‹ La pensée directrice des exercicesChapitre 46 sur 52 · II. — Dieu nous est présent · texte numérisé non relu

II. — Dieu nous est présent

L’amour recherche la présence de l’aimé et veut s’unir à lui. L’amour maternel en est une preuve touchante. Une mère trouve son bonheur à être avec son enfant, à le. tenir entre ses bras. Être séparée de son enfant, est sa plus grande souffrance.

S’il est absent, au loin, elle s’empresse de le rejoindre lorsqu’elle le peut. A son retour, elle l’accueille, la joie au cœur. A l’heure de la mort, la pensée qu’il lui faut quitter son enfant, l’accable.

Au Livre de la Sagesse (vm, 31) il est dit : «Mes délices sont d’être avec les enfants des hommes. » Pour être près de nous, Dieu emploie tous les moyens. Il est déjà avec nous, puisqu’il est présent partout, mais ce n’est point assez pour lui. Il a voulu être visiblement parmi nous, et le Fils de Dieu s’est fait homme. Lorsque, sur la volonté du Père, il a dû quitter la terre, il a, dans sa sagesse et sa bonté, trouvé le moyen de rester avec nous et non plus seulement en un seul et même lieu, mais il veut être auprès de tous les hommes, et il descend parmi nous aussi souvent que la parole de ses prêtres l’appelle et il réside près de nous dans le tabernacle. Par sa grâce il habite en nous et, par la sainte communion, il veut pénétrer dans notre cœur afin de demeurer en nous. « Celui qui mange ma chair demeure en moi et je demeure en lui. » De même que les aliments passent en nous, si bien que notre corps est constitué par les matières que nous avons prises en nourriture, Dieu veut passer en nous, s’unir à nous, aussi étroitement que possible, afin que dans l’éternité nous soyons, d’une manière mystérieuse, introduits dans la divinité par la possession du Dieu infini. — Il est plus particulièrement présent à ceux, prêtres et religieux, qu’il a choisis plus spécialement. Il réside tout proche d’eux, sous le même toit, afin de leur donner libre accès auprès de lui et la facilité de s’unir chaque jour à lui.

516 QUATRIÈME SECTION

Surpris d’un tel amour, admirant la dignité et la puissance de cette union d’un Dieu infini avec ma faiblesse et ma misère, mon devoir n’est-il pas de me demander comment je puis répondre à tant de bonté et de tendresse ? Il fait tout pour être auprès de moi, pour me rendre heureux par sa présence ! Avec quelle reconnaissance dois-je me souvenir toujours de cette présence ! et tendre sans cesse à me garder auprès de lui ! Cette présence, ne dois-je pas la désirer, ne dois-je pas y aspirer avec une ardeur semblable à la sienne et y goûter le bonheur ! Je puis converser avec lui, lui ouvrir mon cœur, lui confier mes peines ! Quelle ne devrait pas être ma tristesse si quelque circonstance venait à m’éloigner de lui !

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