‹ La pensée directrice des exercicesChapitre 3 sur 52 · LE FONDEMENT · texte numérisé non relu

LE FONDEMENT

Lorsqu’il créa l’huinanité, il vit des millions d’hommes qui pouvaient recevoir l’existence. Et parmi ces innombrables possibilités, il vit aussi celle a laquelle, moi, je dois l’être. Et cette possibilité, Dieu l’a choisie librement, de même qu’il aurait pu également en choisir une autre. Alors, je n'étais pas et je n’aurais jamais été ; de même que ceux qu’il n’a pas choisis, ne sont pas et ne seront jamais. Par exemple, si l’un de mes ancêtres s’était marié autrement, sa descendance ne serait pas actuellement ce qu’elle est. Je n’existerais pas. Je n’aurais manqué à personne. Nul au monde n’aurait, même soupçonné que, peut-être, je pouvais exister, de même que, de mon côté, je ne sens pas l’absence et n’ai aucune idée de ceux qui pouvaient exister, mais n’ont jamais existé. — C’est donc d’une manière contingente que j’ai reçu l’existence. Assurément Dieu l’a voulu ainsi, mais il l’a voulu par un libre choix. Il n’était nullement nécessaire qu’il me choisît.

Et le reste — cette terre, ce monde, ces anges — n’existe pas non plus nécessairement. On conçoit aisément que d’autres puissent exister à leur place, ou même qu’ils puissent tout simplement ne pas exister.

Mais on ne peut admettre que Dieu n’existe point. Il est parce qu’il y a pour qu’il existe une nécessité qui s’impose : il porte en lui-même la raison de son existence. Indépendamment de toute condition, de toute supposition, il est et il faut qu’il soit. Dieu, et Dieu seul existe d’une nécessité absolue.

LE CRÉATEUR

b) Dieu est de toute éternité et il reste

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