Hors la loi
Selon toute apparence, après la condamnation, Jésus fut conduit de la salle du tribunal au corps de garde des soldats et des valets qui passèrent le temps à le bafouer et à l’outrager. Peut-être cherchaient-ils ainsi à se dédommager de ne pouvoir aller prendre du repos, obligés comme ils étaient de veiller sur leur prisonnier. Ils avaient entendu parler des enseignements de Jésus et de sa prédication. Ceux d’entre eux qui, pendant le jugement, le tenaient enchaîné, l’avaient entendu se donner comme étant le Messie et le Fils de Dieu. Autant d’occasions pour se livrer à d’indignes moqueries. Ils le regardent et le traitent comme un exalté, comme un visionnaire qu’il faut guérir de sa folie. Ils couvrent d’un voile son visage, le frappent en disant : « Allons ! montre-nous ce que tu peux ! prophétise et dis-nous qui t’a frappé ». Jésus garde le silence, et ils jettent des éclats de rire. Il semble même que certains personnages importants du Grand Conseil prirent part à ces moqueries. On lui crache au visage, on multiplie les soufflets, on l’accable d’outrages toujours nouveaux. On tourne sa vie publique en dérision. Chacun cherche à surpasser les autres en imaginant quelque insulte, en
LIVRÉ AUX PAÏENS
parodiant ses miracles, sa doctrine. Et Jésus permet tout, sans se défendre, sans dire un seul mot. Il pouvait réduire les moqueurs au silence, il pouvait mettre fin aux mauvais traitements. Mais le Père céleste voulait qu’il acceptât ces affronts. Jésus devait expier nos susceptibilités. Ici, comment nous sera-t-il possible' d’être satisfaits si nous ne sommes pas mieux traités que le Sauveur ne l’a été ? Serons-nous jamais dans ce cas ?
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