqu’un de supérieur à tous deux ;

et il baptisa Jésus. La descente de l’Esprit-Saint étant le signe auquel il devait reconnaître le Messie, il ne cessa dès lors de montrer et de prêcher en Jésus le Messie attendu.

« L 'Ecce venio. Me voici, je viens », de Jésus prenait, au baptême, un sens plus profond encore et plus significatif. C’était la volonté du Père céleste qu’au commencement de son apostolat public, il se révélât en qualité de Messie, non point par quelque grandiose manifestation de sa puissance, mais dans cette attitude toute spéciale, et en qualité d’ Agneau de Dieu appelé à effacer, en les prenant sur lui, les péchés du monde. Il devait, comme grand Pénitent expiant tous les péchés, se déclarer par le baptême prêt à toutes les satisfactions ; et ainsi le Père céleste montrerait qu’il acceptait le sacrifice de son Fils. Humblement, Jésus s’inclina et reçut le baptême.

Jésus en lutte avec Satan

Dans la création, Dieu ne peut se proposer d’autre fin que sa propre glorification. Cette gloire ne peut lui être procurée que par les créatures douées de liberté et d’intelligence ; et ces créatures le glorifient en le reconnaissant pour leur souverain Seigneur et Maître. — La liberté des êtres créés suppose nécessairement la possibilité de l’abus et de la tentation. Les anges ont connu la tentation et une partie d’entre eux y a succombé. Au lieu de reconnaître leur dépendance à l’égard du Créateur duquel seul ils pouvaient attendre la grandeur et

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le bonheur pour toute l’éternité, ils crurent qu’ils se suffisaient à eux-mêmes. Ils refusèrent de se soumettre et ils en furent punis par la damnation éternelle. — Dieu créa le premier homme et le mit à son tour en face de ce choix : le reconnaître ou ne point le reconnaître comme le Maître souverain. Pourquoi Dieu donna-t-il à Satan la possibilité de tenter le premier homme et tous les autres hommes après lui ? C’est là pour nous un mystère. Quoi qu’il en soit, Adam et Ève succombèrent à la tentation. — L’histoire entière de l’humanité, depuis lors, est au fond une lutte pour Dieu ou contre Dieu. Dans cette lutte, Satan est le chef des ennemis de Dieu. Il le hait, il cherche à ruiner ses desseins. La chute de nos premiers parents est son œuvre, son triomphe. Par là, il est devenu le prince du monde et il exerce sa puissance d’une manière effrayante. Si brillante que soit en apparence l’histoire de la Grèce, de Rome et d’autres peuples, en réalité, elle nous apporte une preuve douloureuse de cette puissance : nous constatons que les hommes laissés à eux-mêmes, réduits aux moyens terrestres, en dépit de l’art, de la science et du progrès, ne peuvent se soustraire à la domination de Satan.

Le Christ avait pour mission de vaincre Satan et de réaliser les desseins de Dieu sur les homfries. Par son obéissance, il réparerait la désobéissance des hommes. C’est ainsi que Satan serait vaincu. — Le Christ, payant la dette de tous les hommes, s’était rangé avec humilité au nombre des coupables : il avait reçu le baptême pour attester qu’il était prêt à offrir à leur place la satisfaction ; le Père avait solennellement accepté cette offrande

et Jésus s’était rendu sur le champ de bataille, afin d’engager la lutte avec Satan, et Satan l’y rejoignit aussitôt pour prévenir l’attaque et rendre son adversaire inofïensif.

Satan connaissait certainement toutes les merveilles accomplies depuis la conception du Précurseur. Il avait entendu la prédication de Jean et la voix venue du ciel lors du baptême de Jésus, comme l’indiquent ces mots : « Si tu es le Fils de Dieu. » Le mystère de l’Incarnation lui restait évidemment inconnu et il devait lui paraître invraisemblable que le Fils de Dieu se fût caché sous de si humbles apparences. Il ne pouvait donc compprendre le sens de ces mots : « Fils de Dieu. » Mais il était certain d’une chose : Dieu avait témoigné qu’il mettait ses complaisances en Jésus, et Jean s’était donné comme le Précurseur du Messie. En tout cas, ce mystérieux inconnu était un danger pour son royaume. Il voulait donc le rencontrer et se rendre compte de ce qu’il était en réalité.

Après son baptême Jésus s’était retiré dans le désert. L’Esprit de Dieu l’y avait conduit. Par quarante jours de jeûne et de prière, il voulait se préparer spécialement à sa vie active. Nous devons nous le représenter, durant ces jours, dans un état de continuelle extase qui libérait son corps de tous les besoins terrestres de nourriture et de boisson. Voilà pourquoi la faim ne se fit pas sentir peu à peu, mais lorsque l’extase eut cessé et que la vie ordinaire retrouva son cours. Ce fut alors un épuisement total des forces, qui ne lui permettait pas de gagner les habitations les plus proches.

Satan avait sans doute observé Jésus et attendu

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la fin de l'extase. Il vit alors comment, dans le désert, Jésus, à bout de forces, était hors d’état de calmer la<faim par des moyens naturels. Il crut adroit de profiter de cette circonstance pour son plan. Il se présenta sous une apparence sensible, puisque, pour Jésus, la tentation ne pouvait venir que du dehors, et il dit : « Si tu es le Fils de Dieu, commande que ces pierres deviennent du pain. » — Satan espérait que Jésus reviendrait dans sa réponse sur les mots : « Si tu es le Fils de Dieu » ; il verrait alors avec qui il avait affaire ; il voulait en même temps l’amener à se libérer de sa dépendance à l’égard de Dieu, de la donation totale qu’il lui faisait de soi-même, à devenir son propre maître.

D’après la volonté de son Père, Jésus s’était librement et complètement dépouillé de sa puissance et de sa gloire. Sa puissance lui avait été rendue au baptême, non pas pour lui-même, mais en vue de sa mission. C’était par suite de ce dépouillement de soi-même qu’il souffrait maintenant de la faim qu’il ne pouvait apaiser par des moyens naturels ; mais il ne devait pas recourir ici à sa toute-puissance, et nous voyons qu’ après la tentation les anges vinrent et le servirent. Il ne devait pas non plus se venir en aide à lui-même, mais user de la nourriture que son Père lui destinait. — Nous ne pourrons jamais suffisamment contempler la grandeur de ce sacrifice par la soumission à la volonté du Père, en voyant le Sauveur, Dieu tout-puissant, maître et dispensateur de toutes choses, souffrir librement les tortures de la faim et renoncer à employer sa toute-puissance afin d’apaiser cette faimj Pour tout homme, il est dur d’être entière-

ment sous la dépendance d’un autre, de ne pouvoir même satisfaire ses désirs, ni subvenir à ses besoins, sans la volonté de cet autre, d’être dans l’obligation de se conformer toujours et en tout à cette volonté. Il y avait vraiment pour le Fils de Dieu un dépouillement total, une annihilation de soimême à renoncer à ses droits essentiels, à sa toutepuissance pour se soumettre sans réserve, sans retour à la volonté du Père. — Et maintenant Satan engageait Jésus à rejeter cette dépendance à l’égard du Père, à suivre sa volonté propre, à subvenir par lui-même à une nécessité dont nul moyen naturel ne pouvait le délivrer.

Pour comprendre la réponse de Jésus, il faut nous rappeler le texte du Deutéronome (vm, 3) où Moïse dit au peuple : « Dieu t’a visité par la faim et il t’a donné la manne pour nourriture pour t’apprendre que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui vient de la bouche de Dieu. » — Dans toules ses réponses Jésus évite toute parole qui pourrait faire connaître à Satan sa nature supérieure. Sans s’arrêter à ces mots : « Si tu es le Fils de Dieu », il se contente de parler en tant qu’il est homme, en lui montrant en même temps qu’une parole venant de la bouche de Dieu suffit pour lui assurer la nourriture nécessaire, de même que, dans le désert, il a nourri son peuple Israël.

Satan est donc repoussé : Il ne considère cependant pas sa cause comme perdue. Et ici, comme pour nombre de détails qui restent pour nous mystérieux, nous ignorons comment il a pu transporter Jésus sur le pinacle du Temple. Puisque c’est dans

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sa nature humaine que Jésus luttait contre l’ennemi, nous pouvons admettre qu’il permit à Satan de le transporter en un lieu inaccessible, dominant les murailles du Temple, à l’endroit où elles reposaient sur des rocs escarpés, en sorte qu’il était naturellement impossible d’en descendre sans se précipiter dans les profondeurs de l’abîme.

De nouveau, Jésus est dans une situation naturellement sans issue. La première fois, il avait répondu en affirmant son absolue confiance en Dieu. Maintenant, Satan espérait qu’il entrerait dans son intention, s’abandonnerait à cette confiance en Dieu et se jetterait dans l’abîme. « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi dans l’abîme, car il est écrit : Il t’a recommandé à ses anges et ils te porteront entre leurs mains de peur que ton pied ne heurte la pierre. » Une fois encore, il tentait d’arracher à Jésus une indication qui lui fît comprendre en quel sens les mots : « Fils de Dieu » s’appliquaient à Jésus. Il voulait aussi l’amener à compter présomptueusement sur l’aide divine en laquelle il avait une confiance sans limites. Il recourt donc à un texte de la Sainte Écriture pour montrer à Jésus le bien-fondé de sa proposition. Jésus répond dans l’humilité de sa nature humaine, en invoquant, lui aussi, l’Écriture Sainte : « Mais il est écrit également : Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu. »

Représentons-nous la fureur de Satan, qui se voit de nouveau repoussé et réduit à l’impuissance devant ce mystérieux inconnu, capable de déjouer ainsi ses ruses et d’échapper à ses pièges. Mais il ne renonce pas à son espoir. De nouveau, il transporte Jésus sur le sommet d’une haute montagne.

Il déploie toute sa puissance. Dans une prestigieuse image, il fait voir à Jésus les plaisirs, le luxe, les honneurs, la magnificence, les jouissances que le monde peut offrir. Satisfait de lui-même, convaincu que ce tableau ne peut manquer de faire impression sur Jésus et d’éveiller en lui le désir de tous ces biens, il dit : « Toutes ces choses sont à moi et je les donne à qui je veux. Je te les donnerai, si tu te prosternes devant moi pour m’adorer. » Satan attend de Jésus une effroyable apostasie ! Satan prenant la place de Dieu ! Le don de soimême à Satan remplaçant le don de soi-même à Dieu ! Et alors Jésus répliqua : « Retire-toi loin de moi, Satan, car il est écrit : Tu adoreras ton Seigneur, ton Dieu ; tu n’a dor eras et tu ne serviras que lui seul ». Cette fois encore, Jésus ne donne à l’ennemi aucune indication sur sa filiation divine ; il répond avec l’humilité de son humanité sainte, dans l’anéantissement de lui-même, en invoquant de nouveau la Sainle Écriture.

Satan se voit découvert et il s’enfuit « jusqu’au moment propice ».

En vain, il avait cherché à entraîner Jésus au péché et jusqu’à l’apostasie. Mais il n’abandonnait pas la lutle contre lui, il la continuait avec d’autres armes. Il fallait supprimer Jésus et ruiner son œuvre. Il gagnera à sa cause, les Scribes, les Pharisiens, les prêtres et enfin Judas. Alors, il frappera le grand coup. Toutes les douleurs, toutes les tortures, toutes les injures et les souillures que l’Enfer peut inventer seront contre Jésus. Il faut en finir avec ce Jésus. Et déjà Satan croyait avoir léussi, lorsque ce Jésus, objet de sa haine, agonisait sur

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la Croix. Et l’enfer voulait faire éclater des cris de joie et de triomphe parce que le dangereux adversaire était écarté ; c’est alors que Jésus s’écriait :

« Tout est consommé ! » Et Dieu faisait comprendre à Satan que le vaincu, c’était lui ; que par le don de lui-même à la volonté du Père, par son obéissance jusqu’à la mort sur la croix, Jésus avait racheté le monde. Telle était la volont é du Père ; en punition du péché qui consiste à refuser de se soumettre à Dieu, parce qu’on s’attache à des intérêts personnels, aux avantages et aux jouissances terrestres, Jésus devait s’incliner devant la volonté du Père lui demandant de laisser faire les ennemis sans se défendre. Jésus devait être obéissant jusqu’à la mort, jusqu’à la mort sur la Croix. Le Père voulait alors, en considération de ce sacrifice d’une valeur infinie, pardonner à tous les hommes le refus de se sacrifier eux-mêmes. En même temps Jésus rendait à Dieu une gloire d’une magnificence sans égale. Satan n’a\ait pas atteint son but ; il voulait supprimer Jésus et anéantir son œuvre, et tout au contraire il avait rendu à Jésus les services indispensables lui permettant de réaliser son dessein : La Rédemption du monde.

Jésus a vaincu Satan sur la croix. Mais il ne l’a point rejeté dans l’enfer, afin d’en feimer à jamais les portes sur le vaincu, et il reste pour tout homme le devoir de demeurer fidèle dans la lutte contre Satan, toujours fidèle comme son Chef et son Guide, au sacrifice du don de soi-même. Nous devons reconnaître la souveraineté de Dieu, malgré la possibilité de nous y soustraire, alors même que nous serions tentés de suivre notre bon plaisir.

sans tenir compte de la volonté divine. La victoire du Christ est la victoire du Chef ; il faut que, dans la lutte avec Satan, les membres du corps mystique de Jésus-Christ remportent aussi la victoire. Il leur faut vaincre en combattant afin de mériter la couronne du vainqueur.

Nous devons nous rappeler que, de fait, nous serons tentés, et nous ne savons pas à quel point le démon joue son rôle dans la tentation. Il est dans la nature de l’homme que nous soyons portés à l’indépendance. Le monde, ses plaisirs, son éclat ont de l’attrait pour nous. Il est très possible que Satan profite habilement des occasions qui se présentent à nous pour nous tenter et nous inspirer par ses artifices et ses mensonges, la pensée que nous pouvons, que nous devons agir ainsi dans notre propre intérêt. Nous ne devons pas nous fier à ces suggestions, alors même qu’elles semblent bonnes, édifiantes, et qu’elles pourraient être accompagnées de pieuses formules. Comme nous l’avons vu dans la seconde tentation de Jésus, Satan cherchait à l’égarer en lui alléguant un texte de la Sainte Écriture. Il faut donc nous bien pénétrer de cette vérité que tout ce qui pourrait nous induire à faire quoi que ce soit contre la volonté de Dieu est une tentation. D’ordinaire, tout se ramène à ceci : nous nous sentons portés à agir d’après nos vues personnelles, suivant nos désirs, nos fantaisies, nos dispositions du moment, sans nous demander ce que notre devoir exige de nous. Et c’est parce qu’on ne se pose pas cette question que beaucoup ne remarquent pas la tentation ; et ils y succombent. Par le contrôle de soi-même

on examine si l’on a failli, comment la chute s’est produite, et l’on prend les résolutions propres à prévenir une rechute. Les Règles pour le discernement des esprits donnent des conseils précieux sur la conduite à tenir dans la tentation.

La tentation n’est pas, en elle-même, un mauvais signe. La tentation de Jésus est pour nous une leçon bien consolante. Si horribles, si odieuses que soient les tentations qui nous assaillent, que sontelles auprès de celles du Sauveur ? Quoi donc ? Satan osant proposer à Jésus de se prosterner devant lui et de l’adorer! Satan se présentant visiblement à Jésus et croyant à la possibilité d’une entente avec lui ! Quoi de plus inimaginable ! Mais Jésus ne se trouble point, il ne s’agite point en face de ces tentations. Il repousse Satan en invoquant chaque fois un texte de la Sainte Écriture. C’est ainsi que nous devons triompher de Satan, par une soumission absolue à la volonté de Dieu. Reconnaître que Dieu nous ordonne ou nous défend une chose, et nous n’avons plus à nous demander ce que nous avons à faire : la question est résolue, nous sommes sur cette terre uniquement pour glorifier Dieu en nous soumettant à sa sainte volonté.

Les noces de Cana

Jésus était allé en Galilée avec ses disciples. Comme dans sa vie entière, rien n’arrive qu’il n’ait disposé avec intention, il se trouva à Cana alors que des noces s’y célébraient. Sa Mère y avait été invitée. Cette circonstance indique déjà qu’elle

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