O Crux , Ave ! — Salut, ô Croix
D’après la coutume de l’époque, la sentence fut aussitôt exécutée. Peut-être gardait-on des croix en réserve ; peut-être les Juifs, certains d’obtenir la condamnation de Jésus, avaient-ils fait préparer la croix. Et ainsi, la sentence une fois prononcée, « ils prirent Jésus et l’emmenèrent » (Jean, xix, 16). — Afin que sa honte fût plus grande, peut-être aussi pour empêcher de sa part toute tentative de se dérober à l’exécution, le condamné devait porter lui-même sa croix. — Assurément, en voyant pour la première fois la croix sur laquelle il doit être tourmenté jusqu’à la mort, Jésus frissonne :
A L’ÉCOLE DE SAINT IGNACE
TROISIÈME SECTION
mais aussitôt il se rappelle ce que cette croix représente pour lui et pour l’œuvre de sa vie. Il voit en elle le symbole de la soumission la plus parfaite à la volonté du Père, le signe de la Rédemption, et par conséquent le symbole de son amour pour Dieu et pour les hommes. Sans hésiter, il la prend, il l’accueille comme on accueille un ami longtemps attendu, qui l’aidera à compléter l’œuvre de sa vie.
Apprenons à considérer la souffrance et la croix du point de vue surnaturel, pour dominer aussitôt les sentiments naturels de répulsion en présence d’une épreuve, d’une contrariété, d’un devoir pénible qui nous est demandé. Efforçons-nous de voir en toute circonstance désagréable une excellente occasion de saluer la croix et de pouvoir rendre à Dieu, par notre soumission, une gloire toute spéciale. Ces parcelles de croix ont plus de prix devant Dieu que les reliques de la croix matérielle du Calvaire.