‹ La pensée directrice des exercicesChapitre 39 sur 52 · Amour qui pardonne aux ennemis · texte numérisé non relu

Amour qui pardonne aux ennemis

Au milieu du silence qui règne sur le Golgotha, soudain des voix se font entendre. Les Princes des prêtres, les Scribes, les Anciens, ont voulu être témoins de l’exécution de la sentence et se convaincre que justice était faite. Ils craignaient que, peut-être, Jésus, usant de sa puissance, n’échappât à la mort comme il l’avait fait plusieurs fois lorsqu’ils avaient cherché à mettre la main sur lui. Mais maintenant ils le voient sur la croix. Ils se

l’exécution

sentent rassurés et ils l’accablent de railleries et d’insultes. Probablement, ils s’entretiennent entre eux, mais à voix assez haute pour que Jésus puisse les entendre : « Il a sauvé les autres, disent-ils, et il ne peut se sauver lui-même ! S’il est véritablement le Fils de Dieu, qu’il descende de la croix et nous croirons en lui ! Il a mis sa confiance en Dieu. Si Dieu l’aime, qu’il le délivre maintenant, puisqu’il a dit : « Je suis le Fils de Dieu !» — H y a vraiment une malice diabolique à se moquer ainsi d’un homme soumis à de telles tortures ! — Mais dans les souffrances les plus cruelles, sous les railleries les plus amères, Jésus conserve la paix de l’âme. Il souffre et il s’offre en sacrifice pour tous les hommes, pour ses ennemis eux-mêmes. Il voudrait les sauver, eux aussi, les rendre éternellement heureux ! Il est prêt à leur ouvrir le ciel. Rien n’altère cette mansuétude, cette égalité d’âme. La colère, l’irritation, la vengeance lui sont étrangères. Seul, l’amour emplit son cœur. Lorsqu’il ouvre la bouche, ce n’est point pour maudire ses ennemis... Il prie pour eux : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. »

Nous devons être les disciples de Jésus, lui ressembler et donc avoir un cœur plein d’amour. Nous devons fermer l’accès de notre cœur à l’aversion, à la haine, au désir de la vengeance. Nous ne devons point vouloir le mal des autres, fussent-ils nos ennemis. S’ils nous veulent du mal, c’est par une permission de Dieu qui nous offre l’occasion d’affirmer plus glorieusement pour lui notre soumission à sa volonté, en reconnaissant ses vues très saintes sur nos offenseurs, sans nous arrêter à nos

TROISIÈME SECTION

intérêts personnels. Souhaitons leur bien comme Dieu le désire. Prions pour eux afin que Dieu les aide à faire sa volonté et à sauver leur âme.

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