‹ La pensée directrice des exercicesChapitre 42 sur 52 · OBÉISSANT JUSQU’A LA MORT · texte numérisé non relu

OBÉISSANT JUSQU’A LA MORT

ma reconnaissance au Sauveur à qui je dois tant et qui a tant souffert pour moi ?

Le Golgotha est le couronnement de toutes choses, le centre de l’histoire de l’humanité, non point telle qu’on l’enseigne dans les chaires des écoles et dans les manuels, mais telle qu’elle est aux regards de Dieu. La fondation et les chutes des empires, les guerres et les révolutions, les inventions et les découvertes ne sont point l’essentiel de l’histoire du monde : elles sont l’extérieur, les coulisses, les draperies de la vaste scène du monde où se joue, invisible aux sens, le drame proprement dit ; la lutte pour Dieu ou contre Dieu. Au fond et essentiellement, le sens de la vie est celui-ci : l’homme doit délibérément se décider pour Dieu en se soumettant à sa volonté afin de le glorifier et de devenir lui-même pour l’éternité un vivant témoignage de l’amour de Dieu. Adam et Ève avant refusé ce sacrifice du don d’eux-mêmes, le Fils de Dieu a dû expier, par son obéissance, leur désobéissance et celle de tous les hommes. Telle est la mission que le Père céleste lui a confiée et il l’a accomplie sur la croix.

N’a-t-on pas osé dire que Jésus a été un lâche, parce qu’il s’est laissé prendre sans résistance et conduire à la mort par ses ennemis ? Pour juger ainsi, il faut ne point comprendre l’héroïsme. Un héros véritable ne considère pas ses intérêts personnels ; il ne songe qu’à sa mission et, s’il le faut, il sacrifie sa vie. Si Jésus, supposition impossible quand il s’agit du Fils de Dieu, avait résisté à ses ennemis, il aurait trahi la .mission que le Père lui avait confiée : il aurait pris parti contre la volonté

du Père et nous n’aurions pas été rachetés. En se soumettant à la volonté du Père, il a poussé l’héroïsme jusqu’à mourir pour nous sur la croix.

Par ce sacrifice, il a, en même temps, vaincu Satan. Vaincre ? Qu’entend-on par là ? Trop facilement nous entendons la dévastation de contrées entières, des villes détruites, des ennemis sans nombre tués ou faits prisonniers. Telle est en effet la victoire pour le monde. Mais ce n’est point là l’essentiel de la victoire. Vaincre, c’est exécuter son plan combattu par l’ennemi. Et cette victoire, le Christ l’a remportée sur la croix. Par son obéissance jusqu’à la mort sur la croix il a accompli la mission imposée par son Père, il a rendu à Dieu la gloire la plus grande qui se puisse concevoir, il a racheté l’humanité et ravi à Satan les fruits de la victoire remportée par lui sur nos premiers parents.

Nous devons vaincre comme le Christ a vaincu. Qu’un lâche égoïsme ne nous fasse point faiblir devant la mission dont l’accomplissement est l’unique raison de notre existence sur la terre ! Nous ne devons point, avec une orgueilleuse prétention, nous révolter contre notre souverain Seigneur et, en même temps, nous faire les esclaves de Satan. Nous devons, nous aussi, remplir la mission pour laquelle Dieu nous a tirés du néant, par conséquent triompher de l’orgueil, de l’égoïsme^, de la nature inférieure, donc vaincre Satan et, par notre libre choix, accomplir l’acte le plus magnifique dont la création entière soit capable, c’està-dire glorifier Dieu par le sacrifice du don absolu de nous-mêmes.

QUATRIÈME SECTION

Glorification de Jésus

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