LES NOCES DE CANA
était unie aux époux par des liens de parenté. Mais elle n’était pas là seulement pour prendre part aux joies de la fête : elle aurait l’occasion de venir en aide aux époux. Attentive à ce que tout se passât bien, elle s’aperçut que le vin allait manquer et se préoccupa d’y remédier. Elle recommanda donc aux serviteurs de faire tout ce que Jésus leur dirait ; c’est un second indice qu’elle n’était point étrangère dans la maison ; sans quoi, elle ne se serait pas souciée ainsi des affaires de ses hôtes. Lors donc que Jésus arriva inopinément à Cana, il fut invité aux noces avec ses disciples et il accepta l’invitation non pour lui-même, mais parce qu’il voulait à cette occasion nous donner une grande leçon.
Les Pères de l’Église font remarquer qu’en prenant part à ces fêtes, Jésus atteslait que le mariage est une institution de Dieu, institution importante et sainte. Il n’eût point fait acte de présence à une fête insignifiante. A cette constatation vient se joindre le grand miracle que Jésus opère dans l’intérêt des époux et de la fête. — Dans l’ordre de la nature, le mariage est une très importante institution de Dieu. Il a pour but la conservation et la propagation du genre humain. En outre, Jésus l’élève à la dignité de sacrement, et en fait la mystérieuse image de sa propre union avec l’Église. En un certain sens, on peut dire que cette union s’opéra lorsqu’il choisit ses premiers disciples, et, parmi eux, le premier Chef de son Église. Ainsi la joie des époux de Cana était une image de sa propre joie.
Jésus a voulu nous donner une autre leçon importante en nous montrant quel usage nous devons
DEUXIÈME SECTION
faire des biens et des joies terrestres, lorsque, non content de prendre part à la fête du mariage, il a voulu, par un éclatant miracle, assurer aux époux et à leurs hôtes un vin abondant et délicieux pour augmenter leur joie. Il nous enseignait ainsi que des fêtes, des réjouissances honnêtes sont conformes à la volonté de Dieu. — En effet, Dieu nous a constitués de telle sorte que le délassement, le changement, la récréation nous sont nécessaires. L’uniformité des occupations quotidiennes ne laisse pas de lasser et de fatiguer le corps et l’esprit. Nous avons besoin qu’il y ait des jours où nous puissions oublier le travail et les soucis quotidiens ; il est nécessaire que le corps lui-même trouve du bien-être dans le changement de nos habitudes ; il y retrempe ses forces et le goût du labeur. Nous sommes aussi appelés à vivre en société, et il est bon que, de temps en temps, la vie sociale ait ses joies. Les dispositions de la Providence nous donnent elles-mêmes nombre d’occasions qui nous permettent de nous réjouir avec des parents, des amis, et ces occasions se présentent d’elles-mêmes en dehors des fêtes régulières du dimanche ou d’autres solennités ecclésiastiques. On veut les fêter joyeusement, on laisse alors de côté les préoccupations habituelles, on orne la demeure, on prépare le repas avec plus de délicatesse et de soin. — On y joint la musique, la danse et autres divertissements.
En prenant part à des fêtes de ce genre, en ajoutant à ces joies le miracle de l’eau changée en vin, Jésus a voulu nous montrer que nous correspondons aux intentions de Dieu, lorsque nous