Haine impitoyable
Pilate avait ordonné qu’on lui ramenât Jésus. En voyant l’état dans lequel est le Sauveur, le dos sillonné et déchiré par les fouets, le front couronné d’épines, le manteau d’écarlate dont on l’a affublé,
LIVRÉ AUX PAÏENS
il espère qu’enfin les Juifs auront pitié de leur victime. Il était satisfait, en voyant que les soldats avaient compris son intention et avaient traité Jésus de telle façon que tout homme doué de sentiment devait aussitôt éprouver de la pitié pour la victime. — La foule du peuple, les princes des prêtres, les Scribes et les Anciens attendent avec impatience devant le palais. Enfin, Pilate paraît : tous se taisent pour entendre ce qu’il va leur dire. « Voici, dit-il, que je vous amène le prisonnier pour déclarer une fois encore que je ne trouve en lui aucune raison de le condamner à mort ». Sur un signe de lui, les soldats amènent Jésus devant la foule : « Voici l’homme ! » reprend Pilate. Il veut dire : « Regardez-le, voyez dans quel état il est ! il est dans l’impossibilité de vous nuire ! » — Probablement, il a ordonné à l’un des soldats d’écarter le manteau qui recouvre les épaules de Jésus pour qu’ils puissent voir les plaies du Sauveur. — Saint Jean fait remarquer expressément que seuls les princes des prêtres et leurs gens ne furent pas touchés de ce spectacle : « Les princes des prêtres et leurs gens l’avant vu se mirent à crier : « Crucifiez-le ! crucifîez-le ! » Quelle haine implacable chez les ennemis du Sauveur ! Pour les satisfaire, il faut que Jésus soit complètement anéanti.
Il peut se faire que les ennemis de l’Église poursuivent de la même haine les fidèles. Ces derniers ont alors l’occasion d’avoir quelque part au sort de leur Guide. Et lorsque dans nos épreuves et nos souffrances, nous ne trouvons pas la pitié que nous espérions, songeons au Sauveur et soyons heureux de n’être pas mieux traités qu’il ne l’a été.
TROISIÈME SECTION